Le Midi Libre - Supplément Automobile - Toyota AlgĂ©rie modifie son cap
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Edition du 3 Aoűt 2010



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Nouredine Hassaime, directeur général de Toyota Algérie
Toyota Algérie modifie son cap
3 Aoűt 2010

Toyota Algérie, qui distribue les marques Toyota, Daihatsu, Subaru et Hino en Algérie, compte revoir sa stratégie commerciale suite aux bouleversements qui ont secoué le marché automobile local causant un recul notable des ventes du groupe notamment dans le segment des VP. La nouvelle vision de son directeur général commence par un repositionnement dans tous les segments en lançant plusieurs nouveautés.

Midi Libre : Quel bilan faites-vous du premier semestre 2010? Comment vont les affaires chez Toyota AlgĂ©rie après l’application des nouvelles dispositions (crĂ©dit documentaire, dĂ©localisation des dĂ©barquements des voitures vers d’autres ports…) ?
M.Hassaime : Les estimations de l’activitĂ© commerciale du premier semestre indiquent un dĂ©clin du marchĂ© automobile d’environ 13 Ă  15% par rapport Ă  la mĂŞme pĂ©riode en 2009. Il s’agit d’un taux très important causĂ© principalement par la suppression du crĂ©dit Ă  la consommation initiĂ©e par la loi de finances complĂ©mentaire (LFC 2009). Il faut savoir que quand on parle d’un recul des ventes de 15%, la situation dans le dĂ©tail est un peu plus inquiĂ©tante notamment quand on Ă©pluche les rĂ©sultats par segment oĂą on trouve que les ventes de vĂ©hicules de tourisme ont chuté  de 20% voir de 40% pour certains autres segments. Par contre, la situation des ventes de vĂ©hicules utilitaires est meilleure que celle des VP, notamment les pick-up oĂą les ventes sont plutĂ´t tirĂ©es vers le haut. Cette situation dĂ©rĂ©glĂ©e ne joue pas en faveur des concessionnaires car nous n’arriveront pas Ă  bien nous organiser pour anticiper les commandes et prĂ©voir les stocks nĂ©cessaires. Toyota AlgĂ©rie subit donc la situation du marchĂ© en gĂ©nĂ©ral et marque un dĂ©clin dans le volume des ventes mais heureusement pour nous, ce dĂ©clin ne concerne pas nos parts de marchĂ© qui n’ont Ă©tĂ© amputĂ©es que de 0.1%, donc nos parts de marchĂ© sont maintenues. Cette situation est le rĂ©sultat d’une perte importante de parts dans le segment des VP compensĂ©e par une nette Ă©volution de parts dans le segment des VUL. Globalement, Toyota AlgĂ©rie ne perd pas beaucoup en parts de marchĂ©, mais se voit bouleversĂ©e dans sa stratĂ©gie de rééquilibrer les ventes de VP par rapport aux ventes de VUL. C’est un premier bilan que je fais aujourd’hui du marchĂ©.

Toyota AlgĂ©rie cherche donc Ă  se repositionner sur le marchĂ© avec les fluctuations du Yen qui pèsent aujourd’hui sur les prix des vĂ©hicules  en AlgĂ©rie. Comment comptez-vous procĂ©der ?
Pour nous, la stratĂ©gie doit tout le temps ĂŞtre revue parce que nous Ă©voluons dans un marchĂ© immature. Nous sommes dans un contexte algĂ©ro-algĂ©rien minĂ© par des paramètres exogènes très versatiles, notamment ces deux dernières annĂ©es, qui ne permettent pas de mener Ă  bien une stratĂ©gie Ă  moyen ou Ă  long termes. La force d’un concessionnaire automobile actuellement en AlgĂ©rie rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă  s’adapter constamment Ă  toutes les situations.Je pense que notre stratĂ©gie dans ces conditions s’articule autour de la nĂ©cessitĂ© de maintenir notre position confortable dans le segment des utilitaires si ce n’est de la renforcer. Le deuxième axe de cette stratĂ©gie concerne le segment des vĂ©hicules touristiques afin de minimiser le dĂ©clin, car c’est dans ce segment que nous souffrons et nous ne sommes pas du tout aidĂ©s par la lettre de crĂ©dit bancaire, le transport des vĂ©hicules Ă  partir des ports, le coĂ»t du transport, les fluctuations du yen et du dollar… Il nous faudra une forte restructuration dans ce segment. D’autre part, il faudra maintenant accĂ©lĂ©rer notre stratĂ©gie par l’introduction de nouveaux modèles pour laisser le temps au client de connaĂ®tre l’Ă©tendue de nos marques mĂŞme si nous ne rĂ©aliseront que de faibles volumes, c’est une façon de retrouver la sĂ©rĂ©nitĂ© au moment oĂą le marchĂ© retrouvera son train normal, lĂ  nous serons mieux lotis que si nous n’avions pas de nouveaux produits. Malheureusement, tout cela ne suffit pas parce que nous dĂ©pendons aussi de nos partenaires japonais, mais Ă©galement d’aspects techniques. Dans cette vision, nous visons des marchĂ©s de niches comme le segment des MPV reprĂ©sentĂ© chez nous par la Corola Verso, le segment de la Toyota Camry, celui des 4X4 par le Toyota Fortuner sans oublier notre volontĂ© d’introduire la petite citadine Aigo. Sur le plan organisationnel interne, il est temps pour nous de redoubler nos efforts pour nous rĂ©organiser, pour former notre personnel.

