Le patrimoine archĂ©ologique et architectural de l’Est algĂ©rien est en pĂ©ril, vu les dĂ©gradations naturelles et celles causĂ©es par l’activitĂ© humaine, relève une Ă©tude conjointe de l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme (Epau) et l’Ecole supĂ©rieure des beaux-arts d’Alger rendue publique lundi Ă Alger.
La restauration des monuments historiques de l’Est, rĂ©gion très riches en sites et monuments historiques, requiert une meilleure maĂ®trise de techniques afin de respecter l’authenticitĂ© de leur aspect architectural et une plus grande protection contre les innombrables dĂ©tĂ©riorations, recommande l’Ă©tude, menĂ©e au printemps de l’annĂ©e 2010 sur huit lieux.
L’expĂ©dition, conduite pendant une semaine par vingt Ă©tudiants des deux Ă©coles, en spĂ©cialitĂ© "architecture des monuments historiques", a concernĂ© le Medghacen (mausolĂ©e royal numide, Batna), la Soumaâ du Khroub (Constantine), les sites archĂ©ologiques de Tiddis (Mila), d’El Djemila (SĂ©tif), de Timgad (Batna)ainsi que les vestiges que recèlent les villes de SĂ©tif, Constantine et Mila.
L’Ă©tude a conclu Ă un constat "dĂ©plorable" et "choquant" de l’Ă©tat actuel du patrimoine archĂ©ologique et architectural, y compris des sites qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’opĂ©rations de restauration.
L’ensemble des sites archĂ©ologiques que recèle des ville de l’est algĂ©rien cĂ©lèbres par des monuments plusieurs fois millĂ©naires inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Organisation des nations unies pour la science et la culture (Unesco), "se trouvent dans un Ă©tat d’abandon, voire de dĂ©labrement pour certains", selon les principales conclusions.
Le Medghacen, dont les travaux de restauration ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s Ă plusieurs reprises, est jugĂ©, selon les Ă©tudiants-chercheurs, "en pĂ©ril", en raison du ruissèlement des eaux qui affecte les jointures entre les pierres de taille, tandis que la restauration de la Soumaâ du Khroub s’est faite "sans assises ou analyses scientifiques"
Parmi les pathologies relevĂ©es, l’Ă©tude cite la vĂ©gĂ©tation envahissante sur les surfaces des monuments et autres sites archĂ©ologiques, la pollution causĂ©e par le trafic routier qui noircit certaines pierres datant d’Ă©poques des plus Ă©loignĂ©es de l’histoire, effaçant, de ce fait, des donnĂ©es historiques prĂ©cieuses. Le manque de civisme des visiteurs de ces sites n’est pas en reste : des images montrant des scènes d’incinĂ©rations d’ordures mĂ©nagères aux pieds des remparts historiques, des graffitis inscrits sur des pierres datant de l’Ă©poque punique, ou encore les commerces informels installĂ©s Ă l’intĂ©rieur mĂŞme des sites archĂ©ologiques, ont Ă©tĂ© filmĂ©s par l’Ă©quipe de chercheurs et prĂ©sentĂ©es comme autant de preuves sur l’ampleur des dĂ©gradations que subissent les biens archĂ©ologiques algĂ©riens.