Après avoir tant patientĂ©, les comitĂ©s de sept villages dĂ©pendant de la commune d’AĂŻt Yahia Moussa, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, ont dĂ©cidĂ© de ne plus rester les bras croisĂ©s devant le problème crucial de pĂ©nurie d’eau potable. Le problème perdure depuis très longtemps, hiver comme Ă©tĂ©, souligne les villageois. Cette crise d’eau touche, notamment, les villages de AĂŻt Attela, AĂŻt Slimane, Imaksnene, Ibouhrane, Tafoughalt, Tachtiouine et Tifaou.
RĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, les sept comitĂ©s de village soulignent qu’AĂŻt Yahia Moussa vit un marasme socio-Ă©conomique alarmant, contrastant avec l’embellie financière dans laquelle se trouve le pays : «Un environnement propice aux vautours guettant les projets arrachĂ©s par les villageois au prix de grands sacrifices pour un minimum de vie dĂ©cente.»
Les comitĂ©s de villages ajoutent que «les dĂ©tournements, la tchipa, l’absence de contrĂ´le, le silence et la complicitĂ© des responsables ont fait que des projets, dont les coĂ»ts sont estimĂ©s Ă des dizaines de milliards de centimes, sont bâclĂ©s ou inachevĂ©s depuis des annĂ©es. Le projet d’alimentation en eau potable est le meilleur exemple qui rĂ©sume cette situation». Les concernĂ©s indiquent que ce projet a fait naĂ®tre beaucoup d’espoir chez les populations de la commune qui croyait avoir mis fin Ă leur soif en arrachant un projet estimĂ© Ă vingt-sept milliards de centimes.
«HĂ©las, nos rĂŞves sont tombĂ©s Ă l’eau car, après des annĂ©es de travaux, les citoyens dĂ©couvrent que ce circuit n’est que de la poudre aux yeux avec une partie bâclĂ©e, dont les conduites Ă©clatent Ă chaque essai, et une autre abandonnĂ©e. Ajouter Ă cela une Ă©tude mĂ©diocre qui n’a pris en considĂ©ration ni le nombre des populations alimentĂ©es ni la nature du relief et encore moins la qualitĂ© des conduites et des pompes utilisĂ©es. N’Ă©tant pas au bout de leurs surprises, les citoyens constatent le dĂ©part des entreprises sans que les travaux ne soient achevĂ©s».
De ce fait, les comitĂ©s des villages en question et les habitants se disent scandalisĂ©s par ces pratiques moyenâgeuses et dĂ©noncent l’attitude mĂ©prisante des entreprises ayant rĂ©alisĂ© les travaux et le silence des responsables en dĂ©pit des maintes mises en garde.
Une rĂ©union a regroupĂ© les reprĂ©sentants des diffĂ©rents comitĂ©s de village pour Ă©valuer le problème crucial de la pĂ©nurie d’eau potable. Après un premier tour de parole, l’ensemble des prĂ©sents ont convergĂ© Ă qualifier la situation de leurs villages de chaotique et ont jugĂ© cet Ă©tat grave. Les dĂ©lĂ©guĂ©s des villages se sont dits outrĂ©s par l’Ă©tat d’avancement et la qualitĂ© des travaux du projet AEP qui dure depuis des annĂ©es. Les prĂ©sents ont exprimĂ© leur pessimisme quant au règlement du problème d’eau, s’appuyant sur ce qu’ils qualifient de mauvaise foi des responsables et «leurs promesses vides de sens pour dire que le moment de passer Ă des actions est imminent».
Les reprĂ©sentants des comitĂ©s des villages ont dĂ©cidĂ© de rĂ©diger une plate-forme de revendications et ont optĂ© pour l’idĂ©e d’Ă©largir leur initiative Ă d’autres villages concernĂ©s par le mĂŞme problème. Après les dĂ©bats, il a Ă©tĂ© Ă©galement arrĂŞtĂ© de demander une commission d’enquĂŞte ministĂ©rielle sur le projet d’AEP et il a Ă©tĂ© convenu de fermer le siège de l’APC d’AĂŻt Yahia Moussa en guise de protestation et pour attirer l’attention des responsables sur leur dĂ©sarroi.