La tĂ©lĂ©phonie mobile en AlgĂ©rie a fait l’objet d’une analyse pertinente notamment dans son volet dĂ©veloppement Ă©conomique lors du dernier club de presse de Nedjma qui a eu lieu le 21 du mois courant. Ahmed Hamoui, expert en tĂ©lĂ©communications, s’est en effet Ă©talĂ© sur cette question et a dĂ©montrĂ© que ce secteur est arrivĂ© Ă saturation et qu’il faut introduire de nouveaux services pour le relancer de nouveau.
«Nous assistons Ă un tassement du secteur de la tĂ©lĂ©phonie mobile en gĂ©nĂ©ral. Après des annĂ©e d’euphorie et de croissance phĂ©nomĂ©nale, les rĂ©seaux ont tendance Ă connaĂ®tre des ralentissements importants de leur croissance», a-t-il mis en Ă©vidence. Et face Ă cette situation, l’orateur propose aux autoritĂ©s de prendre des dĂ©cisions et de ne pas rester au stade des effets d’annonce et crĂ©er les conditions d’une activitĂ© multiple boostant en dĂ©finitive le dĂ©veloppement Ă©conomique du pays.
Parmi les dĂ©cisions que l’ARPT doit prendre et imposer, figure l’itinĂ©rance nationale (roaming national) car jusqu’Ă prĂ©sent, le perdant est le consommateur. La probabilitĂ© que les trois opĂ©rateurs connaissent des dĂ©faillances techniques en mĂŞme temps et Ă un mĂŞme endroit est quasi nulle. Ce sujet est complètement Ă©vitĂ© de la part de l’APRT et semble prĂ©occupĂ©e par d’autres sujets plus techniques (signature Ă©lectronique par exemple).
Conserver le numĂ©ro en changeant d’opĂ©rateur
Deuxième proposition du confĂ©rencier : aller vers la portabilitĂ© des numĂ©ros. Une ancienne revendication de l’expert car cela va libĂ©rer le consommateur pour le choix de l’opĂ©rateur. Il casse cette tendance qui laisse croire que les numĂ©ros appartiennent aux opĂ©rateurs alors qu’ils appartiennent Ă l’Etat comme les frĂ©quences.
La portabilitĂ© du numĂ©ro a donc pour objet de supprimer les entraves au libre choix des consommateurs, notamment entre les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile, et de garantir ainsi le dĂ©veloppement d’une concurrence effective sur le marchĂ© des services tĂ©lĂ©phoniques.
Ainsi, alors qu’on peut changer d’opĂ©rateur en conservant le mĂŞme numĂ©ro en seulement 24 heures en Irlande ou Ă Malte, cela peut prendre 15 jours en Italie, voire 38 jours en Pologne. En ce qui concerne le France, le dĂ©lai de portabilitĂ© des numĂ©ros mobiles est de 10 jours. L’expĂ©rience dans d’autres pays a montrĂ© un rééquilibrage du marchĂ© entre opĂ©rateurs de 2% Ă 4% en faveur de plus petits opĂ©rateurs.
De nouveaux services tissent
leurs réseaux
Parmi les services Ă introduire figure le M Paiement pour les paiements des factures tĂ©lĂ©phoniques, de gaz et d’Ă©lectricitĂ© ainsi que de l’eau par exemple. Dans ce domaine, le Kenya est un exemple Ă suivre. Près de 15 millions d’utilisateurs de ce système et près de 8 millions en Tanzanie.
Le M Education permet l’apprentissage Ă n’importe quel moment ou Ă n’importe quel lieu Ă l’aide d’un appareil mobile. Le M SantĂ© permet de suivre l’Ă©tat des patients Ă distance. En France, Orange propose de multiples applications aux personnes âgĂ©es et leur permet de continuer Ă vivre de façon indĂ©pendante. La tĂ©lĂ©phonie mobile permet d’accroitre l’accès Ă internet, aux rĂ©seaux sociaux et au dĂ©veloppement de la publicitĂ©.
Mais face Ă ces perspectives, l’AlgĂ©rie a-t-elle rĂ©uni les conditions d’un dĂ©veloppement durable ? Le confĂ©rencier trouve que le nombre d’internautes est ridicule ainsi que le type d’accès. Il faut adapter la loi sur la monnaie et le crĂ©dit pour un usage rĂ©glementĂ© de la monnaie Ă©lectronique, introduire une politique fiscale favorable au dĂ©veloppement des contenus mobiles et la crĂ©ation d’incubateurs et de parcs technologiques.
La 3G dans la précipitation
On parle en ce moment de la « 3G » qui va booster le secteur en AlgĂ©rie. Mais cela dĂ©pend de la contrepartie financière exigĂ©e et surtout de la nĂ©cessitĂ© d’ouvrir les passerelles. Les coĂ»ts de location des circuits sont exorbitants du fait qu’ils ne soient pas soumis Ă la concurrence. Les accès sont figĂ©s avec l’obligation de passer par la France, l’Espagne ou l’Italie. AlgĂ©rie TĂ©lĂ©com doit mettre en place un système d’accès national (rĂ©gional puis local) Ă l’Internet avec une date d’atteinte des objectifs. Le processus d’attribution de la licence 3G en AlgĂ©rie est officiellement lancĂ©. L’octroi provisoire des licences aura lieu le 23 octobre et la mise en Ĺ“uvre commerciale au 1er trimestre 2012. Ces Ă©chĂ©ances sont-elles rĂ©alistes ? Hamoui en doute un peu, insinuant qu’il sera difficile d’ĂŞtre au rendez-vous de la « 3G » en AlgĂ©rie Ă ces dates. Le dĂ©bat est en tout cas ouvert sur ce dĂ©fi autant technologique que politique car il engage tout un gouvernement.