Très satisfait du travail effectuĂ© depuis son Ă©lection Ă la tĂŞte de la FĂ©dĂ©ration algĂ©rienne de sport scolaire, M. Abdelhafid Izem, le prĂ©sident de cette instance fĂ©dĂ©rale, a entamĂ© une course contre la montre pendant cette première pĂ©riode de sa prĂ©sidence afin de remettre les choses sur la bonne voie. Ce qui a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© jusqu’Ă maintenant, c’est grâce, Ă©videmment, aux efforts des uns et des autres. Pour lui, les choses au niveau de cette instance se sont considĂ©rablement amĂ©liorĂ©es par apport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Dans cet entretien, M. Izem revient sur beaucoup de questions, notamment celles relatives Ă la gestion des affaires de la fĂ©dĂ©ration, la formation, les relations entre cette fĂ©dĂ©ration et les autres fĂ©dĂ©rations spĂ©cialisĂ©es, la prĂ©paration des Ă©quipes nationales, toutes disciplines confondues, le bricolage qui se fait dans le sport en gĂ©nĂ©ral et beaucoup d’autres sujets encore.
Midi Libre : Pouvez-vous nous faire un petit flash-back sur votre parcours jusqu‘Ă votre arrivĂ©e Ă la tĂŞte de la fĂ©dĂ©ration ?
M. Izem Abdelhafid : Tout d‘abord, je suis professeur de l‘Ă©ducation physique. J‘ai occupĂ© le poste de directeur technique au niveau de la FĂ©dĂ©ration algĂ©rienne du sport scolaire au dĂ©but de l‘annĂ©e 1993, j‘ai occupĂ© Ă©galement le poste de chef de dĂ©partement sous l‘ère de Mohamed Belhadj, le prĂ©sident sortant. J‘Ă©tais entraĂ®neur national de volley-ball scolaire. Je suis un grand pratiquant de sport, notamment le football, et maintenant je suis responsable de cette instance nationale qui ne m‘est pas Ă©trangère. Je suis issu du système «éducatif». J‘ai fait partie, depuis mon jeune âge, de la sĂ©lection nationale du sport scolaire, ensuite j‘ai optĂ© pour une licence en sport pour satisfaire mon dĂ©sir. Pour ce qui concerne mon Ă©lection Ă la tĂŞte de cette instance fĂ©dĂ©rale, je dirais que je me suis prĂ©sentĂ© en tant que candidat suite au blocage qu‘a vĂ©cu cette fĂ©dĂ©ration auparavant. Sincèrement, je ne m‘attendais pas Ă ce poste de responsabilitĂ©. Mais au fur et Ă mesure, les choses ont fini par rentrer dans l‘ordre. Mon premier objectif Ă©tait d‘installer une stabilitĂ© et de se focaliser par la suite sur le dĂ©veloppement et apporter quelques amĂ©liorations nĂ©cessaires Ă cette structure, tout en appliquant une politique basĂ©e essentiellement sur la massification par la sensibilisation des gens Ă donner plus d‘importance Ă la pratique du sport en milieu scolaire.
Un plan d‘action a Ă©tĂ© mis en place. Que contient exactement ce programme et quel bilan faites-vous après ces premiers mois passĂ©s Ă la tĂŞte de cette instance ?
