Placée cette année sous le thème «Cinéma africain et marchés», la 22e édition du Fespaco se tiendra du 26 février au 5 mars prochain.
Le Fespaco va poser cette fois-ci la vĂ©ritable question « quelle visibilitĂ© pour nos Ĺ“uvres sans salles de cinĂ©ma ? » car au-delĂ de son caractère culturel, le cinĂ©ma est aussi un marchĂ© Ă©conomique dont la rĂ©ussite est Ă mĂŞme de lui garantir une existence culturelle pĂ©renne. Au menu de cette manifestation cinĂ©matographique dix-huit longs-mĂ©trages, dont six seront prĂ©sentĂ©s en première mondiale. CrĂ©e en 1969, le Fespaco (Festival panafricain du cinĂ©ma et de la tĂ©lĂ©vision de Ouagadougou) a dĂ» fonctionner sous forme non institutionnalisĂ©e avant de devenir une manifestation officielle Ă partir de janvier 1972. D’une pĂ©riodicitĂ© annuelle, le festival est passĂ© ensuite Ă partir de la 6e Ă©dition Ă une pĂ©riodicitĂ© biannuelle. Ce grand-rendez vous du cinĂ©ma africain regroupe producteurs, rĂ©alisateurs, comĂ©diens, et autres professionnels du cinĂ©ma et de la tĂ©lĂ©vision du continent africain et de sa diaspora. L’historien, scĂ©nariste acteur et Ă©crivain congolais Elikia M’Bokolo est le parrain de l’Ă©dition de cette annĂ©e qui mettra en compĂ©tition le trophĂ©e dont tous les cinĂ©astes rĂŞvent : l’Etalon de Yenenga, lequel est revenu lors de l’Ă©dition prĂ©cĂ©dente au cinĂ©aste Ă©thiopien HaĂŻlĂ© Gerima pour son film TĂ©za. Le jury est composĂ© de personnalitĂ©s du cinĂ©ma telles que John Akomfrah, rĂ©alisateur ghanĂ©en installĂ© Ă Londres, Newton Aduaka, rĂ©alisateur nigĂ©rian, François Woukoache, cinĂ©aste camerounais, Mbye Cham, critique sĂ©nĂ©galais de film et de littĂ©rature et du cinĂ©aste sĂ©nĂ©galais Moussa TourĂ©. Ce jury aura donc Ă intervenir sur les catĂ©gories suivantes : le court mĂ©trage, le long mĂ©trage et le film documentaire. Des nouveautĂ©s cependant sont annoncĂ©es pour l’Ă©dition 2011 : l’introduction de deux prix, un dĂ©nommĂ© « prix des Ă©coles africaines de cinĂ©ma » pour encourager les jeunes crĂ©ateurs africains, et l’autre dĂ©nommĂ© « prix de la critique internationale » auquel contribue l’Association des critiques de cinĂ©ma du Burkina (Ascric), la FĂ©dĂ©ration internationale de la presse cinĂ©matographique (Fipresci) et la FĂ©dĂ©ration africaine de la critique cinĂ©matographique (Facc). Si la liste complète des Ĺ“uvres sĂ©lectionnĂ©es n’a pas encore Ă©tĂ© divulguĂ©e, toutefois des informations ont filtrĂ© sur certaines. Ainsi en est-il de « Sous le silence, je sens rouler la terre » de l’AlgĂ©rien Mohamed Lakhdar Tati, produit par MycĂ©ne Prod et Stella Prod, film qui a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© dans la catĂ©gorie long-mĂ©trage de fiction. Les Ĺ“uvres algĂ©riennes devraient croiser le fer, en vue d’arracher l’Ă©talon d’or, avec trois films du Burkina « Le Poids du serment » de Sanou Kollo, « En attendant le vote » de Missa HĂ©biĂ©, et « Notre Ă©trangère » de Sarah Bougnain. Une compĂ©tition serrĂ©e qui comprend aussi deux films de l’Afrique du Sud, trois du Maroc, deux de l’Egypte, deux du Mali, et un de la CĂ´te d’Ivoire, du Nigeria, du BĂ©nin, du Mozambique et du Tchad. Dans la catĂ©gorie des courts mĂ©trages, en attendant la suite de la sĂ©lection qui peut s’enrichir de nouveaux films, on peut noter d’ores et dĂ©jĂ que trois Ĺ“uvres algĂ©riennes y figurent. Il s’agit de la « Marche des crabes » de Hafid Aboulahyane, de « Garagouz » d’ Abdenour Zahzah et de « Khouya » de Yaniss Koussim. Dans la catĂ©gorie documentaire, c’est le film documentaire de Karim Miské » Musulmans de France » qui a Ă©tĂ© retenu en sĂ©lection. Notons qu’au total 28 pays africains et 300 films sont attendus Ă ce festival.