Parce que non alimentĂ©s, pour la plupart, en Ă©nergie Ă©lectrique, 6.038 locaux rĂ©alisĂ©s Ă SĂ©tif, dans le cadre du programme national des "100 locaux par commune", n’ont pas suscitĂ© d’engouement auprès des jeunes de la rĂ©gion, Ă l’exception de quatre, dont les bĂ©nĂ©ficiaires se sont dĂ©brouillĂ©s pour avoir du "jus" et s’extraire ainsi du chĂ´mage.
Ces jeunes bĂ©nĂ©ficiaires sont menuisier, coiffeur, rĂ©parateur d’appareils de froid et exploitant de cybercafĂ© dans les communes de Tachouda et de Hammam Sokhna, des mĂ©tiers pour lesquels l’Ă©lectricitĂ© est indispensable, mais dont l’absence ne les a pas fait reculer dans l’acquisition de leurs locaux. Pour eux, en effet, il fallait d’abord saisir cette chance de "possĂ©der" un local, quitte Ă se dĂ©brouiller ensuite pour travailler. Dahmane Dif (28 ans) est l’un de ces quatre jeunes. Il exploite depuis juin dernier Ă Hammam Sokhna un salon de coiffure pour hommes qu’il a pu Ă©quiper grâce au dispositif gĂ©rĂ© par l’Agence nationale de soutien Ă l’emploi des jeunes (ANSEJ). Il affirme avoir reçu toutes les facilitĂ©s de la part de cet organisme, aidĂ©, il est vrai, par le fait qu’il n’a pas eu besoin de solliciter un crĂ©dit, comptant sur ses propres moyens en matière d’apport personnel. Pour l’Ă©lectricitĂ©, il a dĂ©clarĂ© avoir eu recours au "système D" en branchant son local au rĂ©seau grâce Ă un voisin condescendant. Fouad Bahloul n’a pas eu lui cette chance pour ouvrir son cybercafĂ©, dans la mĂŞme commune, car un problème de certificat de conformitĂ© de son local et l’absence d’Ă©lectricitĂ© l’ont empĂŞchĂ© de bĂ©nĂ©ficier d’un crĂ©dit bancaire. Il a affirmĂ© s’ĂŞtre adressĂ©, ainsi que d’autres jeunes dans la mĂŞme situation, aux services concernĂ©s pour traiter ce problème mais la seule rĂ©ponse reçue Ă©tait : "C’est un problème qui prĂ©vaut dans toute la wilaya." TitillĂ© par un sentiment de dĂ©couragement, Fouad tient encore bon et estime que l’Etat "doit tenir compte de ces entraves et y trouver des solutions". Mme Farida Boudoukha a pu Ă©galement bĂ©nĂ©ficier d’un local Ă usage professionnel et d’un crĂ©dit de 240.000 DA obtenu auprès du CrĂ©dit populaire d’AlgĂ©rie (CPA) pour mettre sur pied un atelier de couture Ă©quipĂ©. L’absence d’Ă©nergie Ă©lectrique a fait qu’elle prend son mal en patience en exerçant son activitĂ© chez elle. Cette dame affirme toutefois avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© de toutes les facilitĂ©s pour accĂ©der au local professionnel ainsi qu’aux crĂ©dits nĂ©cessaires auprès de l’Agence nationale de gestion du microcrĂ©dit (ANGEM) et de la banque pour l’Ă©quipement de son atelier. Le tout lui ayant pris, malgrĂ© tout, une annĂ©e. Cette chef de micro-entreprise, Ă la pugnacitĂ© admirable, fait actuellement travailler trois autres femmes au foyer et pense dĂ©jĂ Ă augmenter le nombre de ces employĂ©es. DestinĂ©s Ă crĂ©er quelque 15.000 emplois, ces locaux, rĂ©alisĂ©s après des retards qui ont dĂ©passĂ© cinq annĂ©es, semblent "se moquer" des nombreux jeunes sans emploi, constatent amèrement Amar, Mokdad, Djamel, Bachir et Kheireddine, candidats Ă ce dispositif. Amar Boulenouar, cadre Ă la Direction de l’administration locale (DAL) de la wilaya de SĂ©tif, affirme que ce programme de 6.038 locaux professionnels est "Ă 100% terminĂ©", les listes des bĂ©nĂ©ficiaires "arrĂŞtĂ©es" mais que c’est le retard de leur raccordement au rĂ©seau Ă©lectrique qui empĂŞche leur attribution. L’exigence du certificat de conformitĂ© pour l’inscription au registre de commerce a Ă©galement empĂŞchĂ© nombre de bĂ©nĂ©ficiaire d’entrer en activitĂ©, note le mĂŞme cadre qui souligne que le règlement des situations de ces locaux est tributaire du règlement du problème de l’Ă©lectricitĂ© et d’une "réévaluation". En tout, ce ne sont que 723 locaux qui sont aujourd’hui reliĂ©s aux rĂ©seaux Ă©lectrique et eau potable. Mais lĂ encore, leur emplacement sur des sites isolĂ©s a fait qu’ils ne suscitent aucun engouement chez les jeunes chĂ´meurs.