La FĂ©dĂ©ration algĂ©rienne de sport scolaire contient un programme très intĂ©ressant. Pour ce qui est de notre mission, certes les choses ne vont pas ĂŞtre aussi faciles qu‘on ne le croit. Cette instance fĂ©dĂ©rale, rappelle-t-on, a vĂ©cu, il y a quelques mois, des annĂ©es très «scabreuses». Notre première mission reste, d‘une part, le dĂ©veloppement, notamment la prise en charge de l‘animation sportive dans l‘enseignement primaire et la relance de la pratique fĂ©minine de masse en milieu Ă©ducatif. Et d‘autre part, la FASS cherche Ă revoir la stratĂ©gie de gestion administrative et financière selon le principe de l‘uniformisation nationale. Cette saison, la fĂ©dĂ©ration a optĂ© pour la rĂ©forme du système de compĂ©tition. Cette question a Ă©tĂ© dĂ©battue, notamment, lors du sĂ©minaire tenu dernièrement Ă Djelfa, en prĂ©sence du ministre de la Jeunesse et des Sports, M. El- Hachemi Djiar. Un nouveau système de compĂ©tition a Ă©tĂ© proposĂ© lors de ce rendez-vous national. Les prĂ©sents Ă©taient d‘accord pour la mise en place d‘une fiche de suivi et d‘Ă©valuation du dĂ©roulement des compĂ©titions Ă tous les niveaux. Cette fiche sera mise en place dans les jours Ă venir par les reprĂ©sentants dĂ©lĂ©guĂ©s par la fĂ©dĂ©ration. La question qui Ă©tait plus importante, et que le ministre lui-mĂŞme l‘a soulignĂ©e, c‘est la formation. Ce point concernera les animateurs sportifs, dont les enseignants d‘Ă©ducation physique et sportive (EPS), les entraĂ®neurs, les arbitres et, bien entendu, les gestionnaires des Associations sportives scolaires (ASS) et ceux des ligues. Un programme d‘inspection s‘est Ă©tabli dĂ©jĂ dans l‘ensemble des ligues rĂ©gionales. Notre objectif derrière ces visites Ă©tait de dĂ©battre les diffĂ©rents problèmes qui minent actuellement ces instances, et recueillir par la suite les propositions nĂ©cessaires qui vont faire l‘objet d‘Ă©tude dans un proche avenir. Nous voulons Ă travers ces rĂ©unions rĂ©gionales garantir une rĂ©flexion partant de la base vers le sommet et c‘est notre principal objectif. Notre politique consiste Ă mettre en place une politique de dĂ©veloppement qui permettra d‘atteindre deux millions de licenciĂ©s avant 2012, si les moyens humains et matĂ©riels seront Ă notre disposition Ă©videmment. De toute manière, des propositions ont Ă©tĂ© faites dans ce sens par le ministre de la tutelle. Pour ce qui concerne la pratique fĂ©minine du sport, la fĂ©dĂ©ration prĂ©pare un programme spĂ©cifique pour cette frange de la sociĂ©tĂ©. Une rencontre nationale sera organisĂ©e dans ce sens et regroupera toutes les enseignantes d‘EPS actives ainsi que les enseignantes du primaire afin de crĂ©er des sections fĂ©minines dans leurs Ă©tablissements respectifs. Il y aura aussi l‘organisation de rencontres sportives dans le cadre d‘Ă©changes sportifs inter-ligues.
Dans votre plan d‘action, vous avez citĂ© la prospection, une mission qui, selon vous, consiste Ă faire en quelque sorte le constat des choses. A l‘heure actuelle, qu‘avez-vous rĂ©alisĂ© exactement et quels sont les rĂ©sultats de cette mission ?
Sincèrement beaucoup de choses ont Ă©tĂ© faites durant cette pĂ©riode. Les rĂ©sultats de notre mission sont lĂ . On a entre nos mains les dolĂ©ances de chaque ligue, notamment celles qui n‘arrivent toujours pas Ă s‘en sortir surtout du cĂ´tĂ© organisationnel. On a constatĂ© qu‘il y a un manque flagrant en matière de l‘animation au niveau des Ă©tablissements, notamment dans le primaire. En guise de solution, nous avons procĂ©dĂ© Ă la crĂ©ation de postes budgĂ©taires dans ce sens, d‘un cĂ´tĂ© pour absorber le chĂ´mage et le principal objectif c‘est de rĂ©animer les primaires avec l‘organisation des compĂ©titions entre les Ă©coles et mĂŞme inter-Ă©coles. Mais pour ce faire, chaque Ă©tablissement doit se transformer en association, dont le directeur soit son prĂ©sident. Cela facilitera certainement la tâche de rĂ©animation du sport au niveau de ce palier. L‘autre chose qu‘on a constatĂ© c‘est le manque voire mĂŞme l‘absence de la fille dans la pratique sportive scolaire ; cela est très dangereux. Après ce constat, on a dĂ©cidĂ© d‘organiser un sĂ©minaire dans ce sens. Je pense qu‘il sera très intĂ©ressant pour faire sortir les vraies raisons de cete dĂ©perdition. A partir de lĂ , on va crĂ©er une association nationale sportive fĂ©minine en milieu scolaire qui sera liĂ©e Ă la FĂ©dĂ©ration algĂ©rienne de sport scolaire, en collaboration avec la direction chargĂ©e du sport au niveau du ministère de l‘Education nationale, ainsi que le ministère de la Jeunesse et des Sports. Eventuellement, il y aura la crĂ©ation d‘un dĂ©partement du sport fĂ©minin dans les diffĂ©rentes ligues rĂ©gionales. Au cours de nos visites d‘investigation effectuĂ©es dans huit rĂ©gions, tout en commençant par celle de Annaba en novembre passĂ© jusqu‘Ă celle d‘Alger en janvier 2010, on a constatĂ© le manque de la formation chez les Ă©ducateurs, une question qu‘on a dès lors pris au grand sĂ©rieux, car sans formation, rien ne changera dans le futur. Pour ce qui concerne cette importante question, on a procĂ©dĂ© Ă la formation des enseignants selon le principe de la formation de courte durĂ©e, qui se fera au cours des vacances en collaboration avec les services de formation des deux ministères de l‘Education et celui de la Jeunesse et des Sports. Les procĂ©dures de ce projet ont Ă©tĂ© dĂ©battues lors de la rencontre de Djelfa, notamment avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Hachemi Djiar.
