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Edition du 27 Juin 2011



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L’Ă©tĂ© dans la ville de Tizi-Ouzou
Morosité au quotidien
22 Juin 2011

Depuis l’arrivĂ©e de la vague de chaleur qui s’est abattue sur la ville de Tizi-Ouzou avec des tempĂ©ratures de plus de 38 degrĂ©s, la ville est très peu frĂ©quentĂ©e par les citoyens. Si durant la matinĂ©e, Tizi-Ouzou est un tant soit peu animĂ©e, il n’en demeure pas moins qu’Ă  partir de l’après-midi les diffĂ©rentes ruelles deviennent dĂ©sertes.

Les causes sont multiples. A commencer par le problème de l’inexistence de lieux de dĂ©tente adĂ©quats en pĂ©riode de grandes chaleurs. A Tizi-Ouzou, des lieux oĂą l’on pourrait se rafraichir se comptent sur les bouts des doigts. A titre d’illustration, le chef-lieu de wilaya ne recèle qu’une seule piscine qui pratique des prix abordables. Il s’agit de la piscine olympique qui propose des abonnements mensuels Ă  partir de 1.500 dinars. Mais compte tenu de ces prix somme toute raisonnables, l’affluence y est très grande, ce qui fait que la piscine dĂ©passe souvent ses capacitĂ©s d’accueil rĂ©elles. Quant aux piscines privĂ©es, il faut dire que les prix qui y sont appliquĂ©s sont vraiment hors de portĂ©e des couches moyennes. Ainsi, pour une seule sĂ©ance, il faudrait dĂ©penser pas moins de 1.000 DA. Toutefois, il y a lieu de souligner que les services offerts par l’ensemble de ces infrastructures, très prisĂ©es en Ă©tĂ©, sont de bonne qualitĂ©, Ă  commencer par l’hygiène qui est amplement garantie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’affluence du public ne s’arrĂŞte pas durant toute la saison. Tizi-Ouzou est une rĂ©gion qui n’est pas gâtĂ©e sur le plan des infrastructures de dĂ©tente. En dĂ©pit d’une densitĂ© populaire des plus importantes Ă  l’Ă©chelle nationale, la wilaya n’est dotĂ©e ni de parc d’attraction ni de parc zoologique. C’est l’un des points noirs qui font que durant l’Ă©tĂ© en particulier, la ville n’est pas du tout frĂ©quentĂ©e par les villageois qui la peuple durant les autres saisons. Un projet dans ce sens devrait constituer l’une des prioritĂ©s que les autoritĂ©s devraient inscrire dans leurs perspectives. Par ailleurs, du jardin Mohand-Ou- Lhadj, situĂ© Ă  proximitĂ© du siège de la wilaya, est la seule infrastructure du genre. Actuellement, cet endroit est très frĂ©quentĂ©. Mais il y a lieu de dĂ©plorer que durant cette saison, il est difficile d’y passer des moments agrĂ©ables compte tenu du fait que la verdure n’a pas Ă©tĂ© «rĂ©partie» de manière  équitable. Ce qui fait que les visiteurs de ce jardin sont contraints de chercher un petit bout d’ombre pour s’abriter du soleil brĂ»lant de Tizi-Ouzou.  La population attend toujours avec impatience la rĂ©ouverture du jardin public du boulevard Abane-Ramdane, qui constituera sans doute une bouffĂ©e d’oxygène pour les riverains. MĂŞme les investisseurs privĂ©s dans le domaine de la restauration et des cafĂ©s maures n’ont pas pensĂ© Ă  investir dans ce crĂ©neau Ă  cause sans doute de l’absence de cette culture. On peut juste signaler l’exception de l’Ă©tablissement Le jardin secret situĂ© au lotissement Salhi, qui offre un cadre plus ou moins naturel oĂą la fraicheur est omniprĂ©sente mĂŞme en Ă©tĂ©. L’un des endroits les plus prisĂ©s en de telles pĂ©riodes est le parc Tamaghra situĂ© Ă  la Nouvelle-Ville. Il est dotĂ© d’une piscine et de quelques manèges pour les enfants. Mais il s’agit d’une infrastructure trop exiguĂ« face Ă  la demande très forte en la matière dans la rĂ©gion. Aucune salle de cinĂ©ma n’existe dans la ville de Tizi-Ouzou qui en comptait pas moins de six dans les annĂ©es 70 et 80, dont notamment les mythiques salles de projection L’AlgĂ©ria, Le Mondial, CinĂ©ma Studio et le Djurdjura. Aujourd’hui, ces salles restent fermĂ©es au grand dam des habitants qui se voient proposer de temps Ă  autres des activitĂ©s folkloriques ne durant que quelques jours. Un constat amer certes qui interpelle les plus hauts responsables du secteur de la culture car est-il vraiment normal qu’en 2011, une grande ville abritant plusieurs centaines de milliers d’habitants et capitale rĂ©gionale de surcroĂ®t, ne soit pas dotĂ©e de la moindre salle de cinĂ©ma ? En Ă©tĂ©, des salles de cinĂ©ma aurait permis aux citoyens en quĂŞte de loisirs de passer d’agrĂ©ables moments, en visionnant des films tout en profitant de la fraicheur des salles obscuress. D’ailleurs, vu l’absence des lieux de loisirs et de dĂ©tente, les couples d’amoureux n’ont aucun choix que certains salons de thĂ© que la routine rend vraiment insipides. En somme, la ville de Tizi-Ouzou est maussade durant l’Ă©tĂ© et mĂŞme les personnes qui y rĂ©sident sont contraintes de plier bagages pour se rendre sous des cieux plus clĂ©ments. Car passer l’Ă©tĂ© Ă  Tizi-Ouzou, c’est loin d’ĂŞtre une sinĂ©cure. .

Par : LOUNES BOUGACI

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