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Edition du 21 Mai 2011



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M. Sander-Fransen, manager zone Afrique pour DAF Trucks, Ă u Midi Libre
‘’L’AlgĂ©rie est pour nous le marchĂ© le plus important en Afrique du Nord’’
17 Mai 2011

En marge de la visite de travail organisĂ©e aux journalistes par DAF Trucks Ă  son usine d’Eindhoven, nous avons rencontrĂ© M. Sander-Fransen, manager zone Afrique pour DAF Trucks, Ă  qui nous avons posĂ©s des questions sur l’installation de DAF Trucks en AlgĂ©rie et les perspectives du constructeur dans la rĂ©gion. Pour lui, le marchĂ© algĂ©rien est le plus important en Afrique du Nord et pour se faire une place honorable, il compte d’abord asseoir une forte image de marque et parle d’intĂ©grer le top 3 dans 5 Ă  6 ans.

La marque DAF se place en pole position en Europe en termes de ventes de camions Tracteurs, mais elle reste derrière sur le segment des Porteurs. Comment expliquez-vous cette situation ?
M. Sander-Fransen : Malheureusement c’est le constat qui est dressĂ© aujourd’hui. Je dirais que nous allons nous concentrer sur cette partie du business, un projet en cours et pour le futur, on a besoin de quelques annĂ©es pour nous dĂ©velopper, et au prĂ©alable, il est toujours important d’avoir une bonne relation avec le client mais aussi avec les Ă©quipementiers pour camions Porteurs qui sont importants pour le dĂ©veloppement de ce secteur. C’est un investissement qui donnera ses fruits sur le long terme, je citerais comme exemple la prĂ©sence de DAF avec la gamme des Porteurs sur le marchĂ© domestique en Belgique ou en Angleterre, nous avons de bonne relation avec les Ă©quipementiers locaux, nous dĂ©veloppons bien notre business dans cette partie du monde ceci parce que la marque est prĂ©sente en Angleterre, en Belgique et en Hollande depuis 50 ans. Par ailleurs, lĂ  oĂą la marque DAF est fraĂ®chement installĂ©e, il nous faudra du temps pour se positionner sur le segment des Porteurs contrairement Ă  celui des Tracteurs oĂą nous sommes bien installĂ©s sur l’ensemble des marchĂ©s. Je dirais que le Tracteur est un produit final et le client l’utilisera dès l’achat, par contre le porteur nĂ©cessite des adaptations en termes de carrosserie pour permettre Ă  l’utilisateur de l’adapter aux diffĂ©rentes utilisations. Ce n’est donc pas un produit final, il n’est gĂ©nĂ©ralement pas possible que le client utilise un porteur dès sa sortie de production. Notre stratĂ©gie aujourd’hui est d’essayer de profiter de la notoriĂ©tĂ© et de la bonne image que notre gamme de Tracteurs dĂ©veloppe, ce marchĂ© est très intĂ©ressant et important pour nous, nous avons de très bons produits. Nous essayons d’Ă©tablir une bonne image avec le Tracteur, de-lĂ  nous pousserons la gamme des Porteurs, nous n’avons pas le choix car se sera difficile pour nous de vendre des porteurs Ă  court terme.
     
En tant que premier responsable de DAF pour la région Afrique, comment voyez-vous ce marché et quel intérêt portez-vous au marché algérien ?
C’est une rĂ©gion qui progresse très vite, pas dans tous les pays d’Afrique mais il y a quelques pays qui sont de gros marchĂ©s, tel que l’AlgĂ©rie, l’Afrique du Sud, l’Egypte avec beaucoup de petits camions. Je citerais aussi les marchĂ©s nigĂ©rian et angolais qui sont, eux aussi, de grands marchĂ©s. Dans beaucoup de pays, il y a beaucoup d’investissements dans les infrastructures, ce sera donc une suite logique : infrastructures, besoins de camions, et lorsque l’infrastructure est lĂ , on aura besoin aussi de camions pour transporter les produits de tous types, je dirais que c’est lĂ  ou se situe la croissance en Afrique. C’est une opportunitĂ© pour DAF pour vendre beaucoup de camions dans cette rĂ©gion, les pays possĂ©dant une forte croissance ont besoin de beaucoup de transport, et dans un pays plus riche, plus dĂ©veloppĂ©, il y a plus de transport. Le marchĂ© africain et très intĂ©ressant pour DAF en ce moment, parceque le marchĂ© europĂ©en est stable mais c’est le marchĂ© africain qui enregistre de la croissance.

