Le Midi Libre - Midi Alger - Plus d’un demi-siècle dans des taudis de 18m2 sans... WC
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Edition du 16 Juin 2010



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Bab El-Oued, cité la Beaucheraye
Plus d’un demi-siècle dans des taudis de 18m2 sans... WC
16 Juin 2010

Des milliers de familles continuent Ă  vĂ©gĂ©ter, loin des yeux "autorisĂ©s", dans des conditions de vie inhumaines. Malediction ou "mektoub"... une chose reste nanamoins sĂ»re, c’est que leur long calvaire n’est pas terminĂ©.

La vaste opĂ©ration d’Ă©radication de l’habitat prĂ©caire et les campagnes de dĂ©molition menĂ©es un peu partout Ă  travers les communes algĂ©roises, Ă  l’instar d’El-Harrach, RĂ©ghaia, Alger-Centre, El-Biar, Hydra et Ben Aknoun, ne semblent pas, pour l’instant du moins, concerner la wilaya dĂ©lĂ©guĂ©e de Bab El-Oued qui abrite pourtant un nombre allucinant de bâtisses vĂ©tustes et menaçant ruine. Il est Ă  noter, Ă  ce titre, que plusieurs communes de Bab El-Oued, aussi bien au niveau du chef-lieu de wilaya que sur les hauteurs,vĂ©gètent dans des conditions de vie pour le moins lamentables. Le quartier de Zeghara sur les hauteurs de Bologhine abrite Ă  lui seul des centaines de bidonvilles et des habitations prĂ©caires. Les habitants de ce quartier vivent avec la crainte de se voir expulsĂ©s Ă  tout moment, Ă  l’instar de la quarantaine de familles menacĂ©es de voir dĂ©molir leurs abris de fortune. Ces familles ont occupĂ© ce terrain, voilĂ  plus de 17 ans, pour y Ă©riger des toits en matĂ©riau de rĂ©cupĂ©ratione. Les autoritĂ©s locale ont rĂ©agi deux annĂ©es après leur installation, soit en 1995 pour leur promettre une rĂ©gularisation de leur situation administrative en leur attribuant lĂ©galement ces terrains longtemps abandonnĂ©s. Mais rien n’est venu depuis et aujourd’hui ces familles sont menacĂ©es d’expulsion. Cette situation fait qu’elles n’osent pas investir pour amĂ©liorer leurs conditions de vie de crainte de voir arriver une dĂ©cision de dĂ©molition. non loin de lĂ  la commune de Oued Koriche connaĂ®t le mĂŞme sort, des centaines d’habitatations prĂ©caires sont abandonnĂ©esĂ  leur triste sort par les autoritĂ©s locales sous le prĂ©texte que la plupart du bâti dans la commune appartient au secteur privĂ©. De ce fait mĂŞme les opĂ©rations de rĂ©habilitation et de rĂ©fection des immeubles n’est pas Ă  l’ordre du jour. Aucune opĂ©ration de relogement ni de dĂ©molition n’a Ă©tĂ© Ă  ce jour inscrite ne serait-ce que pour La Casbah qui se meurt en silence. Toutes ces familles de cessent de clamer leur colère. Les rĂ©sidants de la citĂ© Indigènes Ă  La Beaucheraye occupent depuis plus d’un demi-siècle un taudis de 18 m2 sans toilettes ni eau courante. «J’ai un volumineux dossier renfermant toutes les dĂ©marches entreprises pour tenter de fuir ce bourbier, mais tous nos efforts se sont rĂ©vĂ©lĂ©s vains», nous dira un sexagĂ©naire . «Est-ce une malĂ©diction ? Je ne sais pas. Toujours est-il que chaque Ă©lu nous promet le paradis pendant sa campagne Ă©lectorale en fustigeant son prĂ©dĂ©cesseur qui n’a rien fait et le cycle recommence cinq ans après Ă  chaque Ă©lection depuis 1962», ajoute-t-il avec dĂ©sespoir. «En signe d’impuissance et de rĂ©signation, nous avons imputĂ© notre mauvais sort au "mektoub" tout en sachant qu’il est dĂ» surtout Ă  notre situation gĂ©ographique, Ă  l’abri des regards notre quartier ne gène personne», dira-t-il encore. Ce citoyen dĂ©senchantĂ©, n’est pas le seul, des milliers sont dans son cas et crise de logement oblige ont squattĂ© des espaces pour bâtir ce qui ressemble vaguement Ă  des foyers. Comment mener Ă  bien le programme de remise en valeur de l’urbanisation de la capitale, si l’on continue Ă  ignorer ces familles. Le rapport des services de la wilaya d’Alger rapportait pourtant que «l’urbanisme Ă  Alger est encore anarchique et reprĂ©sente mal l’image d’une capitale et que les normes de l’urbanisation sont largement violĂ©s». Nous avons tentĂ© d’avoir la version des responsables de la wilaya dĂ©lĂ©guĂ©e de Bab El- Oued, mais cela n’a pas Ă©tĂ© possible puisque l’on nous a affirmĂ© que cette tâche n’entrait pas dans les prĂ©rogatives de la wilaya dĂ©lĂ©guĂ©e, mais plutĂ´t dans celles de la wilaya d’Alger qui a seule le droit de dĂ©cider du relogement des occupants des bidonvilles ou de la dĂ©molition de l’habitat prĂ©caire. En attendant, ces damnĂ©s de la terre apprĂ©hendent de recevoir Ă  tout moment l’avis d’expulsion qui prĂ©cipitera leur descente aux enfers.

Par : Chafika Kahlal

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