Cela reste des procĂ©dures administratives. Sur le terrain, les choses sont tout autres. En effet, mis Ă part les quelques compĂ©titions qui ont Ă©tĂ© organisĂ©es dans quelques rĂ©gions, on a constatĂ©, notamment ces derniers temps, le manque d‘initiatives voire leur absence dans les Ă©tablissements. Cela est dĂ» Ă quoi selon vous ?
Certes, peu de compĂ©titions ont Ă©tĂ© organisĂ©es durant, notamment, ces derniers temps. Cela est dĂ» au manque d‘organisation au niveau des ligues rĂ©gionales. Donc comme je l‘ai dĂ©jĂ dit, notre premier souci est de rĂ©organiser le travail de ces structures ensuite, il y aura un riche programme de compĂ©tition, notamment les interclasses et les tournois. Certes, on a constatĂ© ce manque, mais cela ne veut en aucun cas dire qu‘aucune compĂ©tition n‘a Ă©tĂ© organisĂ©e auparavant. Le manque d‘infrastructures reste le problème majeur de tous les sports. Les anciennes enceintes sont devenues, au fur et Ă mesure, impraticables. Si elles existent, l‘encadrement n‘est pas totalement assurĂ© au niveau de ces Ă©tablissements scolaires, que ce soit au niveau du primaire ou du moyen, auquel s‘ajoute, aussi, le programme trop chargĂ© du cursus scolaire. MĂŞme la demi-journĂ©e du mardi qui, en rĂ©alitĂ©, doit ĂŞtre consacrĂ©e pour les compĂ©titions et la prĂ©paration des sĂ©lections nationales pour les diffĂ©rents rendez-vous internationaux, a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour d‘autres matières pour plusieurs raisons. Je tiens Ă prĂ©ciser que l‘absence des compĂ©titions se trouve Ă Alger. La Ligue d‘Alger n‘arrive toujours pas Ă trouver une solution dĂ©finitive pour son problème, notamment après sa division en trois ligues rĂ©gionales. Cela s‘est rĂ©percutĂ© par une hibernation, mais une grande partie de ce problème est en voie d‘entrer en ordre, mais il n‘est pas rĂ©glĂ© Ă 100%. Je vous confirme aussi que ce problème a pĂ©nalisĂ© les Ă©lèves dans pas mal de participations.
Vous avez soulignĂ© la collaboration des ministères de l‘Education et de la Jeunesse et des Sports, cela est indispensable certes, mais est-ce que le mĂŞme travail se fait avec les fĂ©dĂ©rations spĂ©cialisĂ©es, et parlez-nous, enfin, des prochaines participations algĂ©riennes au niveau international ?
Beaucoup de conventions ont été signées avec les fédérations spécialisées. Nous sommes en train de travailler ensemble pour dégager un programme spécifique pour le relancement du sport scolaire qui est sans aucun doute le vivier de tous les sports. Ce projet a été entamé dès le début de la saison. Nous avons commencé par un travail de coordination. En ce qui concerne les stages de préparation, le ministre de la Jeunesse et des Sport lui-même convoque les présidents des fédérations afin de les inciter sur la nécessité de travailler en étroite collaboration avec la FASS. Ce travail justement se fait en prévision du Championnat panarabe qui se déroulera au mois de juillet au Liban. Pour ce faire, une commission spécialisée a été créée par le ministère pour cet effet. Cette commission aura comme mission de suivre de plus près le programme de préparation des sélections nationales. Deux stages de préparation sont au programme avant notre départ.