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Edition du 15 Juin 2011



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Environnement et démolition des habitats anciens
Le devoir de protĂ©ger l’hĂ©ritage de nos aĂŻeux
15 Juin 2011

La prĂ©servation de l’habitat kabyle traditionnel passe par sa restauration, c’est-Ă -dire le remettre dans son Ă©tat originel en le renforçant et en lui apportant une touche avec les moyens modernes.

Nul n’a le droit de toucher ou de dĂ©molir ce qui nous a Ă©tĂ© prĂȘtĂ© par nos ancĂȘtres car il doit ĂȘtre transmis aux gĂ©nĂ©rations futures. Nous ne sommes que des mĂ©diateurs, et en ce sens, nous avons une responsabilitĂ© historique. L’habitat est un mode de peuplement d’un pays ou d’une rĂ©gion, cela relĂšve de la culture. C’est, donc, cette dimension anthropologique qui est Ă  prĂ©server. Elle tĂ©moigne du mode de vie de nos ancĂȘtres :
- de leur économie ;
- de leur croyance ;
- de leur façon d’ĂȘtre.
Il y a lieu, en consĂ©quence, de restaurer ce prĂ©cieux legs par sa reconstitution avec des matĂ©riaux originels, tout en respectant son architecture. En effet, de par l’exĂ©guĂŻtĂ© de l’espace, l’homme a Ă©tĂ© emmenĂ© Ă  vivre en famille Ă©largie. "Trois gĂ©nĂ©rations cohabitaient sous le mĂȘme toit et coexistaient avec les animaux domestiques oĂč un coin Ă©tait rĂ©servĂ© Ă  ces derniers, endroit appelĂ© Ă©table, en kabyle «addaynin»." Nous comprenons bien qu’avec la poussĂ©e dĂ©mographique et les conditions de la vie moderne, on a fait de plus en plus appel au bĂ©ton. Mais il n’en demeure pas moins qu’il faille trouver une solution mĂ©diane. Par ailleurs, il convient de protĂ©ger l’environnement Ă  ce niveau et ce, partout en AlgĂ©rie. Dans ce contexte, nous constatons malheureusement une forte dĂ©gradation de l’environnement en Kabylie. L’espace se recouvre de sachets en pastique que le vent emporte çà et lĂ , Ă  son grĂ©, les accrochant aux fils Ă©lectriques et aux branches d’arbres jonchant les routes, ce qui donne un spectacle hideux et dĂ©solant. Il en est jusqu’au barrage de Takssebt qui devient un dĂ©potoir de bouteilles vides de toute dimension, ce qui est fort dommage. Il est urgent de reprendre les bonnes habitudes perdues de gestion des ordures mĂ©nagĂšres comme savaient si bien le faire les anciens par une organisation stricte de protection de l’environnement et oĂč des amendes Ă©taient infligĂ©es aux contrevenants par la DjemaĂą du village. En outre, des gardes champĂȘtre veillaient au respect de l’environnement. Retrouver cette discipline, c’est aussi cela la citoyennetĂ©.

La Kabylie
Taddart (le village)
Un village kabyle typique au XIXe siĂšcle.Taddart (pluriel tuddar), le village kabyle est gĂ©nĂ©ralement placĂ© sur une crĂȘte (tawrirt) ou un plateau Ă©levĂ© (agwni), emplacement dont souvent son nom rend compte. Les maisons sont Ă©troitement regroupĂ©es de façon Ă  ce que l’ensemble vu de l’extĂ©rieur forme un bloc unique. Cette rĂ©partition est sensiblement identique Ă  celle des casbahs. En Ă©lĂ©vation, les maisons paraĂźtront se chevaucher, chaque pignon dĂ©passant le pignon voisin en montant vers le sommet. PressĂ©es les unes Ă  la suite des autres au long des lignes du relief, elles forment de vĂ©ritables agglomĂ©rations descendant rarement en dessous de cinq cents habitants. Ce type de village rĂ©pondait aussi Ă  des prĂ©occupations dĂ©fensives, avant l’apparition de l’artillerie.

Axxam (la maison)
Maison de Kabylie. La maison kabyle, dite Axxam, est une construction traditionnelle de montagne, plus ou moins dĂ©corĂ©e et ornĂ©e selon l’importance sociale et la richesse du propriĂ©taire, de sa famille ou de sa tribu. Il y a deux grands types de maison, Ă  tuile et Ă  terrasse, certaines constructions mĂȘlant les deux structures. Les fondations sont des tranchĂ©es comblĂ©es avec de grosses pierres (adrar) et du mortier d’argile. Pour les murs, deux techniques sont principalement employĂ©es, le mur de pisĂ© avec un coffrage en bois (tabbadit) et le mur de pierre (taghaladt). La charpente est faite de poutres (isulas), la poutre centrale (asulas alemmas) Ă©tant souvent la plus importante. Les poutres reposent sur les murs et parfois sur des piliers de bois (tikejda). La toiture est faite de roseaux (ighunam) ou de branches d’olivier (tachita n tazemmurt) et de tuiles d’argile (karmoud). Les maisons sont souvent regroupĂ©es autour d’une cour centrale appelĂ©e oufrag.Le travail intĂ©rieur (sol et murs) revient aux femmes. Les murs sont crĂ©pis Ă  l’aide d’un enduit composĂ© d’argile schisteuse passĂ©e au tamis, Ă  laquelle on ajoute de la bouse de vache et de la paille fine pour Ă©viter les fissures. Il y a un savoir-faire de fresques murales, dont les symboles variĂ©s ont des significations multiples. La dĂ©coration extĂ©rieure concerne les portes, sur les battants desquelles le menuisier incise des motifs au moyen d’une pointe de fer. Ces motifs faits de lignes droites, de points, de petits cercles, de rosaces et de croix forment des groupements ou des compositions d’ensemble.

Par : Ourida AĂŻt Ali

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