Vu la baisse d’affluence, les hôtels de la ville ont été pénalisés puisqu’ils n’ont pas, à ce jour, affiché complet contrairement aux saisons précédentes où il fallait aux estivants faire des pieds et des mains pour dénicher une place. D’autres désagréments au niveau de la ville de Tigzirt sont aussi à déplorer comme le sempiternel manque d’eau potable.
Il fait un climat très clément à Tigzirt en milieu d’après midi. On dirait que nous sommes en plein printemps. Par moment, il fait même froid surtout aux abords de la grande plage. Malgré l’absence de chaleur, la plage est plutôt bondée de monde. Certains ont été pris de court car la veille, il avait fait très chaud. A Tizi Ouzou ville, il avait fait 40 degrés à l’ombre lundi passé. Malgré donc qu’il ne s’agisse pas d’un climat favorable à la baignade et aux longues séances de bronzage, les enfants, les adolescents et même certains adultes s’adonnent à la baignade avec une immense joie. «Nous profitons de ces dernières journées car dans une semaine, ce sera le Ramadhan et on ne pourra plus venir ici», nous confie Kaci, venu de la région de Ain El Hammam en compagnie de son épouse et de ses trois enfants. En tout cas, ce climat semble l’arranger puisque lorsqu’il fait très chaud, sa peau sensible ne résiste pas aux rayons, nous confie-t-il. Parmi les présents à la grande plage de Tigzirt, nous remarquons un fort taux constitué d’émigrés qui se ruent annuellement ici pour passer les vacances en familles. On les reconnait facilement à leur accent mais aussi à leur façon de s’habiller dont la différence est frappante avec les jeunes qui viennent des montagnes. Malgré la tenue de la coupe d’Algérie de voile, toujours au niveau de la grande plage, l’ambiance est plutôt morne. Le climat et l’absence d’animation artistique y sont pour beaucoup. Mohammed Azzouz, président de l’office local du tourisme, se désole et reconnait que la ville balnéaire de Tigzirt a connu un net recul en matière d’animation particulièrement depuis cinq années.
Cette faille est due selon lui à l’absence d’une politique dans ce sens de la part des autorités locales. On se demande par exemple pourquoi il a été mis fin à la fête annuelle de Tigzirt qui égayait la ville pendant au moins une dizaine de jours au moment où d’autres fêtes dans d’autres régions de la wilaya ont été carrément érigées en festival comme le festival de la poterie de Maatkas et le festival local du tapis d’Ath Hicham. Mohammed Azzouz nous a aussi confié que vu la baisse d’affluence, les hôtels de la ville ont été pénalisés puisqu’ils n’ont pas, à ce jour, affiché complet contrairement aux saisons précédentes où il fallait aux estivants faire des pieds et des mains pour dénicher une place. D’autres désagréments au niveau de la ville de Tigzirt sont aussi à déplorer comme le sempiternel manque en alimentation en eau potable malgré la réalisation d’une station de dessalement d’eau de mer en 2003.
En dépit de tout, beaucoup d’Algériens, particulièrement les citoyens de la wilaya d’Alger, aiment beaucoup cette coquette ville. Lors de notre visite mardi dernier à l’antique Iomnium, nous avons relevé également la présence en force de l’ immatriculation 16 et l’accent original de l’arabe algérois.
Les efforts fournis pour la réalisation d’une corniche à la lisière de la grande plage et d’un port de plaisance avec un très beau jardin à la place de l’ancienne petite plage méritent d’être signalés. Comme une femme non maquillée mais dotée d’une beauté naturelle, Tigzirt séduit malgré toutes les insuffisances qui ont entravé la saison estivale en cours.