Au mĂŞme titre que les mausolĂ©es royaux de Numidie, de MaurĂ©tanie et les monuments funĂ©raires prĂ©islamiques, le MausolĂ©e royal de MaurĂ©tanie est classĂ© depuis 2002 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. SituĂ© dans la commune de Sidi Rached, daĂŻra de Tipasa, ce mastodonte de l’Ă©poque numide nous raconte l’Histoire sĂ©culaire de nos ancĂŞtres. D’une civilisation bien riche, et combien ouverte sur d’autres cultures. Il demeure Ă©difiĂ© pour l’Ă©ternitĂ© sur les collines dorsales du Sahel, entre la Mitidja et la mer MĂ©diterranĂ©e. Il Ă©tait appelĂ© autrefois Tombeau de la ChrĂ©tienne.
Reposant sur un socle carrĂ© de pierres de taille dont les angles sont orientĂ©s et le dĂ©bordent largement, le mausolĂ©e se prĂ©sente comme un immense cylindre de 60 mètres de diamètre surmontĂ© d’un cĂ´ne depuis longtemps dĂ©labrĂ©, fait de trente-sept gradins en retrait les uns des autres, Ă©levant le monument Ă 33 mètres de hauteur. L’entrĂ©e vĂ©ritable du monument, longtemps ignorĂ©e, se situe dans le soubassement, sous la fausse porte de l’Est. Elle a Ă©tĂ© dĂ©couverte lors de la campagne de fouilles menĂ©e en 1865 par Adrien Berbrugger, inspecteur des Monuments historiques, Ă la demande de NapolĂ©on III. C’est une porte basse, 1,1 mètre de haut et Ă©troite, qui donnait sur une dalle coulissante en grès, trouvĂ©e brisĂ©e.
Ensuite un couloir d’accès très bas conduit au vestibule des lions. Il est ainsi appelĂ© parce qu’on y voit un lion et une lionne sculptĂ©s en relief au-dessus de l’accès au couloir intĂ©rieur. Ce vestibule voĂ»tĂ© mesure 5,33 mètres de long, 2,52 mètres de large et 3,20 mètres de haut.
Sous la porte Sud le tunnel creusĂ© par Berbrugger lui a permis de rejoindre le couloir circulaire Ă l’intĂ©rieur de l’Ă©difice. Il comporte une partie cylindrique ornĂ©e sur son pĂ©rimètre, dont le dĂ©veloppement est de 185,5 mètres, de 60 colonnes engagĂ©es surmontĂ©es de chapiteaux ioniques et supportant une corniche.
Cette partie prĂ©sente quatre fausses portes situĂ©es aux points cardinaux. Ce sont des panneaux de pierre de 6,9 mètres de haut, encadrĂ©s dans un chambranle et partagĂ©s au centre par des moulures disposĂ©es en croix. C’est cet ornement qui a justifiĂ© le nom traditionnel de Tombeau de la ChrĂ©tienne.
La date de construction et la fonction rĂ©elle de ce monument ne sont pas connues avec certitude. Cependant, l’Ă©tude architecturale du monument permettrait de le dater approximativement du Ier ou IIème siècle avant J.-C. et donc antĂ©rieurement Ă la domination romaine sur l’Afrique du Nord. StĂ©phane Gsell a bien dit Ă son sujet : « C’est une construction de type indigène couverte d’une chemise grecque. »
Un monument analogue se trouve dans l’Est algĂ©rien, c’est le Medracen situĂ© près de Batna. Il en diffère cependant par la taille, seulement 18,5 mètres de haut, la structure interne, et est certainement plus ancien.