DAF est prĂ©sente depuis 2009 en AlgĂ©rie, comment voyez-vous l’Ă©volution de la marque dans notre pays ?
Je pense que nous pouvons progresser d’annĂ©e en annĂ©e sur ce marchĂ©, mais le premier challenge pour nous c’est d’Ă©tablir une bonne image de marque, DAF n’est pas très bien connu en ce moment, le jour oĂą elle le sera je pense qu’on aura une forte position avec une bonne popularitĂ© en AlgĂ©rie grâce Ă  notre gamme aussi et notre forte image que nous dĂ©veloppons notamment en Europe. Je pense que c’est une question de 5 ou 6 ans de prĂ©sence pour pouvoir nous positionner dans le top trois des ventes en AlgĂ©rie. Aujourd’hui, le numĂ©ro un c’est Renault Trucks, c’est le marchĂ© domestique de cette marque, après il y a aussi MAN, Mercedes, Volvo, ce sont lĂ  les mĂŞmes marques concurrentes qu’en Europe, et en Europe, DAF est la seule marque qui a progressĂ© tout le long des 10 dernières annĂ©es, lĂ  oĂą les autres marques affichent une certaine stabilitĂ©. Il y a 10 ans, DAF a attaquĂ© des marchĂ©s un peu Ă©parpillĂ©s dans le monde entier, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Europe de l’Est, mais maintenant, on a un peu changer de stratĂ©gie, Ă  partir de notre base qui est situĂ©e en Hollande et en Europe de l’Ouest. On va petit Ă  petit augmenter nos ventes, on allant sur des marchĂ©s dĂ©jĂ  plus proches, et notamment les marchĂ©s de la MĂ©diterranĂ©e, c’est plus proche de la Hollande que l’Asie. Quand le succès est lĂ  dans un pays, on essaie après de conquĂ©rir ou de reproduire le succès dans les pays alentours parce que dans le transport international, il faut offrir aux transporteurs la possibilitĂ© d’avoir du service dans tous les pays, ce n’est pas encore le cas pour l’AlgĂ©rie et ses alentours, bien qu’il existe du transport international entre l’AlgĂ©rie et la Tunisie, et mĂŞme jusqu’en Libye vu que par exemple l’AlgĂ©rie exporte des bouteilles en plastique en Libye par voie terrestre. Notre but est d’augmenter nos parts de marchĂ©, et dans les autres pays d’Europe par exemple pour atteindre 10% c’est toujours possible, mais pour atteindre les 20% de parts, il est très important de dĂ©velopper le rĂ©seau aux alentours du pays. Par exemple pour augmenter nos parts de marchĂ© en France c’est très important de dĂ©velopper le rĂ©seau en Espagne. En AlgĂ©rie, en ce moment c’est diffĂ©rent car par exemple les pays limitrophes comme le Maroc, il est plus que rattachĂ© Ă  l’Espagne, mais l’AlgĂ©rie c’est toujours le centre du Nord de l’Afrique, et quand on disposera d’une part de marchĂ© signifiante en AlgĂ©rie, c’est très important pour se dĂ©velopper en Libye, en Egypte et en Tunisie oĂą nous avons nos concessionnaires. Nous rĂ©flĂ©chissons Ă  l’impact que peut donner un pays Ă  un autre comme lorsque en jette une pierre dans l’eau....alors les petites vagues s’Ă©taleront sur une grande partie.

Donc, l’AlgĂ©rie sera le noyau de votre politique de dĂ©veloppement dans la rĂ©gion ?
Oui, je dirais que c’est le pays le plus intĂ©ressant en Afrique du Nord parce que c’est un grand marchĂ©, stable avec près de 40 millions d’habitants et qui affiche une croissance très importante, de l’ordre de 4% par an.

