Caricature Sidou
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| Patrimoine culturel et historique de Souk Ahras |
| Cherif Benlaâbidi, l’ange gardien |
| 19 Mai 2011 |
«Les hommes oublient plus facilement la mort de leur père que la perte de leur patrimoine», avait Ă©crit en son temps Nicolas Machiavel, l’homme politique et philosophe italien (1469-1527).
Cette sentence du penseur florentin semble parfaitement coller Ă la personnalitĂ© de Cherif Benlaâbidi qui s’acharne, malgrĂ© peu de moyens, Ă prĂ©server ou Ă reproduire tout ce qu’il estime symboliser le riche patrimoine de la rĂ©gion de Souk Ahras.
Si le visiteur de l’antique Taghaste trouvera, de prime abord, ardu de cerner toute la richesse culturelle et historique de cette citĂ©, un simple dĂ©tour du cĂ´tĂ© de la citĂ© du 26 Avril pourrait, en effet, combler sa curiositĂ© et lui faire faire un voyage-express au pays de Saint-Augustin. Au grĂ© de ses dĂ©ambulations au cĹ“ur de ce quartier populaire de Souk Ahras, il y a de fortes chances qu’il tombe sur la boutique de Cherif Benlaâbidi, une vraie caverne d’Ali-Baba, fièrement flanquĂ©e d’une inscription Ă la peinture
blanche : "Souk Ahras Ă travers l’histoire". La boutique, une minuscule Ă©choppe d’Ă peine 20 m2, est ornĂ©e d’une riche collection de photographies et de tableaux Ă©voquant les diffĂ©rents moments historiques vĂ©cus par cette rĂ©gion de l’extrĂŞme est du pays, depuis la pĂ©riode romaine, reprĂ©sentĂ©e par Saint Augustin, Ă l’apparition en 1843 de la ville actuelle de Souk Ahras, dont l’appellation Taghaste est d’origine berbère. VĂ©ritable livre ouvert, le petit rĂ©duit de M. Benlaâbidi arrive Ă mettre en valeur toute la richesse touristique de la rĂ©gion que rĂ©vèlent les sites archĂ©ologiques de Madaure, de Khemissa, de Taoura et Tiffeche ainsi que les diverses stations thermales et autres paysages naturels pittoresques qui font le patrimoine matĂ©riel de cette rĂ©gion. L’on y apprend notamment que c’est en 1886 que le nom de Souk Ahras fut donnĂ© Ă la ville par le gouverneur gĂ©nĂ©ral de l’AlgĂ©rie sous l’occupation française.
Cherif Benlaâbidi, un artiste polyvalent
Ce local sert en mĂŞme temps d’atelier pour cet artiste polyvalent, aujourd’hui sexagĂ©naire, qui affirme poĂ©tiquement "adorer entendre chanter son chardonneret" lorsqu’il se met Ă peindre ses tableaux. Cet artiste, pĂ©tillant de vie et de passion pour sa ville, propose Ă©galement Ă ses visiteurs divers souvenirs qu’il fabrique lui-mĂŞme, dont des Ăşuvres de peinture sur tissu, des fragments de vitraux et des bijoux traditionnels. Il les invite en mĂŞme temps Ă plonger dans l’histoire artistique de la citĂ© de Souk Ahras au travers de photographies des grandes figures du patrimoine populaire que sont Hadj Bouregaâ, connu surtout de la communautĂ© algĂ©rienne en France grâce Ă ses concerts animĂ©s Ă Marseille et Ă Grenoble, la chanteuse Beggar Hadda, l’artiste-dramaturge Mustapha Kateb, le musicien Chahid Ababsia Badi et les plasticiens Mohamed Bouthelidja, Hocine Ghomari, Salah Ledjmel et Driss Hassainia. Une petite aile de la boutique de Cherif Benlaâbidi est consacrĂ©e aux gloires sportives locales, dont le boxeur Salah Tabbat, champion d’AlgĂ©rie en 1949 et champion d’Afrique en 1952, le tennisman international Zine Alalcha et les cyclistes Hamma Soukhal et Mahmoud Keblouti. Benlaâbidi aimerait voir se multiplier les manifestations culturelles qui mettent en valeur le patrimoine archĂ©ologique de la wilaya de Souk Ahras et la richesse des traditions populaires de ses habitants. Mais aujourd’hui, le vĹ“u le plus cher de ce personnage attachant est de voir les autoritĂ©s chargĂ©es du secteur culturel "daigner rĂ©server, dans le centre de Souk Ahras, un espace adĂ©quat pour cet inestimable patrimoine". Un espace, dit-il, sans donner toutefois l’impression de trop y croire, "capable d’abriter un atelier oĂą (il) pourrait apprendre aux jeunes Ă aimer et Ă apprĂ©cier leur ville et leur transmettre les techniques du vitrail, de la peinture, de la bijouterie traditionnelle et de la photographie", Ă laquelle il voue Ă©galement une passion sans bornes.
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