Le Midi Libre - Culture - Mimouni comme témoin du présent
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Edition du 12 Avril 2011



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Salon littĂ©raire " La Culture c’est ma tasse "
Mimouni comme témoin du présent
11 Avril 2011

Une sorte de cafĂ© littĂ©raire informel a Ă©tĂ© organisĂ© samedi après-midi dans une des salles du cinĂ©ma AlgĂ©ria Ă  Alger. L’initiateur de ce salon n’est autre que « La Culture c’est ma tasse » (Fendjal Thaqafa), une association qui s’est fait un point d’honneur de susciter le dĂ©bat intellectuel dans des lieux prĂ©alablement choisis dans la capitale : salons de thĂ©, cafĂ©tĂ©rias, restos, pizzerias et locaux dans des Ă©tablissements culturels publics.

Au menu de ce salon littĂ©raire : Rachid Mimouni (1945-1995) qui devait ĂŞtre animĂ© par la romancière ZoubeĂŻda Mameria. Celle-ci a, dès l’abord prĂ©sentĂ© Rachid Mimouni comme « un visionnaire qui a prĂ©vu tout ce qu’on est en train de vivre aujourd’hui » en faisant allusion Ă  l’effervescence sociale dont la rue algĂ©rienne est actuellement le théâtre. « Il a Ă©tĂ© l’un des premiers Ă©crivains Ă  s’interroger sur le concept de l’indĂ©pendance, l’un de ces romans Une paix Ă  vivre donne Ă  voir un Ă©crivain qui cherche Ă  aller Ă  la source du chant de sirènes » a-elle dit.
La quête de Rachid Mimouni poursuit Zoubeïda Mameria a été graduelle, après
Le fleuve dĂ©tournĂ© qui questionne la rĂ©volution et l’indĂ©pendance, Mimouni va rĂ©cidiver avec TombĂ©za un roman qui met en scène un personnage « nĂ© en dehors de tout, n’ayant ni pouvoir, ni savoir et qui incarne la mauvaise conscience ».
Et d’ajouter « c’est un personnage qui a perdu sa mĂ©moire mais qui va la retrouver. En recousant ses mĂ©moires, il ne va pas reconnaĂ®tre les autoritĂ©s autoproclamĂ©es ». On ne pouvait Ă©voquer en outre, Mimouni sans se rappeler de Tahar Djaout et du contexte de l’Ă©poque. « Je salue ces Ă©crivains des annĂ©es chaudes qui ont dĂ©noncĂ© ceux qui voulaient instrumentaliser la religion ».
L’oratrice dresse le parallèle avec ceux qui aujourd’hui veulent instrumentaliser la dĂ©mocratie, en prĂ´nant selon elle la dĂ©mocratie qui tue. Mimouni selon elle avait beaucoup de courage. Sous la menace des intĂ©gristes, il a vĂ©cu dans la clandestinitĂ©, il est allĂ© au Maroc, pour animer des chroniques sur l’AlgĂ©rie, son pays qu’il n’a en vĂ©ritĂ© jamais quittĂ©, « c’est la maladie qui le tue, mais s’il Ă©tait restĂ©, on aurait pu le tuer, on a bien assassinĂ© Tahar Djaout ». ZoubeĂŻda Mameria se rappelle de la rencontre qu’elle a faite avec l’auteur du Fleuve dĂ©tournĂ©.
Cela se passait au Centre familial de Ben-Aknoun, au moment du dĂ©cès de Kateb Yacine en 1989. « Je ne mesurai pas le privilège de ce moment que j’ai eu Ă  Ă©changer avec lui, je me souviens qu’il m’a dit «  Kateb n’a jamais aimĂ© le luxe, alors qu’il pouvait bien possĂ©der des châteaux ».
L’assistance, de son cĂ´tĂ©, s’est intĂ©ressĂ©e Ă  la dimension esthĂ©tique de l’Ĺ“uvre de Mimouni en particulier et des auteurs maghrĂ©bins en gĂ©nĂ©ral. Toujours est-il que le salon a pris fin avec le traditionnel rĂ©cital de morceaux de poĂ©sies en français et en arabe populaire (malhoun).
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Par : LARBI GRAĂŹNE

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