Les éditions Colorset, dont la technicité est reconnue dans le domaine de la photographie, plus particulièrement des arts graphiques, s’implique désormais dans celui beaucoup plus hasardeux de l’édition.
C’est donc résolument que cette petite entreprise, mais avec un grand cœur, a adhéré à ce projet qui contribue efficacement à la protection d’un segment important, mais fragilisé, du patrimoine national.
Avec la parution de «Baba Merzoug» de Belkacem Babaci, cette édition signe son identité. L’ouvrage de cet enfant d’Alger féru d’histoire, évoque avec force détails et pour la plupart inédits, une série d’événements ayant accompagné l’histoire de cette fameuse pièce d’artillerie connue par tous sous le nom de Baba Merzoug.
Ce canon légendaire était à son époque l’objet de l’admiration de la population d’El Djazaïr et des différents pachas, deys et raïs célèbres de la marine algérienne qui se sont succédés à la tête de la ville d’Alger à partir du XVIème siècle.
Ce livre donne à lire l’histoire d’une épopée nationale qui habite encore notre mémoire collective. Il faut savoir que Belkacem Babaci a découvert l’existence de Baba Merzoug alors qu’il n’avait que douze ans lorsque son grand-père Baba Omar lui avait raconté l’histoire du Raïs Hamidou, ce fils de La Casbah qui avait réussi à gravir tous les échelons de la marine algérienne durant la régence d’Alger avant d’occuper le poste prestigieux de chef des capitaines corsaires.C’est d’ailleurs en compagnie de Belkacem Babaci et grâce au talent du prestigieux sculpteur Redha Chikh Bled, que Chérif Rahmani avait commandé, alors qu’il était à la tête de la wilaya d’Alger, une belle œuvre au cœur de Bab El Oued, face à la mer, dédiée à la gloire de ce grand capitaine de la marine algérienne.
La reconstitution de l’histoire passionnante de Baba Merzoug, qui occupe une place particulière dans notre imaginaire collectif, ne fut rendue possible qu’au terme de la consultation par l’auteur de ce beau livre d’une quarantaine d’ouvrages dont la lecture devait enfin lui permettre de percer les ressorts intimes de cette légende. Un séjour dans la ville de Brest fut par ailleurs nécessaire à l’auteur afin de consulter les annales de la marine française et le Centre de documentation.
R. C.