PrĂšs de 2.700 tonnes de poissons, toutes espĂšces confondues, ont Ă©tĂ© capturĂ©es en 2010 Ă BĂ©jaĂŻa, en augmentation de plus de 500 tonnes comparativement Ă l’annĂ©e 2009, selon la Direction locale de la PĂȘche et des ressources halieutiques.
Cette augmentation a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e essentiellement par les petits-mĂ©tiers et les sardiniers, auteurs d’une production de l’ordre de 2.000 tonnes, Ă l’inverse des chalutiers qui n’ont pu pĂȘcher que 705 tonnes contre plus de 788 tonnes la saison antĂ©rieure. La raison tient essentiellement dans le nombre de sorties effectuĂ©es en mer, nettement en hausse pour les premiers et en recul pour les seconds, a-t-on expliquĂ©. Comme Ă l’accoutumĂ©e, le poisson bleu a dominĂ© la structure des captures avec une prise de plus de 2.420 tonnes, au dĂ©triment du poisson blanc (209 tonnes), crustacĂ©s (28,3 tonnes) ou encore les squales, dont l’espadon avec prĂšs d’une tonne seulement. Cette augmentation est jugĂ©e cependant "positive du fait de l’Ă©tat stationnaire, voire en recul de la production halieutique dans la wilaya de BĂ©jaĂŻa ces derniĂšres annĂ©es", se rĂ©jouit-t-on attribuant cette croissance Ă un dĂ©but de retour des investissements opĂ©rĂ©s ces derniĂšres annĂ©es, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’Ă©quipement et du matĂ©riel de pĂȘche, ou de formation. Durant le dernier plan quinquennal, par delĂ l’amĂ©nagement et l’agrandissement du port de Sidi-Abdelkader, l’Etat a contribuĂ© au financement de quelque 46 projets de particuliers avec Ă la clĂ© une subvention de l’ordre de 300 millions de dinars. Parmi les projets rĂ©alisĂ©s, il est fait cas notamment de l’acquisition d’embarcations de pĂȘche dont des chalutiers (20), des sardiniers (02) et des petits-mĂ©tiers (20), de structures d’accompagnement, notamment une unitĂ© de transformation de thon d’une capacitĂ© annuelle de 3.000 tonnes, une fabrique de glace et une ferme aquacole. L’injection de ces nouvelles embarcations, souligne-t-on, est de nature Ă soutenir la production locale annuelle, d’une capacitĂ© supplĂ©mentaire de 1.200 tonnes et ce, outre l’entrĂ©e en production de deux fermes aquacoles, l’une Ă Tazboudjt, spĂ©cialisĂ©e dans l’Ă©levage de la daurade et du loup, incessamment opĂ©rationnelle, et la seconde, Ă Cap Sigli, en cours de rĂ©alisation, susceptible de faire des apports de quelques 500 tonnes annuellement. En fait, bien que les projets pour soutenir la filiĂšre de la pĂȘche en gĂ©nĂ©ral soient foisonnants, BĂ©jaĂŻa va rĂ©ceptionner un second port de pĂȘche, avant l’Ă©tĂ© prochain et entamera la rĂ©alisation d’un troisiĂšme, d’ici quelques semaines, Ă Beni-Ksila. Tout l’effort, a-t-on expliquĂ©, sera orientĂ© vers la promotion en prioritĂ© de la filiĂšre aquacole et accessoirement de la pĂȘche continentale, dont l’essentiel se fonde sur la raretĂ© de la ressource. "En attendant l’identification et la dĂ©limitation de nouvelles zones de pĂȘche, seule l’aquaculture est Ă mĂȘme de fournir l’alternative autant pour une production massive que pour l’offre du produit de la mer Ă des prix raisonnables", selon M. Kacher, enseignant chercheur en production halieutique.