La prĂ©servation des ressources halieutiques contre une surexploitation des zones maritimes nationales passe, Ă moyen terme, par le dĂ©veloppement de l’aquaculture et de la pĂȘche continentale, a indiquĂ©, lundi, le directeur de la pĂȘche et des ressources halieutiques de la wilaya de Tizi-Ouzou.
"Cette nĂ©cessitĂ© est induite par l’impĂ©ratif du maintien de l’Ă©quilibre entre la satisfaction des besoins en poissons du marchĂ© national et l’exploitation des ressources halieutiques, de maniĂšre Ă ne pas hypothĂ©quer l’avenir du secteur et d’Ă©viter le massacre et l’extinction des espĂšces", a ajoutĂ© M. Djebaili lors d’un point de presse qu’il a donnĂ© en perspective des assises nationales du secteur prĂ©vues les 17 et 18 octobre courant Ă Alger. Explicitant cette recommandation Ă©mise par des organismes internationaux en rapport avec l’activitĂ© de pĂȘche, il a estimĂ© que "pour l’heure, les cĂŽtes nationales ne sont pas exposĂ©es Ă une surexploitation, puisqu’il n’est pris qu’une moyenne annuelle variant entre 160 et 170 mille tonnes de poissons (toutes espĂšces confondues), soit moins du tiers, autorisĂ© rĂ©glementairement Ă la pĂȘche, de la biomasse Ă©valuĂ©e Ă 600 mille tonnes/an". De ce constat, il a dĂ©duit que "contrairement Ă certains pays, tels que la France, l’Espagne ou la Tunisie, qui ont surexploitĂ© leurs ressources halieutiques, au point d’empiĂ©ter sur les zones maritimes de pĂȘche d’autres pays, l’AlgĂ©rie n’a pas encore atteint la limite rĂ©glementaire et dispose d’une marge de manĆuvre inexploitĂ©e variant entre 30 et 40 mille tonnes /an". Toutefois, a-t-il ajoutĂ©, "l’AlgĂ©rien est encore loin d’ĂȘtre un grand consommateur de poisson, puisque demeurant largement en dessous du ratio de la FAO fixĂ© Ă 6,5 kg/habitant/an". Pour se rapprocher de ce seuil, cet organisme international recommande aux pays maritimes de diversifier leurs ressources, en encourageant le dĂ©veloppement de l’aquaculture et de la pĂȘche continentale, est-il indiquĂ©. Pour illustrer l’importance de ce crĂ©neau, le directeur de la pĂȘche de la wilaya de Tizi-Ouzou a fait cas de la ferme aquacole du littoral d’Azeffoun, qui produit 1.200 tonnes de poissons/an, soit l’Ă©quivalent de la quantitĂ© jumelĂ©e prise au niveau des deux ports de pĂȘche d’Azeffoun et de Tigzirt. La wilaya dispose Ă©galement d’un grand potentiel pour le dĂ©veloppement de la pĂȘche continentale, reprĂ©sentĂ© par six barrages, dont celui de Taksebt empoissonnĂ© depuis 2003 et prĂšs de 80 retenues collinaires. S’agissant des perspectives du dĂ©veloppement du secteur, la mĂȘme source a soulignĂ© l’importance dĂ©volue au volet de la formation aussi bien des marins pĂȘcheurs que des armateurs (patrons) afin, a-t-il argumentĂ©, de "les mettre au diapason des nouvelles technologies usitĂ©es notamment en haute mer , telle que l’usage de radars et de sondeurs dans l’exploration des fonds marins, sachant que chez nous la pĂȘche reste confinĂ©e dans la bande maritime comprise entre 0 et 6 miles nautiques". Pour sa part, le prĂ©sident des marins pĂȘcheurs de Tizi-Ouzou a mis l’accent sur la nĂ©cessitĂ© de la prise en compte de l’aspect "alĂ©atoire" de l’activitĂ© de pĂȘche, en revendiquant "un statut adaptĂ© aux spĂ©cificitĂ©s du mĂ©tier, et Ă ses contraintes liĂ©es notamment aux intempĂ©ries et Ă l’interdiction de la pĂȘche de mai Ă aoĂ»t pour permettre la reproduction des espĂšces".