Les pâtissiers algĂ©rois, après avoir connu un afflux non stop pour l’achat des kalb elouz, ktaĂŻef, besboussa et autres khobz el bey, terminent le mois de Ramadhan en apothĂ©ose -chiffre d’affaires s’entend-.
Les AlgĂ©roises, de plus en plus actives, Ă©prouvent certaines difficultĂ©s Ă faire face aux obligations de leurs foyers, enfants et leurs responsabilitĂ©s professionnelles. Après une dure journĂ©e de labeur elles n’ont pas le temps de se reposer puisque de retoure chez elles d’autres tâches encore plus Ă©puisantes les attendent. Il faut s’occuper des enfants, du linge, prĂ©parer le dĂ®ner. La corvĂ©e de cuisine est particulièrement pĂ©nible en ce mois de Ramadhan oĂą les petits plats sont mis dans les grands. Il y a aussi les gâteaux de l’AĂŻd Ă prĂ©parer, ce qui est loin d’ĂŞtre une sinĂ©cure pour ces mères de famille qui n’ont pas une minute pour elles.
Un créneau juteux investi par les pâtissiers
Les patissiers, flairant le bon filon, sont venus Ă la rescousse proposant des gâteaux traditionnels aux amandes, noix, arachides, pistaches et fleurant bon l’eau de fleurs d’oranger. Aussi bien travailleuses que certaines femmes au foyer sont ravies de cette solution qui leur Ă©pargne beaucoup de fatigue. Il faut prĂ©ciser, toutefois, qu’il y a beaucoup de femmes qui en dĂ©pit de la fatigue, prĂ©fèrent confectionner leurs gâteaux elles-mĂŞmes, cette Ă©tape faisant partie intĂ©grante des traditions du Ramadhan et partant de l’AĂŻd. Mais ces dernières sont minoritaires par rapport Ă celles qui optent pour les gâteaux prĂŞts Ă consommer. « Je n’ai mĂŞme plus le temps de m’occuper convenablement de mes enfants alors de lĂ Ă faire les gâteaux de l’AĂŻd ! », s’exclame une dame qui ne manquera pas d’Ă©voquer avec nostalgie ses souvenirs d’enfance : « je me souviens de ma mère occupĂ©e Ă prĂ©parer les gâteaux de l’AĂŻd. Cette Ă©tape Ă©tait sacrĂ©e pour elle. Elle n’aurait, en aucun cas, laissĂ© cette tâche Ă quelqu’un d’autre. De nos jours malheureusement on n’a pas le temps nĂ©cessaire pour tout gĂ©rer ». Une autre dame, abordĂ©e chez un pâtissier au moment alors qu’elle s’apprĂŞtait Ă passer commande pour les gâteaux de l’AĂŻd, tente de justifier cette dĂ©marche qui se adoptĂ©e avec un vague sentiment de culpabilitĂ© pour certaines femmes : « Je rentre dĂ©jĂ fatiguĂ©e Ă la maison. Le temps de prĂ©parer le f’tour’ et de faire la vaisselle je suis dĂ©jĂ tellement extĂ©nuĂ©e que je ne peut mĂŞme plus tenir debout. Alors pour prĂ©parer les gâteaux c’est carrĂ©ment impensable ». Elle ajoute : « Je n’ai mĂŞme plus de patience pour aaller courir les boutiques et acheter les diffĂ©rents ingrĂ©dients pour la prĂ©paration des gâteaux. Je prĂ©fère payer un peu plus et les avoir sans me casser la tĂŞte ».
Gourmandise quand tu nous tient...
Les pâtissiers, quant Ă eux ,se frottent les mains, après avoir connu un afflux non stop sur les kalb ellouz, ktaief, besboussa et autres khobz el bey, ils terminent le mois de Ramadhan en apothĂ©ose -chiffre d’affaires s’entend-. Un des meilleurs pâtissiers sur la place d’Alger, qui a su prĂ©server intacte la qualitĂ© de ses gâteaux en ne cĂ©dant pas au gain facile, a arrĂŞtĂ© de prendre les commandes dès le 2 aoĂ»t et travaille depuis rideau fermĂ© honorant uniquement les commandes de ses clients. Il nous explique son refus pĂ©remptoire de prendre d’autres commandes: « Mes patissiers travaillent dĂ©jĂ douze heures par jour je ne peux pas en plus exiger d’eux de travailler la nuit. Nous prĂ©fĂ©rons arrĂŞter de prendre les commandes. Tout est fait Ă la main chez moi, et ce n’est pas du tout Ă©vident de prĂ©parer quelque 3 mille tchareks ou encore 5 mille baklaouas. Mes ouvriers ne sont pas des esclaves, il faut qu’ils se reposent et il faut aussi qu’ils prennent le temps, après avoir terminer les commandes de clients, de prĂ©parer les gâteaux pour leurs familles». La position louable de ce pâtissier est nĂ©anmoins exceptionnelle puisque partout ailleurs place plutĂ´t Ă la quantitĂ© qui se fait malheureusement trop souvent au dĂ©triment de la qualitĂ©.
Tcharek, m’chawek,
baklaoua, makrout...
Des quantitĂ©s industrielles de gâteaux sont Ă©coulĂ©es chaque jour Ă des personnes dont les rĂ©actions sont Ă©moussĂ©es par le jeĂ»ne. Beaucoup de mauvaises surprises Ă l’arrivĂ©e, des gâteaux trop cuits ou pas assez, les prĂ©tendues farces aux fruits secs qu’il faut chercher au microscope, mais foin de tout cela, les pâtissier n’ont qu’un seul souci en tĂŞte leur tiroir-caisse. « J’ai des centaines de commandes de soixante pièces pour chaque genre et il y a mĂŞme ceux qui commandent plus de soixante pièces. GĂ©nĂ©ralement chaque famille opte pour trois ou quatre genres », nous avoue un boulanger avec un plaisir non dissimulĂ©. En fait, ce nouveau phĂ©nomène fait le bonheur des deux parties, cela permet aux mères de familles de consacrer leur temps Ă d’autres tâches alors que les pâtissiers rĂ©alisent des chiffres d’affaires records. Bref les gâteaux de l’AĂŻd, en plus d’ĂŞtre bons font beaucoup d’heureux.
H. A.