DAF aujourd’hui est prĂ©sente avec une seule gamme. Ne pensez-vous pas qu’il est opportun de renforcer votre prĂ©sence pour faire face Ă  la concurrence ?
Je dirais que c’est inscrit dans notre stratĂ©gie de dĂ©veloppement en AlgĂ©rie. Si on prend aujourd’hui Renault Trucks AlgĂ©rie, ils disposent d’une grande palette de produits avec des modèles dans la gamme intermĂ©diaire Ă  l’instar du Midlum qui est un porteur qui se vend bien et qui dispose de plusieurs dĂ©clinaisons (frigorifique, transport gĂ©nĂ©ral…). Je pense que notre prioritĂ© aujourd’hui c’est de travailler l’image avec notre gamme de Tracteurs. Par ailleurs, nous penserons en second lieu Ă  renforcer notre prĂ©sence par d’autres modèles de la gamme CF, des Porteurs 4x2 avec le CF85 dotĂ©s de gros moteurs mais aussi avec la gamme CF75 disponible avec un petit moteur Euro III et une bonne palettes de dĂ©clinaisons, 4x2, 6x2, 6x4 et le CF85 en 8x4, 8x2, 6x4 Tracteur et Porteur. Je dirais qu’on dispose de beaucoup de possibilitĂ© avec les sĂ©ries CF. Il est utile de signaler que notre stratĂ©gie est toujours Ă©tablie en concertation avec notre partenaire local, Diamal en l’occurrence. Nous allons d’abord construire un bon portefeuille clients et une forte image, après pour la gamme, plusieurs spĂ©cifications et dĂ©clinaisons seront proposĂ©es selon les demandes du marchĂ©. A l’avenir, nous pourrons dĂ©velopper sur des porteurs 4x2 une stratĂ©gie de vĂ©hicules Ă©quipĂ©s de carrosseries un peu sophistiquĂ©es. Par exemple, des camions frigorifiques ou des camions Ă©quipĂ©s d’hydrocureuse. Il y a de plus en plus d’hydrocureuse en AlgĂ©rie, par exemple de marque "Huver" ou autres qui sont demandĂ©es pour nettoyer les systèmes de canalisation, d’Ă©gouts, etc. On pourra effectivement, sur la base d’un porteur CF avec de plus petits moteurs faire des propositions. Aussi, le plus important c’est d’essayer de travailler avec des carrossiers et Ă©quipementiers bien connus de la marque DAF, des carrossiers europĂ©ens et pourquoi pas vendre le concept en AlgĂ©rie. Nous allons aussi nous Ă©taler sur la possibilitĂ© de travailler avec des carrossiers locaux, en leur expliquant les diffĂ©rentes configurations et la manière de montage, les possibilitĂ©s de prises de forces, etc. Il y a des efforts Ă  faire en commun entre le fabriquant du camion et le carrossier parce qu’il y a plusieurs domaines Ă  envisager, notamment l’Ă©lectricitĂ©, les aspects mĂ©caniques, le montage et la rĂ©partition des charges et aussi les prises de mouvement. Aujourd’hui, la marque DAF n’est pas assez connue en AlgĂ©rie. Si le carrossier ne connaĂ®t pas la marque DAF, il est dangereux pour lui de ne pas ĂŞtre très prĂ©cis, parce qu’il y a un risque majeur. Le carrossier a besoin de plus de temps avec DAF pour connaĂ®tre la marque, il faudrait avoir une bonne relation de coopĂ©ration, ce n’est qu’Ă  ce jour lĂ  oĂą il peut ĂŞtre plus prĂ©cis dans son travail. L’objectif est de travailler avec un bon carrossier qui saura accompagner DAF et qui prĂ©sentera des produits de qualitĂ© et abordable aux clients algĂ©riens.

DAF prĂ©sente aujourd’hui un camion Hybride dans la gamme «LF». Quelle est votre stratĂ©gie dans cette partie du dĂ©veloppement que nous estimons stratĂ©gique pour l’avenir de la marque ?
L’Hybride est un projet du futur, c’est très important pour DAF d’investir dans cette technologie et acquĂ©rir de la connaissance technique Ă  exploiter dans le futur. Ce n’est pas un projet pour gagner de l’argent, au contraire, il coĂ»tera très cher pour le constructeur. On sait tous que les quantitĂ©s du pĂ©trole sont limitĂ©es dans le temps, on pense Ă  l’après-pĂ©trole, il y aura toujours du transport et c’est très important d’investiguer les autres pistes et aussi pour l’environnement. Je dirais aussi que le grand risque pour un constructeur comme DAF c’est quand la commission europĂ©enne Ă  Bruxelles dĂ©cidera un jour que dans 5 ans ce sera interdit de venir dans les centres-villes avec un camion qui n’est pas hybride, il peut y avoir une dĂ©cision comme ça, et donc les constructeurs se prĂ©parent Ă  acquĂ©rir de la connaissance maintenant.
DAF s’est toujours intĂ©ressĂ© au dĂ©veloppement de nouvelles techniques afin d’atteindre un niveau technique plus fiable et plus Ă©conomique pour les transporteurs. DAF doit investir dans des techniques comme l’hybride et c’est très important pour exister dans le futur. Actuellement, 90% des camions DAF sont Euro 5 ou EEV.

Par : Hamid Abbassen

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