Louange Ă Allah. Que la paix et la bĂ©nĂ©diction soient sur Son serviteur et Prophète, notre Messager, notre Imam et notre maĂ®tre Mohammad Ibn ‘Abdillah, ainsi que sur sa famille, ses compagnons et tous ceux qui suivent le chemin qu’il a tracĂ©, jusqu’au Jour de la RĂ©surrection. Lorsqu’Allah, ExaltĂ© soit-Il, comble Son serviteur du parachèvement de Ses bienfaits, que ce soit une victoire qu’il remporte sur les instigations de son âme ou sur un ennemi redoutable, un succès qu’il rĂ©alise dans le domaine de la prĂ©dication islamique, ou des Ĺ“uvres pieuses qu’il est parvenu Ă terminer au bout d’une saison d’actes d’obĂ©issance, cet humble serviteur doit procĂ©der Ă deux actes cultuels grandioses, Ă savoir la gratitude et la demande du pardon de son Seigneur, ExaltĂ© soit-Il, accompagnĂ©es d’une reconnaissance de Ses bienfaits.
ReconnaĂ®tre le bienfait d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, avec le bien que cela comporte pour l’individu dans ce bas-monde et dans l’au-delĂ , Ă©tait une attitude ancrĂ©e dans les âmes des musulmans pieux et se traduisait en paroles et en actes.
Voyez, chers frères, ce que Youssof (Joseph) a dit quand la discorde fut suscitĂ©e entre lui et ses frères, puis qu’Allah, ExaltĂ© soit-Il, l’eut rĂ©uni avec ses parents et ses frères et eut parachevĂ© Son bienfait envers lui (sens du verset) :
«Ô mon Seigneur, Tu m’as donnĂ© du pouvoir et m’as enseignĂ© l’interprĂ©tation des rĂŞves. [C’est Toi Le] CrĂ©ateur des cieux et de la terre, Tu es mon patron, ici-bas et dans l’au-delĂ . Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais moi rejoindre les vertueux» (Coran 12/101).
Il est Ă©tonnant de voir ce noble prophète qui se retire de la joie envahissante de cette rencontre intime pour se tourner vers son Seigneur, ExaltĂ© soit-Il, en Lui adressant cette invocation bĂ©nie, Ă l’instar des gens reconnaissants, implorants et repentants ; une invocation qui manifeste son besoin d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, son humilitĂ© devant Lui et sa volontĂ© de Le voir parachever Son bienfait, en le faisant mourir en parfaite soumission et en le faisant rejoindre Ses serviteurs vertueux. VoilĂ en quoi consiste l’attitude des gens pieux : les bienfaits parachevĂ©s et les invocations exaucĂ©es ne les empĂŞchent pas de faire passionnĂ©ment preuve de gratitude Ă l’Ă©gard du Bienfaiteur, ExaltĂ© soit-Il, de reconnaĂ®tre Sa grâce et de Lui demander de rester fidèles Ă la VĂ©ritĂ© jusqu’au dernier souffle !
Le convoi des gens reconnaissants poursuit sa marche jusqu’Ă nous conduire chez le prophète reconnaissant, invocateur et plein de repentir, Solaymaan Ibn Daoud (Salomon fils de David), ‘Alaihima Assalam, Ă propos duquel le Coran cite plusieurs situations dans lesquelles il s’est montrĂ© reconnaissant. Il a reconnu les bienfaits dont Allah, ExaltĂ© soit-Il, l’a comblĂ© quand il a Ă©tĂ© Ă©bloui par l’attitude de la fourmi qui avertissait ses congĂ©nères en disant (sens du verset) :
«Ô fourmis, entrez dans vos demeures, [de peur] que Salomon et ses armĂ©es ne vous Ă©crasent [sous leurs pieds] sans s’en rendre compte»(Coran 27/18).
Voyez comment ce noble prophète, Ă©pris par le discours de la fourmi et jouissant de sa connaissance du langage de ces petits insectes, n’a pas oubliĂ© de s’adresser Ă Celui Qui lui avait octroyĂ© ce bienfait. Bien au contraire, cette scène l’a incitĂ© Ă rendre grâce au Donateur, ExaltĂ© soit-Il, Qui lui avait appris le langage des oiseaux ! Allah, ExaltĂ© soit-Il, nous dĂ©crit dans ce noble verset (sens du verset)
«Il sourit, amusĂ© par ses propos et dit : "Permets-moi Seigneur, de rendre grâce pour le bienfait dont Tu m’as comblĂ© ainsi que mes père et mère, et que je fasse une bonne Ĺ“uvre que tu agrĂ©es et fais-moi entrer, par Ta misĂ©ricorde, parmi Tes serviteurs vertueux".» Cette gratitude a Ă©tĂ© aussi exprimĂ©e par ce noble prophète qui, quand il a vu le trĂ´ne de Balqis installĂ© auprès de lui, a dit (sens du verset) :
« Cela est de la grâce de mon Seigneur, pour m’Ă©prouver si je suis reconnaissant ou si je suis ingrat. Quiconque est reconnaissant c’est dans son propre intĂ©rĂŞt qu’il le fait, et quiconque est ingrat. Alors, mon Seigneur Se suffit Ă Lui-mĂŞme et Il est GĂ©nĂ©reux » (Coran 27/40).
