Le Midi Libre - Sport - 52 ans de "groupes de la mort"
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Edition du 24 Mai 2010



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Le phénomène est récurrent depuis 1958
52 ans de "groupes de la mort"
24 Mai 2010

Le groupe G du Mondial-2010, avec le BrĂ©sil, la CorĂ©e du Nord, la CĂ´te d’Ivoire et le Portugal, est qualifiĂ© de "groupe de la mort", surnom donnĂ© aux groupes oĂą au moins trois favoris se rencontrent, obligeant l’un d’entre eux Ă  quitter la compĂ©tition dès le premier tour. Le phĂ©nomène est rĂ©current depuis 1958 et le format moderne de l’Ă©preuve.

1958:
BrĂ©sil, sur la route de son 1er titre avec le jeune PelĂ© qui finira meilleur buteur, Russie, avec Yachine "l’AraignĂ©e noire", l’Angleterre de Robson et Charlton ainsi que l’Autriche, 3e en 54, se retrouvent au premier tour et finissent dans cet ordre. A Ă©galitĂ©, Russes et Anglais sont dĂ©partagĂ©s par un match d’appui perdu 0-1 par les seconds.

1962:
Les Auriverde se retrouvent une nouvelle fois en bonne compagnie avec la TchĂ©coslovaquie triomphante de Masopust, qu’ils rejoueront en finale, ainsi que le Mexique de Carbajal, le gardien aux cinq Mondiaux, et l’Espagne de Di Stefano et Puskas qui finit dernière. Petite consolation, la Roja dĂ©croche son 1er titre deux ans plus tard, l’Euro, Ă  domicile.

1966:
L’Espagne, championne d’Europe en titre, est de nouveau mal placĂ©e. MalgrĂ© sa colonne vertĂ©brale madrilène, elle est devancĂ©e par l’Allemagne de Beckenbauer, futur finaliste, et l’Argentine de Pastoriza. Avec zĂ©ro point, la Suisse du futur sĂ©lectionneur Kuhn ferme le bal.

1970:
Pour la dernière de PelĂ© et l’avènement de Jairzinho, le BrĂ©sil est Ă  son apogĂ©e.
Il commence par pulvĂ©riser la TchĂ©coslovaquie du pauvre Viktor qui encaisse quatre buts, puis domine l’Angleterre des champions du monde Moore et des frères Charlton et enfin la Roumanie de Lucescu qui deviendra un entraĂ®neur Ă  succès.
Les deux nations d’Europe de l’Est sont Ă©liminĂ©es.

1974:
Pauvre HaĂŻti qui se retrouve au milieu de la Pologne, de l’Argentine et de l’Italie et encaisse 14 buts en trois matches. Champions olympiques en 72, les Polonais, qui finiront 3e, ont une gĂ©nĂ©ration de rĂŞve avec Lato, Gadocha, Szarmach ou Zmuda et terminent en tĂŞte du groupe avec trois victoires.
Derrière, les Albiceleste du jeune Kempes devancent le verrou italien rehaussé par le talent de Riva et Rivera.

1978:
DĂ©jĂ  ensemble quatre ans avant, Italiens et Argentins se retrouvent. Avec une gĂ©nĂ©ration renouvelĂ©e (Rossi, Tardelli), les Azzurri, futurs 3e, s’offrent le luxe de finir 1er grâce Ă  une victoire Ă  Buenos Aires sur les 2e qui se rattraperont en Ă©tant sacrĂ©s pour la 1re fois grâce Ă  des jeunes Ă  maturitĂ© comme Kempes, meilleur buteur du tournoi, ou Luque. La France du jeune Platini et la Hongrie, double finaliste en 38 et 54, se partagent les miettes.

1982:
L’Union soviĂ©tique et l’Ecosse montent en vain Ă  l’assaut du BrĂ©sil de Tele Santana, emmenĂ© par Zico et Socrates. Chacun peut compter sur une Ă©quipe homogène avec Dassayev, Blokhin ou Romantsev pour les uns, Souness, Strachan, Dalglish, McLeish ou Archibald pour les autres.
Grâce à une meilleure défense, la faucille coupe cependant le chardon. Pour son unique participation, la Nouvelle-Zélande fait de la figuration.

1986:
Nouveau venu, le remarquable Danemark de Laudrup et de l’ex-ballon d’or Simonsen, ainsi que l’Uruguay de Francescoli qui règne sur l’AmĂ©rique du Sud entre 83 et 87, rejoignent l’Allemagne et l’Ecosse qui vieillit mais rĂ©pond toujours prĂ©sent.
La "dynamite danoise" est 1re, grâce à son carton (6-1) sur la Celeste, 3e, et un triplé de Larsen. La Mannschaft passe ric-rac.

1990:
C’est l’Ă©poque de l’Allemagne triomphante, qui sera encore sacrĂ©e avec un Klinsmann dans la force de l’âge (26 ans). En poule, seule la Colombie de Higuita et Valderrama lui rĂ©siste (1-1) mais cela ne lui permet pas de finir devant la talentueuse Yougoslavie de Savicevic et Stojkovic qui dispute son dernier tournoi avec tous les ressortissants de ses diffĂ©rentes provinces. Derniers, les Emirats Arabes Unis n’existent pas.

1994:
Avant de se retrouver en demi-finale, le BrĂ©sil, futur champion du monde avec sa doublette Romario-Bebeto et son patron Dunga, et la Suède de Dahlin, Brolin et Andersson (5 buts) s’Ă©taient neutralisĂ©s en poule (1-1).
Quart de finaliste en 1990, le Cameroun de Bell et Milla faisait figure d’Ă©pouvantail mais sort par la petite porte, humiliĂ© (1-6) pour son dernier match par la Russie de Mostovoi, Karpin et surtout Salenko qui inscrit l’unique quintuplĂ© en phase finale!

1998:
Champion olympique en 96, le Nigeria crĂ©e la surprise d’entrĂ©e en battant (3-2) l’Espagne du jeune Raul mais aux cadres vieillissants.
Pire, l’Espagne est mĂŞme devancĂ©e par le Paraguay de Chilavert Ă  la tĂŞte d’une dĂ©fense de fer.
DĂ©passĂ©s, Stoichkov et Kostadinov ne qualifient pas non plus la Bulgarie qui permet Ă  l’Espagne de sauver l’honneur (6-1).

2002:
Rivaux historiques, Angleterre et Argentine se retrouvent une nouvelle fois mais Beckham et le ballon d’or Owen prennent le dessus sur Batistuta (1-0), se qualifiant Ă  son dĂ©pens.
Avec sa génération montante Ibrahimovic, Larsson et Ljungberg, la Suède finit en tête avant de se fissurer contre le Sénégal en 8e. Malgré ses stars, le Nigeria déçoit et clôt la marche.

2006:
Pour sa 1re au Mondial, la CĂ´te d’Ivoire de Drogba est le nouveau cador africain. L’Argentine et les Pays-Bas la rappellent Ă  l’ordre mais la Serbie, aussi facilement qualifiĂ©e qu’Ă©liminĂ©e ensuite, lui offre son 1er succès.
Leo n’est pas encore Messi mais les Bataves comptent encore plus sur Van Nistelrooy que sur Robben ou Sneijder... et les deux se qualifient main dans la main.
AFP


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