Les mariages ne constituent plus la priorité des jeunes dans la commune de Baraki, où le chômage associé à la cherté de la vie arrive à dissuader les plus téméraires de s’engager dans cette aventure hautement onéreuse. En plus de la dot exigée par les familles et qui se chiffre en centaines de millions il faut de plus trouver un toit car cohabiter dans un domicile familial, où l’espace vital est réduit à la portion congrue condamne à l’echec tout mariage même celui construit sur les bases les plus solides.
De fait le mariage est devenue une entreprise de plus en plus irréalisable. Il ne faut surtout pas croire que ces contraintes touchent uniquement les chômeurs où les personnes à bas revenus, mais le célibat forcé concerne tout autant les universitaires au vue de la précarité des contrats de travail actuels. Le mariage est ainsi devenu, au fil des vicissitudes de la vie, une institution qui attire de moins en moins des candidats. « Pas moins de 40 millions de centimes pour la dot, en plus de toute une panoplie de bijoux atteignant parfois les 100 millions de centimes, ce n’est guères facile de s’engager », avance un médecin toujours célibataire.
Finis, ou presque, les arrangements entre familles proches, c’est le régne de l’argent tous azimuts. Il y a ceux qui optent pour des unions disparates avec des femmes plus âgées, mais ayant leurs propres logements. Cela se fait de moins en moins les femmes ayant fini par ouvrir les yeux et préférant leur situation de femmes célibataires à la présence de machos mettant les pieds sur la table attendant d’être servis. D’autres "draguent" sur la Toile avec l’espoir d’y trouver l’âme sœur, mais surtout qui soit disposée à leur faire établir les papiers vers cet eldorado si lontain et tellement idéalisé.
Par contre, ceux qui contre vents et marées, ont franchi le pas se retrouvent plusieurs années après à payer de lourdes dettes, bien souvent même après leurs divorces, le mariage résistant rarement aux soucis matériels.
A. M.