Des chercheurs du California Institute for Medical Research ont dĂ©couvert que la levure de boulanger, des saccharomyces inactivĂ©s, Ă©tait capable de protĂ©ger des souris d’infections fongiques telles que l’aspergillose, une maladie due Ă un champignon qui fait partie des principales causes de dĂ©cès chez les personnes immunodĂ©primĂ©es.
C’est une dĂ©couverte prometteuse dans la lutte contre les infections fongiques. Des tests pratiquĂ©s par des chercheurs du California Institute for Medical Research ont montrĂ© que la levure de boulanger permettait Ă des souris de se dĂ©fendre contre l’Aspergillus, le champignon responsable d’une infection appelĂ©e aspergillose qui attaque les poumons et peut se diffuser aux autres organes. Cette maladie fait partie des principales causes de dĂ©cès chez les personnes immunodĂ©primĂ©es, notamment parce que jusqu’ici, son traitement ne s’avĂ©rait pas totalement efficace. D’oĂą l’importance des nouvelles recherches effectuĂ©es et publiĂ©es dans la revue Journal of Medical Microbiology.
Au cours de leur Ă©tude, les scientifiques ont, en fait, observĂ© que cette levure, qui n’est autre qu’un saccharomyces inactivĂ©, procurait une protection contre l’aspergillose aussi efficace que celle induite par les levures spĂ©cialement conçues pour exprimer les protĂ©ines de surface d’Aspergillus. Autrement dit, la levure pourrait s’avĂ©rer ĂŞtre un vaccin tout Ă fait efficace. "Nos rĂ©sultats suggèrent que la composante qui induit la protection se trouve dans la paroi cellulaire de la levure.
De plus, ce vaccin protège aussi contre l’infection due Ă trois autres champignons Candida, Cryptococcus et Coccidioides", expliquent les auteurs.
Une levure non-pathogène ?
Toutefois, avant d’envisager un tel vaccin, il faudra s’assurer que la levure inactivĂ©e ne prĂ©sente aucun risque pathogène, sans quoi les effets secondaires d’un vaccin pourraient ĂŞtre très importants. Et c’est justement l’objectif d’autres groupes de chercheurs qui Ă©tudient actuellement le champignon. NĂ©anmoins, les scientifiques restent optimistes : "Les recherches Ă ce jour, y compris notre Ă©tude, soutiennent le dĂ©veloppement d’un vaccin contre toutes les levures de champignons pathogènes qui infectent les humains. Un tel vaccin permettrait de rĂ©duire encore la mortalitĂ© chez les personnes immunodĂ©primĂ©es", indique le Dr Stevens, principal auteur de l’Ă©tude. Il a prĂ©cisĂ© Ă©galement : "Bien que la vaccination de tous les individus prĂ©sentant un dĂ©ficit immunitaire serait un formidable dĂ©fi, il y a certains groupes de patients qui pourraient ĂŞtre la cible initiale d’un effort vaccinal. Il s’agit, notamment, des candidats Ă la transplantation, des patients traitĂ©s pour leucĂ©mie suivante et aussi les patients diagnostiquĂ©s avec des tumeurs solides".