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Edition du 5 Janvier 2011



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Galette, M’hadjeb, M’tekba, R’fis
Les hommes au fourneau
5 Janvier 2011

Une multitude de clients, parmi lesquels les femmes ne sont pas les dernières, se bousculent devant ces petites boutiques, tenues par des hommes, proposant "m’semem, m’hadjab, m’takba aux dattes, r’fis"... bref toutes ces prĂ©parations que les femmes actives n’ont plus le temps de prĂ©parer ou tout simplement ne savent plus faire.

Des petites boutiques ouvrent un peu partout Ă  travers le pays avec pour vocation première la prĂ©paration et la vente de la galette traditionnelle Ă  base de farine, celle de semoule, les inĂ©vitables «m’semem, mhadjab, m’takba aux dattes Ă©crasĂ©es ou sans, r’fis»..., bref toutes ces prĂ©parations que les mĂ©nagères, de plus en plus actives, n’ont plus le temps de prĂ©parer ou tout simplement ne savent plus faire. De jeunes dĂ©brouillards, conscients de l’aubaine de ce filon, l’ont investi d’abord timidement avant de s’y impliquer totalement. Il est vrai que ce crĂ©neau nĂ©cessite un travail de tous les instants, mais n’en est demeure pas moins très lucratif. Il faut dire que pour se lancer dans cette nouvelle aventure ces jeunes « galettistes» nĂ©cessitent un minimum d’investissement : un petit local bien sĂ»r, un pĂ©trin, une plaque chauffante et surtout beaucoup de cĹ“ur Ă  l’ouvrage... Ainsi armĂ©s de leur courage et d’une volontĂ© Ă  toute Ă©preuve, voilĂ  nos jeunes Ă©voluant en toute aisance sur le terrain dĂ©sertĂ© par leurs mères, sĹ“urs ou femmes. Un terrain qu’ils investissent en force et surtout en toute libertĂ© attendu qu’il n’y a aucune rĂ©sistance du cĂ´tĂ© fĂ©minin, bien au contraire les femmes sont trop heureuses de dĂ©lĂ©guer cette corvĂ©e Ă  leurs fils et frères. En fait parmi la nombreuse clientèle, qui se bouscule devant leurs boutiques, les femmes sont les plus nombreuses et n’arrivent pas en dernier. D’ailleurs elles sont unanimes pour dire apprĂ©cier, Ă  sa juste valeur, l’initiative de ces gamins. Initiative qui leur permet ainsi de continuer Ă  faire plaisir Ă  leur famille tout en se permettant de vaquer Ă  leurs autres occupations ou simplement se prĂ©lasser devant la tĂ©lĂ©. Il faut le dire la prĂ©paration de la galette n’est pas une sinĂ©cure, loin s’en faut, ces jeunes, qui dorĂ©navant se sont instituĂ©s en gardiens des prĂ©parations culinaires traditionnelles, travaillent sans interruption et dans des conditions loin d’ĂŞtre aisĂ©es. Ils commencent leur tâche très tĂ´t le matin pour ne terminer que tard en fin d’après-midi, ceci afin de permettre aux travailleurs, Ă  leur sortie des bureaux, de pouvoir s’approvisionner en galettes et autres prĂ©parations. Ces nouveaux boulangers traditionnels n’ont ainsi pas un seul moment de rĂ©pit, vu le nombre de clients se bousculant Ă  toute heure devant leurs Ă©tals. Ils travaillent, en outre il faut le dire, dans des conditions, le moins que l’on puisse dire, insupportables, car en plus de gestes mĂ©caniques, rĂ©pĂ©tĂ©s sans cesse et une infinitĂ© de fois, il faut pouvoir supporter la chaleur infernale se dĂ©gageant des plaques brĂ»lantes sur lesquelles cuisent les galettes. On ne peut que souhaiter bonne chance Ă  ces jeunes artisans lesquels jusque lĂ  ont rĂ©ussi Ă  remporter tous les suffrages des citoyens, hommes et surtout femmes, d’autant qu’en plus de permettre aux foyers de continuer Ă  dĂ©guster de la bonne galette traditionnelle, ils font tout pour respecter les règles de l’hygiène, du moins en apparence. Il reste juste Ă  espĂ©rer que ces jeunes ne cĂ©deront pas Ă  l’appât du gain facile en pensant uniquement Ă  leur tiroir-caisse et qu’ils ne finiront pas par rejoindre la grande confrĂ©rie des "m’hadjbistes" exerçant dans les innommables gargotes crasseuses et malodorantes. Les blouses des «m’hadjbistes» grises et maculĂ©es vous donnant la nausĂ©e. C’est d’ailleurs Ă  se demander si les personnes, qui continuent Ă  consommer dans ces lieux, ont perdu toute notion de salubritĂ© et ne craignent pas pour leur santĂ©.

Par : Yamina Dounab

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