Petit à petit Toyota Algérie introduit des véhicules dotés de motorisations diesel D-4D. Quels seront les prochains modèles à introduire et est-il facile de convaincre les japonais?
Nous allons d’abord tout faire pour lever les rĂ©serves techniques imposĂ©es sur notre marchĂ© par notre partenaire japonais. Ce qui est sĂ»r c’est que nous introduirons 3 ou 4 modèles d’ici fin 2011, il s’agit du 4x4 Fortuner, de la Corola Verso, de l’Aigo et de la Toyota Venza. Ce sont lĂ  les modèles sur lesquels nous travaillerons et essayerons de lancer en AlgĂ©rie afin de complĂ©ter la gamme. Après, notre prioritĂ© sera l’aspect marketing, le positionnement prix… nous ne voulons pas avoir ce handicap d’ĂŞtre absents sur un segment, c’est la stratĂ©gie primaire d’aujourd’hui de Toyota AlgĂ©rie.

La Toyota Avensis ne décolle toujours pas. Quelles sont, selon vous, les raisons ? 
Effectivement, les ventes de ce modèle ne sont pas au top, mais cela ne nous Ă©tonne pas car son positionnement prix n’est pas avantageux du fait que son aspect qualitĂ© et richesse en options est au meilleur. Il faut savoir que pour nous l’Avensis figure dans un segment fortement europĂ©anisĂ©, dominĂ© par des berlines europĂ©ennes Ă  très forte notoriĂ©tĂ© qui sont la Peugeot 407, la Volkswagen Passat et j’en passe. Nous sommes les touts derniers Ă  proposer un modèle dans un segment très actif depuis une dizaine d’annĂ©es en AlgĂ©rie. Avec l’Avensis, nous sommes partis dès le dĂ©part avec un handicap car son positionnement prix ne nous satisfait pas aujourd’hui, nous sommes en contact permanent avec nos partenaires japonais pour essayer de se repositionner l’Avensis. Notre stratĂ©gie est entrain de se rĂ©ajuster de manière Ă  se positionner dans des segments oĂą nous n’avons pas une forte notoriĂ©tĂ© aujourd’hui mais qu’on atteindra forcĂ©ment dans trois ou quatre annĂ©es si on se positionne dès aujourd’hui avec des modèles phares comme le Toyota Prado par exemple.

Justement quels sont vos objectifs sur ce segment avec l’arrivĂ©e du nouveau Prado ?
Pour cette annĂ©e nous ne pourrons pas faire un grand volume sur ce segment, c’est-Ă -dire une quarantaine d’unitĂ©s pour faute d’allocation par nos partenaires japonais. NĂ©anmoins notre objectif pour l’annĂ©e 2011 est fixĂ© Ă  200 unitĂ©s. Il faut savoir que ce segment est raffinĂ© sans ĂŞtre luxueux, un segment oĂą l’aspect richesse d’options prime et dont le coĂ»t se situe aux environs de 6 millions de dinars.

