Caricature Sidou
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| En Californie, les baleines doivent se frayer un passage entre les tankers |
| 20 Aoűt 2011 |
Les baleines bleues apprécient particulièrement le large de la Californie, où on peut facilement en apercevoir. Mais elles risquent leur vie dans cette région en raison du trafic maritime...
Une lĂ©gère brume enveloppe le petit bateau immobilisĂ© sur une mer d’huile, les passagers scrutent l’ocĂ©an dans un silence ouatĂ©. Mais quand le dos sombre d’une baleine bleue apparaĂ®t enfin Ă l’horizon, des «oh!» et des «ah!» admiratifs rĂ©sonnent de la proue Ă la poupe.
L’immense masse du cĂ©tacĂ© glisse Ă la surface de l’eau et l’oeil averti de Dan Salas, capitaine du bateau et patron de Harbor Breeze Cruises, remarque que la baleine n’est pas seule. Elle a son petit avec elle -—un baleineau d’environ cinq mois qui doit dĂ©jĂ approcher les 13 tonnes. Un spectacle très rarement observĂ©, selon les spĂ©cialistes rĂ©unis sur le bateau, parti dans la matinĂ©e de l’Aquarium du Pacifique Ă Long Beach (sud de Los Angeles) pour faire dĂ©couvrir Ă quelques dizaines de passagers les baleines bleues et l’abondante faune marine des eaux californiennes. «C’Ă©tait un couple mère-baleineau», confirme Ă l’AFP Michele Sousa, spĂ©cialiste des mammifères marins Ă l’Aquarium du Pacifique. «C’est assez unique, on les voit très rarement. Ils prĂ©fèrent rester Ă l’abri des regards».
La Californie «abrite l’une des rares populations stables de baleines bleues», prĂ©cise Mme Sousa. Deux Ă trois mille -- sur une population mondiale rĂ©duite aujourd’hui Ă 10.000 spĂ©cimens -- vivent au large de Los Angeles. «Elles aiment nos cĂ´tes car on y trouve beaucoup de courants remontant des profondeurs. Et quand vous avez ce genre de courants, vous avez du krill», le crustacĂ© microscopique dont se rĂ©galent les baleines.
«Une baleine bleue, c’est plus grand qu’un dinosaure. Et les bateaux les tuent»
Si les baleines bleues — une espèce protĂ©gĂ©e — semblent beaucoup se plaire en Californie, elles y risquent pourtant leur vie, en raison du trafic maritime incessant des ports jumeaux de Long Beach et Los Angeles, parmi les plus frĂ©quentĂ©s des Etats-Unis. «Il n’y jamais eu de crĂ©ature plus grosse sur cette planète. Une baleine bleue, c’est plus grand qu’un dinosaure. Et les bateaux les tuent», dĂ©plore Dan Salas. «Nous devons crĂ©er des sanctuaires marins dans certaines zones», dit-il. «Ce seraient seulement de petits secteurs, lĂ oĂą les baleines se nourrissent. Cet endroit est l’un des plus dangereux au monde (Ă cause des ports) mais c’est ici que les baleines viennent et pas ailleurs», dit-il.
L’une des solutions serait de «dĂ©placer les couloirs maritimes d’une ou deux miles nautiques. Nous avons le pouvoir de faire cela», affirme M. Salas. Mme Sousa confirme qu’un tel changement «permettrait de crĂ©er des couloirs de sĂ©curitĂ© pour les baleines», aujourd’hui victimes — Ă l’instar d’autres mammifères marins — de collisions avec des porte-conteneurs, tankers et autres chalutiers, quand elles ne se retrouvent pas prisonnières de filets de pĂŞche.
Un objectif d’autant plus important que la population de baleines bleues, bien que protĂ©gĂ©e, «ne remonte pas autant que nous le souhaiterions» et qu’il reste beaucoup Ă apprendre des majestueux cĂ©tacĂ©s, souligne Mme Sousa. «Ici, on peut les voir de juin Ă octobre. OĂą vont-elles ensuite, nous ne le savons pas vraiment, cela reste mystĂ©rieux», observe-t-elle. Pour tenter de percer leur secret, l’Aquarium du Pacifique, en partenariat avec l’Institut amĂ©ricain de recherche sur les mammifères marins Cascadia, a lancĂ© un programme de marquage Ă©lectronique, pour pister les cĂ©tacĂ©s. «Le marquage a commencĂ© il y a deux ans», prĂ©cise Mme Sousa. «Nous espĂ©rons en savoir plus sur leur destination dans trois ou quatre ans, de façon Ă pouvoir protĂ©ger les eaux oĂą elles se trouvent».
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