Le Midi Libre - Culture - Quand Bab-el-Oued renoue avec le rap
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Edition du 23 Octobre 2010



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Concert de Diam’s Ă  la salle Atlas
Quand Bab-el-Oued renoue avec le rap
23 Octobre 2010

Le concert de la rappeuse française Diam’s, de son vrai nom MĂ©lanie Georgiades, a fait salle comble et a remportĂ© un vif succès jeudi soir Ă  la salle Atlas de Bab-El-Oued. Un public constituĂ© en majoritĂ© d’adolescents 12-15 ans, garçons et filles, a rĂ©pondu prĂ©sent Ă  l’appel.

Toujours est-il que la salle ne pouvant contenir plus que sa capacitĂ©, a relĂ©guĂ© beaucoup de jeunes gens puisque ceux-ci n’ont pu avoir accès au spectacle. Mais au vu de la qualitĂ© du public, on aurait dit que le rap a agi comme une espèce de filtre en ceci qu’il a ramenĂ© que les gens d’une certaine aisance. N’empĂŞche balcon et orchestre Ă©taient pleins Ă  craquer et ont vibrĂ© la soirĂ©e durant aux rythmes saccadĂ©s d’une musique presque mĂ©tallique. Avant mĂŞme que Diam’s fasse son apparition sur la scène, il rĂ©gnait une ambiance Ă©lectrique Ă  tel point que lorsque la star du rap a surgi au milieu d’un fourmillement foisonnant de lumières, les cris et ovations des spectateurs Ă©taient arrivĂ©s Ă  couvrir les dĂ©cibels de l’orchestration. La star du rap telle une fĂ©e est apparue, la tĂŞte doublement voilĂ©e (casquette et Ă©charpe de tissu) le corps enrobĂ© dans un survĂŞtement aux couleurs des verts, estampillĂ© du drapeau national et aux initiales de Big Up. « Le public d’AlgĂ©rie est le public le plus chaud au monde » lance-t-elle. Diam’s sait trouver les mots pour titiller l’Ă©go de son jeune public.
La salle est pratiquement en transe. Il fallait voir les crĂ©pitements des flashs de portables et d’appareils photos numĂ©riques, pour se rendre Ă  l’Ă©vidence que les mĹ“urs ont dĂ©sormais bien changĂ©. La mondialisation est en marche. Les ados savent par cĹ“ur les chansons de leur idole. Ils rĂ©pètent Ă  l’unisson les paroles. Le slogan « One, two, three, viva l’AlgĂ©rie !» revient. On ressent certainement un certain besoin de se rappeler les heures de gloire, de se dire qu’après tout on ne vit pas Ă  la marge du monde. Diam’s reprend ses titres que l’assistance connaĂ®t par cĹ“ur : « Dans ma bulle », « S.O.S »., « Ma France Ă  moi », un Ă©change s’Ă©tablit entre l’artiste et l’assistance, les misères de lĂ -bas sont interprĂ©tĂ©es Ă  l’aune des misères d’ici.
DĂ©cidĂ©ment on se rend compte que la salle Atlas se prĂŞte mal Ă  ce genre de concert qui, Ă  vrai dire, nĂ©cessite de l’espace libre. Imaginez, on danse et on se dĂ©hanche debout sur les sièges, car il n’y a pas de piste. Le peu d’espace qui sĂ©pare la scène du public est investi dĂ©jĂ  par les journalistes, les photographes et les camĂ©ramans de la tĂ©lĂ©vision. SacrĂ©e Diam’s qui a fait oublier une certaine Linda de Susa !

Par : LARBI GRAĂŹNE

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