L’association Fandjan thaqafa - AFATH - organise dans le cadre de son cafĂ© littĂ©raire une rencontre autour des Ĺ“uvres de feu Rachid Mimouni.
Cette rencontre, qui se tiendra Ă la cafĂ©tĂ©ria du cinĂ©ma l’Algeria, sera animĂ©e par Zoubida Mammeria, conseillère au ministère de la Culture. Elle reviendra sur les Ă©lĂ©ments phares de la littĂ©rature «mimounienne ».
Avec ce genre d’initiatives, l’association a le mĂ©rite de faire connaitre Ă la nouvelle gĂ©nĂ©ration de grands Ă©crivains algĂ©riens, partis trop tĂ´t et sans reconnaissance aucune. A l’heure oĂą ils sont mĂ©connus en milieu scolaire, l’association veut rĂ©habiliter leurs mĂ©moires en leur rendant divers hommages.
Avec Rachid Mimouni, cette rencontre reviendra sur le vĂ©cu de ce cĂ©lèbre Ă©crivain, qui a Ă©tĂ© laurĂ©at de plusieurs prix. La confĂ©rencière reviendra, sans aucun doute, sur le vĂ©cu de l’auteur de L’honneur de la tribu en soulignant qu’il a marquĂ© la littĂ©rature algĂ©rienne d’expression française des annĂ©es 80. Il a eu le mĂ©rite
de transgresser les tabous et ce que nous appelons « les lois littéraire ».
«Pour moi, l’Ă©criture est un acte de transgression… J’appartiens Ă cette race d’Ă©crivains militants ! Il n’est pas possible d’ignorer la misère, l’injustice, la corruption…», avait-il dĂ©clarĂ© dans une interview accordĂ© aux Cahiers de l’Orient en 1992.
Comme la plupart des Ă©crivains Ă traverss le monde Rachid Mimouni a eu d’abord un parcours universitaire scientifique. NĂ© le 20 novembre 1945 Ă Boudouaou (ex-Alma), d’une famille de paysans pauvres, il frĂ©quente l’Ă©cole primaire du village avant de continuer ses Ă©tudes secondaires Ă Rouiba. Puis il poursuit ses Ă©tudes supĂ©rieures Ă Alger (licence en sciences en 1968). Assistant de recherche Ă l’Institut national pour la productivitĂ© et le dĂ©veloppement industriel, il obtient une bourse d’un an Ă l’Ecole des hautes Ă©tudes commerciales de MontrĂ©al au Canada oĂą il termine sa post-graduation avant de revenir enseigner dans le mĂŞme Ă©tablissement Ă partir de 1976. Il enseigne Ă©galement, Ă partir des annĂ©es 90, Ă l’Ecole supĂ©rieure du commerce.
Membre du Conseil national de la culture, président de la fondation
Kateb-Yacine, prĂ©sident de l’Avance sur recettes, il a Ă©galement occupĂ© le poste de vice-prĂ©sident d’Amnesty International.
Le 12 fĂ©vrier 1995, Rachid Mimouni nous quittait. Sa mort surprendra mĂŞme ses proches. Rachid Mimouni a Ă©tĂ© admis en janvier 1995 Ă l’hĂ´pital Cochin, Ă Paris. Le regrettĂ© Ă©tait estimĂ© des intellectuels, d’ailleurs le chanteur Matoub Lounès s’exprima avec grand tristesse lors de la mort de son ami en qualifiant cette disparition de « tragique fatalitĂ© qui colle aux talons de 1’AlgĂ©rie ».
K. H.