InspirĂ© d’un concept gĂ©nĂ©rique sous le nom de «MĂ©dias Fictions», un atelier d’Ă©criture sera organisĂ© par la Friedrich Ebert Stiftung du 13 au 15 octobre 2011 Ă Alger.
La Friedrich Ebert Stiftung (FES) est une institution politique, culturelle, privĂ©e et d’utilitĂ© publique qui souscrit aux idĂ©es et aux valeurs fondamentales de la dĂ©mocratie sociale et du mouvement ouvrier. Ses implantations internationales visent Ă la promotion et l’enracinement de la dĂ©mocratie, la consolidation de l’Ă©tat de droit par la formation et l’Ă©ducation civique dans les domaines de la sociĂ©tĂ© civile, des mĂ©dias et du syndicalisme.
Dans la continuitĂ© de ses ateliers d’Ă©criture, l’objectif est d’offrir un espace de rĂ©flexion et d’expression aux jeunes AlgĂ©riens dans le but de donner une visibilitĂ© Ă leurs opinions et d’avoir un aperçu des problèmes identitaires et de valeurs propres Ă leur gĂ©nĂ©ration.
L’idĂ©e de cet atelier est de puiser le matĂ©riau thĂ©matique dans la presse en se donnant par la suite la libertĂ© de traiter, triturer, sublimer, transformer ce matĂ©riau avec les outils de la fiction littĂ©raire.
Il ne s’agit donc pas de faire des dissertations scolaires en ressassant le discours vĂ©hiculĂ© par les mĂ©dias et en recyclant des phrases stĂ©rĂ©otypĂ©es. L’intĂ©rĂŞt de cet atelier est de jeter une passerelle entre le vĂ©cu de chacun et le monde, et cette passerelle, c’est l’Ă©criture comme moyen de s’approprier le monde et de personnaliser les Ă©vĂ©nements. L’intĂ©rĂŞt est toujours de pousser les participants Ă s’emparer des outils de l’expression littĂ©raire et de dĂ©velopper un discours personnel sur le monde, avec un style propre et un regard singulier.
Cet atelier est proposé et sera animé par Mr Mustapha Benfodil, auteur et journaliste.
Il avait auparavant animĂ© cet atelier dans le cadre de la rĂ©sidence littĂ©raire Ă ChenĂ´ve. Il prĂ©cise Ă travers son blog que cet atelier vise Ă mettre en lumière deux univers et deux techniques diffĂ©rents : celui de la presse et celui de la littĂ©rature car «étant Ă la fois auteur et reporter, j’ai toujours Ă©tĂ© tiraillĂ© par ces deux univers… au point que cela frisait parfois la schizophrĂ©nie. Aussi, avec vous, grâce Ă vous, je souhaiterais questionner ces deux modes d’expressions, le discours littĂ©raire et le discours mĂ©diatique, et dissĂ©quer leurs rhĂ©toriques respectives».
L’objectif de cet atelier sera pour lui de «dĂ©construire le RĂ©el tel qu’il nous est restituĂ© par les mĂ©dias et le traiter autrement. Il s’agit, pour aller vite, d’opĂ©rer un dĂ©tournement du matĂ©riau mĂ©diatique pour en tirer une matière littĂ©raire. Le fait est que la presse, les journaux, foisonnent d’un nombre incalculable de sujets, d’informations, Ă propos de tout et de rien, et cela nous est jetĂ© Ă la figure Ă une vitesse frĂ©nĂ©tique sans que nous ayons le temps de digĂ©rer cette quantitĂ© astronomique de stimuli. Il est davantage question d’interroger cette fine pellicule de rĂ©alitĂ© que l’on appelle «l’actualité». Sur un autre plan, purement littĂ©raire cette fois, il sera question de puiser dans l’immense rĂ©servoir d’histoires que charrient les medias en vue de «vampiriser» le RĂ©el pour le «sublimer»».
Il prĂ©cise que contrairement Ă la photographie avec laquelle nous pourrions avoir une image instantanĂ©e du monde, «la littĂ©rature est un excellent outil pour le transgresser, le transfigurer, le transcender et le subvertir, pas pour le rendre plus moche ni plus tendre, mais simplement pour le dire autrement, avec un zeste de poĂ©sie. Ce sera un bel exercice en tout cas pour se familiariser avec la langue, «les langues» de la presse, un bel exercice de style aussi, au regard de la profusion de styles qui composent les articles de presse, une opportunitĂ© intĂ©ressante pour nous initier aux mots et Ă leurs subtilitĂ©s, apprendre Ă les taquiner, Ă les triturer, leur tordre le cou». En d’autres termes pour notre confrère Mustapha Benfodil, «la littĂ©rature, c’est le reportage de l’intĂ©rioritĂ©, la chronique de l’intime».
Le programme de cet atelier qui fut animĂ© Ă ChenĂ´ve est loin d’ĂŞtre aux normes pĂ©dagogiques, car n’oublions pas que Benfodil est Ă l’encontre des normes et des lois Ă©tablies. Ainsi, le programme s’articulera en principe autour de la transfiguration du matĂ©riau mĂ©diatique. Les contenus des sĂ©ances vont ainsi s’alimenter de ces «fragments de RĂ©el» que sont les coupures de presse qui seront, pour la circonstance, notre principal matĂ©riel de travail. Si les premières sĂ©ances consisteront essentiellement Ă se familiariser avec les arcanes de la littĂ©rature par le biais du journalisme, l’objectif final, autant le dire tout de suite, serait idĂ©alement de composer carrĂ©ment, ensemble, un texte collectif. Pour Benfodil, la meilleure façon de s’initier Ă l’Ă©criture «est…d’Ă©crire, tout simplement. Et comme nous sommes censĂ©s travailler en atelier, donc, en groupe, l’idĂ©al serait que nous puissions fĂ©dĂ©rer nos imaginaires et nos sensibilitĂ©s autour d’un projet audacieux, en d’autres termes un vrai livre». Enfin, il est Ă noter que cette activitĂ© est destinĂ©e Ă des jeunes sans critères restrictifs prĂ©cis. Avec les deux langues ; arabe et français. Il est simplement souhaitĂ© que les participants soient passionnĂ©s par ce qu’ils font et qu’ils soient intĂ©ressĂ©s de vivre une expĂ©rience d’Ă©criture collective comme celle-ci.