Parmi les versets les plus mystĂ©rieux et les plus Ă©nigmatiques dans le Coran et auxquels presque tous les exĂ©gètes n’ont pas trouvĂ© de rĂ©ponses rationnelles il y a le verset qui parle de l’utilisation de cordes pour pouvoir monter au ciel.
(Suite II) Abdallah. H. (Djelfa)
Cependant, malgrĂ© sa bonne volontĂ© et ses efforts mĂ©ritoires de clarification, pour rendre le Coran accessible Ă ses lecteurs, Savary se voit allègrement surpasser par un autre spĂ©cialiste des questions coraniques et islamiques. Il s’agit du (tristement) cĂ©lèbre Kasimirski, connu pour ses traits de gĂ©nie fulgurants, qui a traduit le verset en question ainsi :
’’ Que celui qui pense que le Prophète sera privĂ© du secours de Dieu dans ce monde et dans l’autre, attache la corde au toit de sa maison, se pende et la coupe, il verra si ses artifices rendent vains ce qui l’irrite.’’
MĂŞme, si les louables intentions des orientalistes sont idĂ©alement partagĂ©es entre les diffĂ©rents protagonistes, le fait est que l’inspiration personnelle de Kasimirski, plus performante en façade, fait de lui, le champion de la traduction et de l’intuition.
Une rĂ©fĂ©rence dont ses pairs devaient s’en inspirer pour arriver, eux aussi Ă la perfection. Ainsi, chez lui, l’Ă©tranglement disparaĂ®t au profit de la pendaison. Compte tenu de l’existence d’une corde, et en fin limier qu’il devait ĂŞtre, cette relation de cause Ă effet n’a pas dĂ» lui Ă©chapper, et cela donne plus d’harmonie Ă sa version.
En effet, qui pourrait avoir idĂ©e de s’Ă©trangler d’une façon ignominieuse, alors qu’il dispose Ă portĂ©e de main, d’une corde solide et Ă toute Ă©preuve ? Un impair Ă ne commettre sous aucun prĂ©texte, si l’on voulait dĂ©montrer ses capacitĂ©s de discernement.
Le remarquable exploit du pendu qui malgré sa position au bout du fil, pour le moins inconfortable, trouve néanmoins la ressource nécessaire, pour couper la corde au bout de laquelle il balance, ne doit pas être non plus passée sous silence.
Après toutes ces pĂ©ripĂ©ties macabres et lugubres, mais en mĂŞme temps, cocasses et loufoques, la question se pose : Quelle signification donner Ă un paragraphe qui a Ă©tĂ© charcutĂ© dans tous les sens et prĂ©sentĂ© comme Ă©tant la restitution en langue française, du verset originel en langue arabe ? Quel enseignement faut-il en tirer ? Le seul Ă retenir, est que les orientalistes sont de drĂ´les de gigolos qui prennent les gens pour des pigeons et donnent au Texte SacrĂ© un sens qui n’a jamais Ă©tĂ© le sien. Ensuite, ils jugent l’Islam, le Coran et le Prophète Ă l’aune de leurs affabulations et de leurs aberrations, aussi ils n’ont aucune peine Ă se prĂ©senter auprès de leurs lecteurs comme les censeurs de la religion musulmane.
Encore si leurs efforts aspirent Ă la perfection, nul ne trouverait Ă redire, bien au contraire, mais du fait qu’ils tendent Ă dĂ©valoriser le Message SacrĂ© et Ă dĂ©prĂ©cier son contenu, nul doute que personne, surtout parmi le lectorat musulman, n’est disposĂ© Ă leur accorder le prix de la distinction.
Bien plus, ils trouveront toujours des gardiens vigilants pour dĂ©noncer leur incompĂ©tence et leur manque de conscience professionnelle. Comme cet exemple ne concerne qu’un seul verset sur les milliers que comporte le Coran SacrĂ©, cela donne une idĂ©e des dĂ©gâts subis, par tout le reste.
Afin de parler en connaissance de cause du Coran, et prĂ©tendre le juger, il est indispensable de s’adresser Ă son origine qu’Ă ses contrefaçons. Certes nombre d’orientalistes font preuve d’une indĂ©pendance d’esprit et d’une rectitude louables, mais c’est l’exception qui confirme la règle.
M.G. (Suivra)