Apres sa tournée à la ville des Genêts (Tizi Ouzou) L’infatigable, Lounis Ait Menguellat a donné un gala à la sale Atlas à Alger. Toujours fidèle à lui-même et dans toute sérénité, le poète à su combler ses fans l’espace d’une soirée mémorable.
Lorsqu’il fit sa rentrée sur scène, alors que la foule s’impatientait l’a accueilli sous un tonnerre d’applaudissements et de youyous. On pouvait remarquer dans la salle trois générations de téléspectateurs tant que ce géant de la chanson kabyle à su conquérir le cœur des grands et des petits. Il ouvrira alors son gala par la célèbre chanson « aytig hader atseghlid lanlehou mazal telid » Ne t’éclipse pas soleil de si tôt, ta lumière nous éclaire et note chemin est encore long. Puis s’en suivront quelques chansons sentimentales des ces années de jeunesse d’il y a 30 ans. Il chantera, « zerir masal sveregh dhouzal adighav woudmim» puis la chanson dans laquelle il relate sa vie marquée durant trois jours dans un souvenir, dachou eyzligh, dachou michferighe, ce que j’ai vécu, et ce dont je me souviens, ce sont trois jours de mon existence. Une chanson qui vous entraîne dans cette nostalgie d’une jeunesse éphémère qui laisse souvent des regrets. Il introduira par la suite, l’une des chansons de son nouveau album, »ssarh i waman adelhoun » laisse les eaux couler. L’eau, symbole de la pureté. Puis il chantera alors la chanson de tout les temps en hommage à l’équipe de la ville des Genêts « afe jsk ewet afous anrouh » «Dans la défaite ou la victoire tu demeureras notre équipe favorite et nous te soutiendrons. » Elle sera reprise en chœur par le public qui s’est mis à danser. Fidèle à lui-même l’artiste dans toute sa plénitude à su encore une fois et ce d’une manière magistrale égrener son répertoire au grand bonheur d’un large public toujours au rendez vous, et comme nous le dira Saliha une sexagénaire qui est venue accompagné de sa fille, ses deux belles filles et ses 4 petits enfants. «Nous somme venus de Cherchell un peu avant la rupture du jeûne, il n’était pas question de rater notre idole, quitte à rompre le jeûne avec un peu de pain et du fromage. Nous irons jusqu’au bout du monde pour une soirée comme celle-ci. » Que ce soit par ses chansons à textes ou sentimentales, ces fans ont été subjugués. Ce qui subjugue chez l’artiste, c’est la langue dans laquelle il s’exprime, elle est pure, si pure comme de l’eau de roche, et la source, sa langue maternelle dont il trempe sa plume et à la fois riche est intarissable. Les mots qu’il prononce sans fioritures, sont soutenus par une mélodie carrément sublime. Ait Menguellat appartient donc à cette lignée des grands. Sa façon de se tenir sur scène nous fait penser immanquablement à Brassens, ou à Brel. Ces chez ces gens- là, on ressent des émotions, des sensisations par tout un chacun que seul l’artiste doué d’une grande sensibilité sait faire partager. Son fils Djaffer qui l’accompagne dans sa carrière et digne héritier de son géniteur ne manque pas également de talents et a montré de qui il tenait Bon sang ne saurait mentir. Djaffar, passait de la flûte au synthétiseur. Fidèle à lui-même, l’artiste a su une fois encore envôuté son son public toujours au rendez vous. La salle s’est avérée malheureusement trop exigüe pour pouvoir contenir tous ses fans venus des quatrecoins de la ville pour écouter leur idole. Beaucoup n’ont pu le faire et sont repartis frustrés. C’est sans doute une des faiblesses de l’organisation. Pour un spectacle aussi grandiose, il aurait fallu déployer de plus grands moyens.