«La Chambre algérienne de commerce et d’industrie présente un traitement de surface extrêmement riche. Un art décoratif dont on ressent la sincérité du travail ; les éléments plastiques sont comme un aveu de la nécessité, une saillie heureuse de l’utile (...). La recherche architecturale passe toujours par la forme et la plastique; par delà les dimensions matérielles et utilitaires, les particularités propres à l’art de bâtir sont manifestés dans le processus de conception. (...) L’inspiration semble plurielle : un style néoclassique ponctué d’ornements et de décors empruntés à plusieurs répertoires notamment baroques. (...) Une série de piliers décoratifs à chapiteaux corinthiens encadrant des rangées d’ouvertures ainsi que des balcons (...) L’édifice exprime sa double appartenance à la ville et à la mer. Face à la mer, un ensemble de signes résument les activités promus par le Palais Consulaire : échanges commerciaux (bateaux), agriculture (fruits), marine marchande, tribunal de commerce (balance), médecine (le caducée), artisanat d’une part, les symboles d’une puissance coloniale conquérante : épées, flambeaux, têtes de lions, cariatides, ancre (symbole de stabilité et d’ancrage au pays) d’autre part. (...) Du couronnement de la terrasse émerge un fronton exécuté en haut relief. Au centre une rosace servait jadis d’horloge. Ce fronton a perdu de sa vigueur, après le séisme de mai 2003, ainsi que les deux cariatides latérales. L’une d’elles, menaçant de tomber, a été volontairement détruite sur ordre de l’autorité communale. La deuxième a été déposée à l’arrière du bâtiment, partiellement sauvée grâce à la mobilisation de certains organismes et personnes initiées. L’édifice de forme parallélépipède avait, dans sa conception originelle, une accessibilité double qui permettait une meilleure participation à la vie citadine : la première côté mer, sous les arcades, la deuxième sur la façade postérieure. Le projet d’extension réalisé en 1956, l’a coupé dans son prolongement. L’aménagement intérieur du Palais consulaire d’Alger présentait déjà une décoration de style mauresque.(...) Sur les quatre parois de l’atrium, le rythme vertical est accentué par la différence des hauteurs d’étages d’une part, par les colonnes métalliques (lisses sur toutes leurs longueurs et traitées en fer forgé dans leurs parties inférieures) travaillées dans un axe vertical des plus parfaits d’autre part. Deux types de chapiteaux composites à volutes interrompent l’élancé des colonnes : au premier étage dans un axe parallèle à la galerie, le chapiteau à deux faces indique l’importance de ce niveau qui abrite les salles les plus prestigieuses du Palais consulaire. Au dernier niveau, un deuxième chapiteau à forme désaxée ponctue le décor du plafond.
Structure et matériaux : Les ferronniers ont su associer la rigidité du métal et la douceur des volutes. Les dessins renferment élégance et équilibre, exprimés de façon singulière : claires-voies, impostes, rampes d’escalier, galeries, grilles de fenêtres, balustrades. C’est une véritable ferronnerie d’art.
Le sol : Le sol du hall est revêtu d’une mosaïque de petits tessons de granit et de marbre de couleurs diverses dans des formes géométriques variées (le cercle, le carré, le triangle). La disposition et la répétition des motifs, un véritable travail de précision, montre l’habilité native de l’artisan probablement due à une longue pratique.
Le plafond : La transition entre colonnes métalliques et plafond se fait par des arcs elliptiques de style baroque. Les trois ouvertures de forme circulaire décomposent les rayons du soleil et livrent l’idéal de la couleur.
Au centre, une rosace, initialement frappée du sceau de la République Française " RF ", porte aujourd’hui le symbole de la république Algérienne "RA" par la grâce d’un bâton plaqué sur la lettre "F". Le reste du décor est composé de motifs floraux répétitifs en bandes croisées».
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