Se dĂ©placer dans les quatre coins de la ville de Tizi Ouzou devient de plus en plus difficile. Se mouvoir Ă pied ou Ă bord d’un vĂ©hicule et passer d’un quartier Ă un autre n’est point chose aisĂ©e.
Les causes sont multiples mais les consĂ©quences sont identiques : la ville de Tizi Ouzou est devenue anarchique. A commencer par le centre ville, Ă savoir les deux boulevards les plus importants : le Boulevard « Abane Ramdane » et la Rue « Lamali Ahmed » (qui longe le centre hospitalo-universitaire « Nedir Mohamed »). L’une des raisons principales qui rend la ville dĂ©sagrĂ©able et guère facile Ă traverser, c’est la prĂ©sence impressionnante des marchands informels. Ces derniers Ă©cument tous les coins et recoins de la ville. Tous les trottoirs des deux boulevards suscitĂ©s sont occupĂ©s presqu’Ă 100 % par ces jeunes qui proposent toutes sortes de marchandises et qui dĂ©fient toute concurrence en matière de prix de vente. Bien Ă©videmment la non-chertĂ© des prix pratiquĂ©s par ces vendeurs informels trouve son explication par le fait que ces derniers sont exonĂ©rĂ©s de tout impĂ´t. De mĂŞme que les vendeurs ne payent aucun loyer contrairement aux commerçants ayant des locaux et travaillant lĂ©galement avec la dĂ©tention d’un registre de commerce. Les piĂ©tons, pour se rendre Ă l’hĂ´pital ou Ă l’universitĂ© ou encore Ă la Nouvelle Ville, sont obligĂ©s de marcher carrĂ©ment sur la chaussĂ©e en mettant en danger leur vie Ă chaque minute qui passe. Aussi, c’est le cas au niveau de la Grande Rue : des vendeurs de CD piratĂ©s, de pantalons Ă 500 dinars l’unitĂ©, de paires de chaussures Ă 600 DA, de diffĂ©rentes herbes aux vertus thĂ©rapeutiques avĂ©rĂ©es ou Ă vĂ©rifier, des vendeurs de cigarettes et la liste est encore très longue. La ruelle qui donne sur le marchĂ© couvert, Ă la citĂ© Eucalyptus, très frĂ©quentĂ©e par les familles, est pratiquement fermĂ©e Ă la circulation automobile. Elle est entièrement squattĂ©e par les vendeurs d’appareils de tĂ©lĂ©phones portables d’occasion. Pour parvenir Ă l’intĂ©rieur du marchĂ© couvert il faut vraiment jouer des coudes. Concernant  les femmes, il s’agit plutĂ´t d’une mission impossible. La route qui mène vers le quartier Mdouha, Ă l’Est de la ville des GenĂŞts est Ă©galement squattĂ©e par les marchands informels, de bout en bout. Sur tout le trottoir qui s’Ă©tend sur des centaines de mètres, Ă partir du siège de la sĂ»retĂ© urbaine jusqu’Ă la station de fourgon de Makouda, aucun espace n’est Ă©pargnĂ©. Et lĂ aussi, les citoyens sont pĂ©nalisĂ©s et se retrouvent dans l’obligation de quitter le trottoir pour avancer, non sans danger, carrĂ©ment sur la route.Une route qui est normalement Ă sens unique. Mais le code la route Ă©tant rarement respectĂ© dans la ville de Tizi Ouzou, les voitures avancent dans les deux sens sur ce tronçon routier, crĂ©ant des bouchons montres. Le citoyen peut circuler plus librement dans les ruelles secondaires de la ville n’eut Ă©tĂ© le danger qu’il encourt Ă cause du banditisme. Se dĂ©placer dans les rues peu frĂ©quentĂ©e expose Ă des risques multiples comme de se voir voler son tĂ©lĂ©phone portable pour les hommes ou de se faire subtiliser sa chaine en or pour les femmes. D’ailleurs, ces dernières Ă©vitent au maximum de se parer de leurs bijoux car n’ignorant point Ă quoi elles s’exposent ce faisant. Compte tenu de l’occupation des trottoirs et d’une partie de la chaussĂ©e par les vendeurs informels au niveau de la rue «Lamali», un problème plus grave se pose quotidiennement. Il s’agit de la difficultĂ© Ă©norme de  dĂ©placement des ambulances. En effet, c’est sur cette rue que se trouve le portail principal de l’hĂ´pital. La rue est normalement très large pouvant facilement accueillir quatre rangĂ©es de voitures. Il se trouve qu’une voie est rĂ©servĂ©e au stationnement et sur une autre sont exposĂ©es les marchandises. Quand une ambulance arrive avec un malade dans un Ă©tat grave Ă bord, les efforts des policiers pour la faire passer en prioritĂ© s’avèrent souvent infructueux. La route de l’hĂ´pital est, dans la plus part des cas, bloquĂ©e Ă la circulation Ă cause des vendeurs informels. D’ailleurs, c’est l’une des rues que les automobilistes Ă©vitent le plus car bien que ne dĂ©passant pas un kilomètre, il faut parfois plus d’une demi-heure pour la traverser. A toutes ces anomalies s’ajoutent la saletĂ© indescriptible sous laquelle croule cette ville qui reçoit quotidiennement plus de 30 000 personnes qui viennent des 67 communes de la wilaya pour diverses raisons. Les autoritĂ©s locales devraient faire de leur mieux afin de donner Ă la ville de Tizi Ouzou une image digne d’un chef lieu de wilaya.