Des citĂ©s terminĂ©es ou abandonnĂ©es sans finitions finissent par devenir le repaire des dĂ©linquants de tous poils, ceci au moment oĂą des milliers de familles se rĂ©fugient sous des tentes ou des chalets en ruine en l’absence de logement, devenu un vĂ©ritable mirage dans la capitale.
Au moment oĂą des centaines de milliers d’habitants vĂ©gètent dans des conditions inhumaines sous des toits en matĂ©riaux de fortune, des centaines de milliers de logements, eux restent inoccupĂ©s. Selon les chiffres avancĂ©s par des organisations nationales, quelque 400 mille habitations sont fermĂ©es dans la seule capitale. Des citĂ©s entières achevĂ©es restent vides Ă l’instar de la très belle citĂ© situĂ©e dans la commune de ChĂ©raga, rĂ©alisĂ©e grâce Ă un don qatari et qui n’a jamais Ă©tĂ© attribuĂ©e en dĂ©pit de la forte demande sur le logement. Plusieurs autres citĂ©s achevĂ©es ou sans finitions sont abandonnĂ©es par les responsables locaux, telle la citĂ© d’El Merdja dans la commune de Baraki qui abrite 600 logements vides et s’est transformĂ©e en refuge pour les dĂ©linquants. Pendant que cette citĂ© demeure "interdite" pendant plus de 20 ans des milliers d’habitations prĂ©caires poussaient comme des champignons dans la localitĂ© et dans toute la capitale. Alors que grâce uniquement Ă quelques menues retouches cette citĂ© pourrait contribuer Ă tirer des centaines de familles de la misère et de la prĂ©caritĂ©. Les habitants de la commune de Baraki, affichent leur incomprĂ©hension et colèreface Ă cette situation incomprĂ©hensible. «Notre le quartier qui n’abrite Ă prĂ©sent que des dĂ©linquants et nourrit des dizaines de flĂ©aux sociaux qui ne font que faire reculer cette jeunesse qui a besoin d’une meilleure prise en charge au lieu de ravitailler d’avantage ses divers maux», nous dira un sexagĂ©naire. Notre interlocuteurs n’a pas manquĂ© de signaler sa dĂ©ception concernant le silence appliquĂ© par les autoritĂ©s locales, pourtant sollicitĂ© Ă maintes reprises, pour prendre en charge ce problème, reprendre les travaux du projet fini Ă presque 90% et soulager ainsi les peines des citoyens. Certains habitants ne manqueront pas de mettre l’accent sur la cĂ©lĂ©ritĂ© d’intervention de des mĂŞmes autoritĂ©s au moment oĂą certains "mal-logĂ©s" ont tentĂ© de squatter ces appartements abandonnĂ©s. Les riverains revendiquent le droit Ă plus de sĂ©curitĂ©, affirmant qu’ils n’osent mĂŞme plus laisser leurs enfants jouer Ă proximitĂ© de cette citĂ©. Nous avons contactĂ© les autoritĂ©s locales de Beraki pour trouver des rĂ©ponses aux prĂ©occupations des citoyens Ă propos de ce projet oubliĂ©, leur rĂ©ponse est celle-ci «ce projet fait partie des "failles" des assemblĂ©es prĂ©cĂ©dentes. La commune de Baraki compte rĂ©cupĂ©rer ce projet, mais avant cela il faut d’abord rĂ©gler sa situation administrative pour bien dĂ©terminer les responsabilitĂ©s et ne pas se heurter Ă d’Ă©ventuels problèmes Ă l’avenir». Il faut noter par ailleurs que l’incivisme des citoyens a, de son cĂ´tĂ©, beaucoup participĂ© dans le retardement du projet, puisque des inconscients ont saccagĂ© la plus grande partie du matĂ©riel mis en place avant d’ĂŞtre abandonnĂ© par l’entreprise de rĂ©alisation. Portes, fenĂŞtres, sanitaires et mĂŞme les câbles Ă©lectriques et les conduites d’eau et de gaz de ville ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s, ce qui obligera, les autoritĂ©s locales en cas d’une Ă©ventuelle dĂ©cision de reprise de travaux, Ă y consacrer un important budget, nous dit-on.