Hilux rĂ©alise une progression de 8% et confirme son leadership en AlgĂ©rie dans son segment. C’est certes une aubaine pour vous mais ne pensez-vous pas que ça reste une arme Ă  double tranchant en vous appuyant sur un seul modèle pour faire tourner la machine ?
Cette stratĂ©gie a bien fonctionnĂ© lors des exercices 2007 et 2008 avec un Ă©quilibre de nos ventes qui donnait  au segment des vĂ©hicules de tourisme 45% de parts de nos ventes. Malheureusement, les paramètres extĂ©rieurs ne nous ont pas aidĂ©s pour revoir notre stratĂ©gie et nous avons payĂ© les frais de tout cela mais ce n’est pas grave. Il ne faut pas rester sur cette lancĂ©e en faisant du pick-up Hilux le gros de nos ventes et c’est pour cela que nous redirigeons notre stratĂ©gie en alimentant tous les segments du marchĂ© par de nouveaux modèles puis, dans un second temps, asseoir une diversification dans le segment des utilitaires comme on est entrain de le faire avec la diversification sur la marque Hino.Nous essayons donc de diversifier notre business pour ne pas dĂ©pendre du pick-up Hilux. Il est certes le leader incontestĂ© du marchĂ© et il a fait ses preuves car c’est un vĂ©hicule increvable, mais ce n’est pas une raison pour ne se baser que sur lui.

Vous avez introduit rĂ©cemment le Hino 300 Dutro appelĂ© Ă  remplacer le fameux Delta qui a cartonnĂ© en AlgĂ©rie. Pensez-vous qu’il sera un digne successeur et quels sont les premiers rĂ©sultats ?
Toyota AlgĂ©rie a commencĂ© Ă  commercialiser la Daihatsu Delta en 2002 par vendre 20 unitĂ©s par mois, puis la cadence montait jusqu’Ă  atteindre une moyenne de 300 Ă  400 unitĂ©s par mois, il y a mĂŞme un mois oĂą nous avons Ă©coulĂ© 950 camions Delta … un vĂ©ritable exploit ! Nous parlons ici d’un produit qui a dĂ©trĂ´nĂ© tous les autres concurrents mĂŞme avec son prix Ă©levĂ©. J’ai toujours dit qu’il faut laisser un peu de temps au nouveau venu pour bien se faire connaĂ®tre, d’ailleurs il ne sera pas trop difficile aux gens de s’en accommoder car le modèle Hino repose tout simplement sur l’ancien Dyna. La stratĂ©gie du groupe Toyota faisait que Hino produisait des camions badgĂ©s Toyota et le Dyna est en fait le mĂŞme modèle Hino que nous venons de lancer en AlgĂ©rie. Aujourd’hui, nous faisons caravane un peu partout en AlgĂ©rie pour essayer de faire connaĂ®tre aux gens le nouveau produit mĂŞme si nous n’avons pas encore de stock. Nous avons besoin de deux Ă  trois mois pour manager notre stock et les choses devront aller pour le mieux, nous sommes très confiants. Nous n’atteindrons pas certainement la vitesse de croisière du Delta en un an mais au bout de trois Ă  quatre ans, nous arriverons au mĂŞme rĂ©sultat.

Toujours concernant Hino, il semblerait qu’une nouvelle version est en route Ă  savoir le Hino 700 14 m3. Vous pensez le lancer quand ?  
Les nouveaux modèles sont dĂ©jĂ  arrivĂ©s et nous opĂ©rons les dernières retouches afin de les lancer très prochainement. Il y aura le Hino 700 et le modèle FS avec une dĂ©clinaison 14 m3, un modèle qui nous manquait rĂ©ellement sur le marchĂ©. C’est vrai que les prix sont en hausse par rapport Ă  ce qui Ă©tait auparavant avec l’ancienne gamme Hino des annĂ©es 80, mais les professionnels prendront conscience de la qualitĂ© que Toyota AlgĂ©rie leur offre.

Pensez-vous que la reprise de la marque Subaru par Toyota Algérie soit une bonne idée? Quelles étaient les visées de votre entreprise par ce rachat ?
Soyons honnĂŞtes, la marque Subaru fait partie du groupe Toyota, il faut donc lui donner sa vraie valeur sans dĂ©nigrer ce qui a Ă©tĂ© fait auparavant par l’ancien distributeur. C’est une marque de niche, une niche qualitative exceptionnelle. Il n’Ă©tait donc pas normal pour nous que Toyota AlgĂ©rie distribue toutes les marques du groupe (Toyota, Daihatsu, Hino) et pas Subaru. Il Ă©tait pour nous une question d’image pour Toyota AlgĂ©rie et sur ce point, je pense qu’on a bien fait d’intĂ©grer Subaru dans notre giron. Concernant l’opportunitĂ© et le moment choisi pour cette opĂ©ration, c’est pour nous un autre dĂ©bat. Certes on pensait que c’Ă©tait le bon moment parce que le marchĂ© Ă©tait en voie de maturation, mais malheureusement, voyant les derniers Ă©vènements qui ont bousculĂ© le fonctionnement du marchĂ© et de sa cadence de maturation, il y a effectivement droit au dĂ©bat. MalgrĂ© cela, je pense que le dĂ©clin du marchĂ© n’est qu’un passage et tout passage a une fin.Dans un marchĂ© immature, on aura Ă  recrĂ©er l’image de la marque afin d’espĂ©rer une large clientèle dès que les choses se seront tassĂ©es, mais je peux vous dire que sans cela, nous enregistrons des clients qui viennent nous voir et sans commencer Ă  leur parler de la marque ils disent qu’ils connaissent bien le produit. En fait il y a eu une certaine maturitĂ© individuelle des gens qui sont fans de la marque Subaru, chose qui nous a encouragĂ© Ă  lancer la Subaru SDI. L’avenir nous donnera certainement raison et la marque Subaru repartira dans le positif en AlgĂ©rie.

