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Edition du 19 Septembre 2011



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La personnalité et le parcours de Messali Hadj abordés à Tlemcen
Une figure emblĂ©matique de l’Histoire algĂ©rienne
19 Septembre 2011

Cinq communications ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es au cours de la premiĂšre session du Colloque international sur Messali Hadj, ouvert samedi dernier Ă  l’auditorium de l’universitĂ© Abou-Bakr-BelkaĂŻd de Tlemcen.


PassĂ©e l’incontournable cĂ©rĂ©monie protocolaire qui marque habituellement l’ouverture de telles manifestations scientifiques, les participants au colloque sont passĂ©s au vif du sujet, avec le "dĂ©filement" de six orateurs venus dĂ©battre de la personnalitĂ© et de l’action du pĂšre fondateur du nationalisme algĂ©rien.
L’historien et spĂ©cialiste de la pĂ©riode 1926-1962, Mohamed Harbi a parlĂ© de "La notion du peuple dans le messalisme", mettant en exergue les relations entre Messali Hadj et l’intelligentsia de l’Ă©poque et les circonstances qui ont menĂ© au dĂ©clenchement de la rĂ©volution armĂ©e.
Pour l’auteur de Aux origines du FLN, Messali Hadj reprĂ©sentait, de par ses origines et son appartenance socio-Ă©conomique et culturelle, le peuple et "menait un double combat en s’imposant Ă  la France coloniale et Ă  l’Ă©lite nationale".
Mohamed Harbi a estimĂ© que le discours du 2 aoĂ»t 1936, devant plus de 20.000 personnes regroupĂ©es au stade municipal d’Alger, est "un geste fondateur" et marque "la volontĂ© d’en finir avec les mentalitĂ©s anciennes qui excluaient une partie du peuple dans l’activitĂ© et la lutte politique".
L’historien algĂ©rien a estimĂ© qu’Ă  cette Ă©poque on a assistĂ© Ă  l’apparition d’une nouvelle Ă©lite qui s’appuie sur "des capacitĂ©s sociales acquises sur le terrain des luttes quotidiennes et dont le peuple est un vecteur de mobilisation politique".
Il a indiquĂ© que cette catĂ©gorie "s’oppose aux Ă©lites lettrĂ©es disposant de capacitĂ©s techniques acquises sur les bancs de l’Ă©cole française notamment".
Mohamed Harbi est Ă©galement revenu sur les conditions et le contexte historique qui a permis le dĂ©clenchement de la lutte armĂ©e, le 1er Novembre 1954, apportant de nombreux Ă©clairages sur les oppositions des uns et des autres au sujet de l’option de la lutte armĂ©e.
De son cĂŽtĂ©, Kadri AĂŻssa, sociologue et spĂ©cialiste de l’Ă©migration s’est intĂ©ressĂ© aux relations de la gauche française avec le messalisme. Tout le long de son intervention, il a reconstituĂ© les diffĂ©rentes positions de la gauche française vis-Ă -vis des idĂ©es et des combats menĂ©s par Messali Hadj.
Dans ce contexte, il s’est longuement attardĂ© sur les relations entre le parti de l’Etoile nord-africaine (ENA) et le parti communiste français (PCF) et tout le processus ayant conduit au "divorce" entre ces deux partis.
Le confĂ©rencier a soulignĂ© que le soutien Ă  l’ENA puis au PPA et au MTLD et les positions anticolonialistes de la gauche française sont Ă  chercher plutĂŽt du cĂŽtĂ© des groupes et partis d’extrĂȘme-gauche, des syndicats et des militants dissidents de la gauche. L’historien et chercheur associĂ© au CRASC et ex-responsable des archives de la wilaya d’Oran, Fouad Soufi est revenu sur la portĂ©e du discours de Messali Hadj, prononcĂ© lors de la tenue du CongrĂšs musulman au stade d’Alger.
"MĂȘme improvisĂ©, ce discours a Ă©tĂ© le fruit d’un long parcours et cheminement politique et militant de Messali Hadj", a-t-il soulignĂ©.
L’Experte indĂ©pendante des Nations unies dans le domaine des droits culturels, Farida Shaheed, a exhortĂ© le gouvernement marocain Ă  respecter les droits culturels du peuple du Sahara occidental, dĂ©nonçant les mesures coercitives menĂ©es contre la promotion de l’hĂ©ritage culturel des Sahraouis, a indiquĂ© l’Onu. La reprĂ©sentante de l’Onu a fait ce constat Ă  l’issue d’une visite effectuĂ©e au Maroc et au Sahara occidental du 5 au 16 septembre afin d’Ă©valuer les efforts fournis par les autoritĂ©s marocaines pour promouvoir et protĂ©ger les droits culturels et pour identifier les meilleures pratiques ainsi que les obstacles dans leur rĂ©alisation.
"J’ai Ă©galement visitĂ© le Sahara occidental oĂč j’ai fait la connaissance d’une multitude de festivals qui promeuvent l’hĂ©ritage culturel de la rĂ©gion", a soulignĂ© Mme Shaheed. Cependant, a-t-elle regrettĂ©, "certains musiciens sahraouis ont Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s de participer Ă  ces festivals en raison du contenu spĂ©cifique de leurs spectacles ou performances. Certains ont Ă©galement Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s de citer des noms sahraouis’’. En consĂ©quence, a recommandĂ© la reprĂ©sentante de l’Onu, ’’les mesures qui empĂȘchent ou limitent les droits culturels de la population du Sahara occidental devraient ĂȘtre rĂ©voquĂ©es immĂ©diatement" par le gouvernement marocain. En outre, elle a insistĂ© pour souligner que "pour assurer le respect des droits culturels pour tous, il faut garantir la protection des droits de l’Homme par des cadres juridiques".

Par : APS

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