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Edition du 27 Mars 2010



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SETIF, Pain rassis récupéré
Un nouveau mode d’alimentation de bĂ©tail
27 Mars 2010

Des quantitĂ©s inestimables de pain gisent souvent dans les bacs Ă  ordures ou Ă  mĂŞme le sol, mais avec le temps, et au vu de l’importance du volume, la rĂ©cupĂ©ration s’est rĂ©vĂ©lĂ©e un crĂ©neau porteur pour les plus avertis.

Avec le manque de pâturages Ă  SĂ©tif, surtout en pĂ©riode de sĂ©cheresse, les fermiers adoptent, depuis quelque temps, un nouveau mode d’alimentation de leur cheptel ovin et bovin, Ă  savoir le recours au pain rĂ©cupĂ©rĂ© de la ville. Si l’on prend en compte le facteur du gaspillage de cette matière nutritive rejetĂ©e chaque jour des foyers, cela fait apparaĂ®tre un constat alarmant de quantitĂ©s inestimables de pain balancĂ©es quotidiennement des citĂ©s d’habitation. Elles gisent souvent dans les bacs Ă  ordures ou Ă  mĂŞme le sol, mais avec le temps, et au vu de l’importance du volume, la rĂ©cupĂ©ration s’est rĂ©vĂ©lĂ©e un crĂ©neau porteur pour les plus avertis. En effet, le seul sac de pain est revendu aux fermiers Ă  80 DA, ce qui constitue un revenu considĂ©rable pour certaines personnes qui parviennent Ă  rĂ©unir près de 40 unitĂ©s par semaine. Outre cela, certains boulangers qui accumulent les invendus cèdent le sac Ă  raison de 45 DA, selon nos tĂ©moignages. Un boulanger de SĂ©tif dira que près de 40 sacs sont rĂ©unis par quinzaine. En somme, ce qui devient un crĂ©neau porteur pour ceux qui procèdent au ramassage.
Il s’agit aussi d’une aubaine pour les Ă©leveurs en pĂ©riode de disette, oĂą les pâturages se font de plus en plus rares, ce qui les oblige Ă  faire recours Ă  d’autres modes d’alimentation des bĂŞtes au niveau des Ă©tables. Nos tĂ©moignages font ressortir que le quintal du produit concentrĂ© fait de maