Les personnes non voyantes ou souffrant de basse vision ou de cĂ©citĂ© tardive disposeront bientĂ´t de centres pour leur prise en charge, a-t-on appris mardi, en marge d’une journĂ©e d’Ă©tude organisĂ©e au Centre national de formation des personnels pour handicapĂ©s (CNFPH) de Constantine.
Les professionnels et les Ă©ducateurs spĂ©cialisĂ©s participant Ă cette rencontre Ă©largie Ă des experts français ont affirmĂ© que le projet de crĂ©ation de ces structures, dont la première sera Ă©rigĂ©e Ă Alger, est "en bonne voie d’aboutir, puisque avalisĂ© par le ministère de tutelle". Les villes de Constantine, de Biskra et de Tlemcen seront Ă©galement dotĂ©es de centres rĂ©gionaux analogues qui formeront des instructeurs en locomotion, spĂ©cialisĂ©s dans la prise en charge de cette catĂ©gorie de personnes aux besoins spĂ©cifiques, a prĂ©cisĂ© dans ce contexte M. Abdelghani Abdouche, prĂ©sident de l’Union des Franco-AlgĂ©riens de Lorraine (France), spĂ©cialisĂ©e dans la rééducation en locomotion des personnes non voyantes. Cette initiative pilote, qui s’inscrit dans le cadre d’une convention-cadre signĂ©e entre le ministère de la SolidaritĂ© nationale et de la Famille et l’Union des Franco-AlgĂ©riens de Lorraine, rĂ©alisable en deux ans, permettra, selon M. Abdouche, qui a Ă©tĂ© lui-mĂŞme atteint de cĂ©citĂ© tardive, d’assurer une formation spĂ©cialisĂ©e rĂ©unissant les moyens techniques et les mĂ©thodes scientifiques devant ĂŞtre mis en Ĺ“uvre pour adapter l’environnement naturel et bâti Ă la nature de ce handicap. L’objectif d’une telle dĂ©marche est de "relancer la vie active de l’aveugle tardif" en lui "facilitant l’accès et le dĂ©placement pour reprendre les activitĂ©s qui Ă©taient les siennes avant son atteinte de basse vision, de malvoyance ou de cĂ©citĂ© tardive", a expliquĂ©, de son cĂ´tĂ©, M. Florent Orsoni, un expert français, au cours d’une intervention. Apprendre au malvoyant et au non- voyant Ă se dĂ©placer, adapter son environnement Ă la nature de son handicap afin de le fondre Ă nouveau dans la vie familiale, sociale et professionnelle demeurent les principaux objectifs, a assurĂ©, pour sa part, Mlle Fanny Bonnet-Makaes, spĂ©cialiste française versĂ©e dans ce domaine de recherche. L’opĂ©ration de rĂ©adaptation de l’environnement naturel et bâti doit Ă©galement impliquer les services techniques, notamment ceux chargĂ©s des Ă©tudes et de la conception des constructions Ă usage d’habitation ou de services, d’autant, a-t-on expliquĂ©, qu’il ne s’agit que d’amĂ©nagements simples, peu coĂ»teux, mais pratiques et accessibles Ă cette frange sociale, a-t-elle expliquĂ©. Auparavant, M. Nadir Abdessemad, directeur de la formation et responsable par intĂ©rim du CNFPH, avait indiquĂ©, Ă l’ouverture de cette journĂ©e d’Ă©tude organisĂ©e sous le thème de "la rééducation en locomotion des personnes aveugles et malvoyantes", que le processus en gestation de ces futurs centres a pour objectif de remĂ©dier "un tant soit peu" Ă l’handicap du mal-voyant ou du non-voyant ayant perdu la vue Ă la suite d’une maladie ou d’un accident et qui a entraĂ®nĂ© chez le sujet une grave perte d’autonomie. Pour faire face Ă cette situation fortement handicapante, l’adulte aveugle a besoin d’une rééducation adaptĂ©e lui permettant de se prendre en charge, d’ĂŞtre de moins en moins dĂ©pendant d’autrui et de retrouver l’autonomie indispensable Ă sa rĂ©insertion familiale, Ă©ducative, sociale et professionnelle, a ajoutĂ© M. Abdessemad.