Des citĂ©s achevĂ©es ou abandonnĂ©es sans finitions finissent par devenir le repaire des dĂ©linquants de tout bord, alors que des milliers de familles sont entassĂ©es sous des tentes ou des chalets en ruine en l’absence de logements.
Le problème des habitations inoccupĂ©es, notamment les citĂ©es achevĂ©es un peu partout dans diffĂ©rentes communes algĂ©roises, reste toujours Ă l’ordre du jour dans la capitale. Un phĂ©nomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur engendrant mille et un soucis. Des citĂ©s achevĂ©es ou abandonnĂ©es sans finitions finissent par devenir le repaire des dĂ©linquants de tout bord, alors que des milliers de familles sont entassĂ©es sous des tentes ou des chalets en ruine en l’absence de logements ! Au moment oĂą des centaines de milliers d’habitants vĂ©gètent dans des conditions inhumaines dans des habitations de fortune, des centaines de milliers de logements restent inoccupĂ©s, Ă l’image de la citĂ© de ChĂ©raga ou encore la citĂ© El-Merdja, dans la commune de Baraki, qui abrite 600 logements vides et qui s’est transformĂ©e en refuge pour les dĂ©linquants, ou la citĂ© des 170 logements, dans la commune d’El-Achour, qui, elle aussi, est devnue un autre refuge pour ces dĂ©linquants dont la majoritĂ© est très jeune. HabitĂ© par quelque 40 familles seulement, il y a près de trois ans maintenant, le quartier des 170 logements est loin d’ĂŞtre un endroit paisible et sĂ»r pour ses habitants qui vivent dans la crainte d’ĂŞtre agressĂ©s ou cambriolĂ©s par ces voyous qui ont envahi le reste des logements inoccupĂ©s sans que cela semble inquiĂ©ter les autoritĂ©s concernĂ©es.
Une absence totale de sécurité
Il faut dire que la prostitution et le commerce des stupĂ©fiants, selon certains habitants dudit quartier qui nous ont contactĂ©s, sont devenus monnaie courante dans ce quartier, chose qui n’a fait qu’augmenter les peines et la peur de ses habitants. "Depuis que j’habite ce quartier il y a près de trois ans maintenant, j’ai toujours eu peur de sortir de chez moi et laisser la maison et je n’ai jamais permis Ă mes enfants, surtout mes deux petites filles, de sortir dans le quartier ou aller quelque part toutes seules par crainte d’ĂŞtre agressĂ©es par ces jeunes, en l’absence de sĂ©curitĂ©", nous dira un père de famille avant d’ajouter : "Nous ne cessons de solliciter les forces de l’ordre, gendarmes et policiers pour qu’ils effectuent des brigades en permanence et voir ces intrus qui gâchent notre vie et dĂ©rangent notre quiĂ©tude au quotidien." Il faut signaler que ledit quartier ne dispose toujours pas de toutes les commoditĂ©s de vie, tel le gaz de ville, et aujourd’hui, plusieurs appartements, notamment ceux abandonnĂ©s, connaissent quotidiennement des masses Ă©lectriques et plusieurs fois des câbles ont explosĂ©, ce qui a terrifiĂ© les habitants.
Des logements en attente d’attribution
Il faut rappeler que selon les chiffres avancĂ©s par des organisations nationales, quelque 400 mille habitations sont fermĂ©es dans la seule capitale. Des citĂ©s entières achevĂ©es restent vides, Ă l’instar de la très belle citĂ© situĂ©e dans la commune de ChĂ©raga, rĂ©alisĂ©e grâce Ă un don qatari et qui n’a jamais Ă©tĂ© attribuĂ©e en dĂ©pit de la forte demande en logements. Plusieurs autres citĂ©s achevĂ©es ou sans finitions sont abandonnĂ©es par les responsables locaux, telle la citĂ© El-Merdja, dans la commune de Baraki. Au moment oĂą cette citĂ© demeure "interdite" depuis plus de 20 ans, des milliers d’habitations prĂ©caires poussent comme des champignons dans la localitĂ© et dans toute la capitale. Alors qu’avec seulement quelques menues retouches, cette citĂ© pourrait contribuer Ă tirer des centaines de familles de la misère et de la prĂ©caritĂ©. Les habitants de la commune de Baraki, comme des milliers d’autres dans plusieurs localitĂ©s, affichent leur incomprĂ©hension et colère face Ă cette situation ambiguĂ«. «Notre quartier n’abrite Ă prĂ©sent que des dĂ©linquants», nous dira un sexagĂ©naire.
Le silence des autorités
Notre interlocuteur n’a pas manquĂ© de signaler sa dĂ©ception concernant le silence des autoritĂ©s locales, pourtant sollicitĂ©es Ă maintes reprises pour prendre en charge ce problème, reprendre les travaux du projet fini Ă presque 90% et soulager ainsi les peines des citoyens. Certains habitants ne manqueront pas de mettre l’accent sur la cĂ©lĂ©ritĂ© d’intervention de ces mĂŞmes autoritĂ©s au moment oĂą certains "mal-logĂ©s" ont tentĂ© de squatter ces appartements abandonnĂ©s. Les riverains revendiquent le droit Ă plus de sĂ©curitĂ©, affirmant qu’ils n’osent mĂŞme plus laisser leurs enfants jouer Ă proximitĂ© de cette citĂ©. Nous avons contactĂ© les autoritĂ©s locales de Beraki pour trouver des rĂ©ponses aux prĂ©occupations des citoyens Ă propos de ce projet oubliĂ©, leur rĂ©ponse est celle-ci : «Ce projet fait partie des "failles" des assemblĂ©es prĂ©cĂ©dentes. La commune de Baraki compte rĂ©cupĂ©rer ce projet, mais avant cela, il faut d’abord rĂ©gler sa situation administrative pour bien dĂ©terminer les responsabilitĂ©s et ne pas se heurter Ă d’Ă©ventuels problèmes Ă l’avenir.» Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucune mesure n’a Ă©tĂ© encore prise.
Des cités vandalisées
Il faut noter, par ailleurs, que l’incivisme des citoyens a, de son cĂ´tĂ©, beaucoup participĂ© dans le retardement du projet, puisque des inconscients ont saccagĂ© la plus grande partie du matĂ©riel mis en place avant d’ĂŞtre abandonnĂ© par l’entreprise de rĂ©alisation.
Portes, fenĂŞtres, sanitaires et mĂŞme les câbles Ă©lectriques et les conduites d’eau et de gaz de ville ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s, ce qui obligera les autoritĂ©s locales en cas d’une Ă©ventuelle dĂ©cision de reprise de travaux d’y consacrer un important budget, nous dit-on. Le mĂŞme sort le connaĂ®t la citĂ© dite 850 logements, dans la commune de Bourouba, qui a Ă©tĂ© abandonnĂ©e alors qu’elle Ă©tait dans un stade très avancĂ© des travaux, en fin 2008, pour un Ă©ventuel "dĂ©sengagement de l’entreprise de rĂ©alisation", apprend-on auprès de sources proches des responsables de la commune et qui devient aujourd’hui le berceau de diffĂ©rents flĂ©aux et maux sociaux. Cela sans parler des milliers d’habitations de particuliers fermĂ©es et abandonnĂ©es pendant des annĂ©es.
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