Vingt-quatre ans que l’AlgĂ©rie traversait son dĂ©sert. Une marche interminable, devenue quasiment insoutenable et qui connaĂ®tra, finalement, son dĂ©nouement le 18 novembre 2009 Ă Omdourman au Soudan.
Ce jour lĂ en match d‘appui, dans une ambiance Ă couteaux tirĂ©s, l‘AlgĂ©rie venait Ă bout de son frère ennemi, l‘Egypte (1-0). Une frappe surpuissante de Anthar Yahia propulsa dans les rues d‘Alger, de Paris, Marseille ou MontrĂ©al des millions d‘AlgĂ©riens, ivres de bonheur. Une qualification mĂ©ritĂ©e pour une Ă©quipe qu‘on n‘attendait pas forcĂ©ment au rendez-vous de la première Coupe du monde, organisĂ©e en Afrique. Promis au mieux Ă une Coupe d‘Afrique des nations en Angola, la gĂ©nĂ©ration Ziani a finalement touchĂ© au but après un pĂ©riple africain extĂ©nuant. Il a fallu treize matches et quelques dĂ©gâts collatĂ©raux (bus des joueurs caillassĂ© au Caire) pour y parvenir. Impressionnants contre l‘Egypte, alors double championne d‘Afrique en titre, les Verts ont aussi su vaincre le signe indien en gagnant en Afrique noire contre la Zambie (0-2)... Ils ne s‘Ă©taient plus imposĂ©s Ă l‘extĂ©rieur depuis 2003.
«L‘ancien», mais aussi le «sage»
Cette qualification est bien celle d‘un groupe soudĂ© et celle de l‘homme qui guide ses pas : Rabah Saâdane. Le Cheikh - Ă la fois «l‘ancien», mais aussi «le sage» -, a su se faire respecter et se faire Ă©couter. Il a rĂ©ussi Ă fĂ©dĂ©rer et Ă faire taire les antagonismes entre locaux et Verts d‘Europe. Un exploit dans un pays oĂą l‘instabilitĂ© et les querelles intestines se conjuguent sur le long terme. Une surprise ? Pas vraiment... PrĂ©sent dans le staff de la grande Ă©quipe d‘AlgĂ©rie de 1982, Saâdane sera aux commandes, en 1986 au Mexique, d‘un groupe minĂ© par les tensions et moins performant. MalgrĂ© cet Ă©chec, il sera rappelĂ© sporadiquement comme pompier de service (1999, 2003/2004).
Ă€ chaque fois, son calme et son expĂ©rience feront mouche. Comme lors de cette CAN 2004, oĂą il emmène une AlgĂ©rie inexpĂ©rimentĂ©e vers un quart de finale contre le Maroc (1-3 a.p.). DĂ©bordĂ© par l‘Ă©motion, il fond en larmes, après la rencontre, et promet qu‘avec les Ziani, Mansouri ou Yahia, l‘avenir serait moins sombre. Des joueurs qu‘il retrouve en 2007 et qui forment l‘ossature des Verts en route pour l‘Afrique du Sud. Un groupe qu‘il compte toutefois renforcer.
Et si l‘histoire bĂ©gayait...
DĂ©sormais l‘AlgĂ©rie attire et offre des conditions optimales aux sĂ©lectionnĂ©s. Après les arrivĂ©es de Meghni ou de Yebda, Saâdane a profitĂ© de l‘après-CAN pour venir faire ses emplettes en Europe. Si le casting n‘est pas encore clos, Boudebouz (Sochaux), BellaĂŻd (Boulogne), Kadir (Valenciennes) ou Mesbah (Lecce) semblent, eux, bien partis pour ĂŞtre du voyage. Une bonne nouvelle pour une Ă©quipe sans grande star, mais qui mise sur une gĂ©nĂ©rositĂ© et des qualitĂ©s mentales exceptionnelles, mĂŞme si un excès de nervositĂ© peut venir gâcher le tout.
RĂ©cent tombeur de la CĂ´te d‘Ivoire (3-2 a.p.) lors des quarts de finale de la dernière CAN, l‘AlgĂ©rie devra rééditer ce genre de performance.
Dans un groupe difficile, oĂą l‘Angleterre semble hors d‘atteinte, El Khadra (La Verte en arabe) peut se mĂŞler Ă la lutte pour le second accessit avec les SlovĂ©nie et les USA.
Une qualification en 8es de finale pourrait ressembler Ă un clin d‘oeil de l‘histoire. 28 ans après leur historique victoire contre la RFA (2-1 lors du 1er tour), les Verts pourraient retrouver une Allemagne unie en huitièmes de finale. Il paraĂ®t que l‘histoire bĂ©gaie parfois...
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