Avez-vous clôturé la vague de rappels qui a touché plusieurs modèles de Toyota ?
L’opĂ©ration de rappel qui a touchĂ© certains modèles Toyota en AlgĂ©rie est Ă  80%. C’est une opĂ©ration qui a participĂ© Ă  tisser une relation très forte avec nos clients qui Ă©taient certes un peu inquiets au dĂ©but de l’opĂ©ration.Nous avons eu un Ă©cho très positif notamment Ă  partir du moment oĂą les clients ont vu comment on a gĂ©rĂ© le problème d’une manière professionnelle ce qui a conduit au renforcement de la relation avec les clients car ils ont vu que leur concessionnaire ne leur a rien cachĂ© au contraire notre communication concernant ce problème s’est faite sur les colonnes de la presse d’une manière transparente et nos clients se sont sentis entre de bonnes mains.Nous avons choisi cette manière de communiquer parce que notre culture est bâtie sur la bonne communication extĂ©rieure. Nous avons des partenaires qui sont des clients d’abord, l’Ă©tat et ensuite la presse et les mĂ©dias d’une manière gĂ©nĂ©rale et tous Ă©taient unanimes Ă  reconnaitre qu’ils ont Ă©tĂ© très bien informĂ©s. Toute cette opĂ©ration apporte Ă  Toyota AlgĂ©rie un plus de maturitĂ© qui nous sera d’un apport Ă  l’avenir avec l’Ă©volution du marchĂ© vers une vraie maturitĂ©.

Parlons du service après vente chez Toyota Algérie; Quelle est votre situation et quel est le taux de satisfaction des clients?  
Sur ce segment du business automobile, nous sommes en constante Ă©volution. Au dĂ©but, les clients cherchent le prix puis avec le temps ils comprennent bien que le plus important et le plus Ă©conomique pour eux est la qualitĂ© du service et de la pièce de rechange.La maintenance automobile chez Toyota AlgĂ©rie est en constante Ă©volution d’annĂ©e en annĂ©e. En 2004, nous Ă©tions les meilleurs de loin parce que nous Ă©tions les premiers Ă  mettre en place un service après vente de haut niveau puis la fulgurante Ă©volution du marchĂ© a fait que nous n’avions pas pu suivre cette cadence ce qui a perturbĂ© le taux de satisfaction de notre clientèle.Aujourd’hui, le marchĂ© accuse un ralentissement ce qui nous a permis de rĂ©ajuster les choses en terme d’organisation. Nous avons beaucoup amĂ©liorĂ© notre ‘’process’’, nous opĂ©rons des Ă©volutions sur site avec des rĂ©alisations d’infrastructures nouvelles et d’Ă©quipements performants Ă  la pointe de la technologie. Actuellement, d’un point de vue commercial, je peux vous dire que c’est le volet qui nous permet de souffler et de maintenir le moral dans le marchĂ© automobile algĂ©rien grâce au service après vente qui fonctionne parfaitement en terme de satisfaction des clients qui sont très bien pris en charge au niveau de nos services en un temps court avec mĂŞme des rĂ©ajustements des horaires de fonctionnement du service après vente chez Toyota AlgĂ©rie qui ouvre dĂ©sormais Ă  partir de 7h30 du matin.Nous cherchons Ă  travers tout cela la satisfaction des clients. Il y a quelques annĂ©es, le souci pour eux Ă©tait la disponibilitĂ© de la pièce de rechange, actuellement ce problème est rĂ©glĂ© et ils sont Ă  l’affut du concessionnaire qui les accueille bien et qui rĂ©pare bien la panne de la voiture en un temps raisonnable. C’est un but que seulement les professionnels pourront atteindre.

Par : Hamid ABBASSEN

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