Telle est l’attitude des gens reconnaissants : l’installation imposante du trĂ´ne de la reine de Saba auprès de lui en un clin d’Ĺ“il, comme s’il avait Ă©tĂ© lĂ depuis longtemps, n’a pas empĂŞchĂ© Solaymaan (Salomon), ‘, de rendre grâce au Bienfaiteur, ExaltĂ© soit-Il, et il s’est mĂŞme empressĂ© de Le louer et de L’exalter, et la louange est la meilleure manifestation de la reconnaissance.
Ainsi le convoi bĂ©ni poursuit-il sa marche, pour s’arrĂŞter chez le serviteur d’Allah qui fait preuve de la reconnaissance et de la demande de pardon les plus impeccables, Ă savoir notre Prophète (). Après une longue vie, consacrĂ©e Ă la transmission du message d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, Ă la lutte dans Son sentier, et marquĂ©e par l’endurance et l’abnĂ©gation, Allah, ExaltĂ© soit-Il, a fait descendre sur son cĹ“ur la sourate An-Nasr (la Victoire) ; cette merveilleuse sourate qui, bien que concise, a combinĂ© la bonne nouvelle de la conquĂŞte de la Mecque et l’annonce pour l’ĂŞtre humain le plus noble de l’approche de sa mort. Le Prophète () a obtempĂ©rĂ© par la parole et par l’action aux ordres que son Seigneur, ExaltĂ©, lui a donnĂ©s dans cette sourate.
L’obtempĂ©ration par la parole se manifeste dans le hadith, rapportĂ© par AĂŻcha, qu’Allah soit satisfait d’elle, qui a dit : «Dans ses inclinations et ses prosternations, le Prophète () rĂ©pĂ©tait frĂ©quemment : ’Sobhaanak Allahoumma wa bihamdika, Allahomma ghfir li’ (Gloire et puretĂ© Ă Toi, notre Seigneur et Ă Toi la louange. Ă” Seigneur, Pardonne-moi). Il appliquait ainsi le Coran» (Boukhari et Mouslim), c’est-Ă -dire qu’il obĂ©issait Ă l’ordre qu’Allah, lui avait donnĂ© de Le glorifier et de demander Son pardon.
Quant Ă l’obtempĂ©ration par l’action, elle se manifeste dans l’Ă©pisode de la conquĂŞte de la Mecque, lorsque le Prophète () y est entrĂ© la tĂŞte baissĂ©e en signe d’humilitĂ©, de soumission et de modestie devant son Seigneur, ExaltĂ© soit-Il, puis qu’il a parfait cette attitude en accomplissant huit Rak’ahs de Doha, en reconnaissance de ce bienfait Ă©minent.
Si vous mĂ©ditez sur le Coran, vous trouverez qu’Allah, ExaltĂ© soit-Il, a explicitement louĂ© la fine fleur de Ses serviteurs, Ă savoir les messagers douĂ©s de fermetĂ©, en affirmant qu’ils Ă©taient reconnaissants : Il a dit de Noh (NoĂ©), ‘ (sens du verset) :«Celui-ci Ă©tait vraiment un serviteur fort reconnaissant»(Coran 17/3), et d’Ibraahiim (Abraham), ‘ (sens du verset) :« Il Ă©tait reconnaissant pour Ses bienfaits»(Coran 16/121), comme Il a dit Ă chacun de Moussa (MoĂŻse), ‘, et de Mohammad () (sens du verset) : « Et sois du nombre des reconnaissants» (Coran 7/144 et 39/66), et ils l’Ă©taient, par Allah.
Méditez donc sur les termes «fort reconnaissant» (forme emphatique Chakour) ainsi que sur le terme «reconnaissant» (Chaakir) qui indique la continuité.
Si ce fut le cas de l’Ă©lite des prophètes, les autres serviteurs d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, ont plus besoin que quiconque de persĂ©vĂ©rer dans ces deux actes cultuels Ă©minents et de les prendre pour slogan, notamment en concluant une saison d’actes d’obĂ©issance ou en voyant le succès de certains projets de bienfaisance, etc. En fait, ceux qui font le bien ont besoin de rendre grâce Ă Allah, ExaltĂ© soit-Il, et de demander sans cesse Son pardon, tout en persĂ©vĂ©rant dans ces deux actes d’adoration tant qu’ils sont en vie, car c’est par la reconnaissance que persistent les bienfaits et par la demande du pardon d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, que les fautes sont remises.
Comme nous faisons nos adieux Ă une saison Ă©minente d’actes d’obĂ©issance, et Ă l’un des terrains les plus fertiles pour nous prĂ©parer Ă l’au-delĂ , il va sans dire que toute Ĺ“uvre souffre, d’une façon ou d’une autre, d’un manque quelconque et ne vaut pas un seul des multiples bienfaits qu’Allah, ExaltĂ© soit-Il, nous accorde. Qu’en est-il alors de l’ensemble de Ses bienfaits ?
Par consĂ©quent, nous sommes enjoints de rĂ©pĂ©ter, avec la langue et le cĹ“ur, les louanges qui sauvegardent les bienfaits et les demandes de pardon qui comblent les lacunes, espĂ©rant qu’Allah, ExaltĂ© soit-Il, passera outre nos carences, aussi Ă©norme soient-elles !
A cette occasion, nous louons Allah, ExaltĂ© soit-Il, pour un bienfait particulier : après qu’Allah, ExaltĂ© soit-Il, nous a prescrit le jeĂ»ne et nous a montrĂ© quelque unes de Ses dispositions, Il nous a avancĂ© une explication divine Ă ces dispositions et a dit (sens du verset) :
«Allah veut pour vous la facilitĂ©, Il ne veut pas la difficultĂ© pour vous, afin que vous en complĂ©tiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidĂ©s, et afin que vous soyez reconnaissants !» (Coran 2/185).
C’est-Ă -dire : afin que vous reconnaissiez les bienfaits d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, Qui vous a guidĂ©s vers la bonne ligne de conduite et le succès.
Le vĂ©nĂ©rable Taabe’i Bakr Ibn ‘Abdillah Al-Mazi, qu’Allah lui fasse misĂ©ricorde, a dit : «Quand je demandai Ă un coreligionnaire de me donner un conseil, il me dit : ’Je ne sais pas quoi te dire, sauf que le serviteur d’Allah ne doit pas cesser de louer son Seigneur, ExaltĂ© soit-Il, et de demander Son pardon. Car, le fils d’Adam oscille entre un bienfait et un pĂ©chĂ© : le premier ne persistera que par la reconnaissance, et le second ne sera remis que par le repentir et la demande de pardon’».
Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse misĂ©ricorde, a dit : «Les Ă©preuves qui ont Ă©tĂ© infligĂ©es Ă certains sont issues du refus de la reconnaissance, de la nĂ©gligence dans le fait de manifester leur besoin d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, et de L’invoquer ; le succès qui a Ă©tĂ© accordĂ© aux autres est – par la volontĂ© et l’aide d’Allah, ExaltĂ© soit-Il – issu de la reconnaissance incessante, de la manifestation sincère du besoin d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, et des invocations. Et l’optimum de tout cela est l’endurance qui est, par rapport Ă la foi, semblable Ă la tĂŞte par rapport au reste du corps : si la tĂŞte est coupĂ©e, le reste du corps ne demeurera pas en vie ». Celui qui a Ă©tĂ© amenĂ© Ă rendre constamment grâce Ă son Seigneur, ExaltĂ© soit-Il, obtiendra la meilleure rĂ©compense, car Allah, ExaltĂ© soit-Il, est Plus Reconnaissant. Ibn al-Qayyim, qu’Allah lui fasse misĂ©ricorde, a dit aussi: «Allah, ExaltĂ© soit-Il, gratifie Son serviteur s’il fait de son mieux pour Lui ObĂ©ir et l’absout s’il se repentit. Ainsi le rĂ©compense-t-Il en le gratifiant pour sa bienfaisance et en l’absolvant pour son repentir, car Allah, ExaltĂ© soit-Il, est Pardonneur et Reconnaissant. En fait, Allah, ExaltĂ© soit-Il, a plus droit Ă cet attribut de reconnaissance que toute autre ĂŞtre reconnaissant. Il est mĂŞme le vĂ©ritable Reconnaissant, car Il donne Ă Son serviteur, puis l’aide Ă Lui rendre grâce pour Ses bienfaits ; Il gratifie toutes les Ĺ“uvres, aussi menues soient-elles, multiplie par dix la rĂ©compense des bonnes actions et va jusqu’Ă les multiplier davantage. Allah, ExaltĂ© soit-Il, gratifie Son serviteur par le biais de la parole, en le louant auprès de Ses Anges et de Ses dignitaires suprĂŞmes, comme Il rĂ©pand la reconnaissance envers lui parmi Ses serviteurs et le rĂ©compense pour sa bonne action. Si le serviteur d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, dĂ©laisse une chose pour l’amour d’Allah, ExaltĂ© soit-Il, son Seigneur, ExaltĂ© soit-Il, lui octroie une chose meilleure, et s’il donne quelque chose pour Lui, Il la lui dĂ©cuple, alors que c’est Lui Qui l’a aidĂ© Ă dĂ©laisser cette chose et Ă donner l’autre, mais Il le gratifie pour l’un et pour l’autre».
Louange Ă Allah, Seigneur de l’Univers. Que la paix et la bĂ©nĂ©diction soient sur Son Prophète Mohammad, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.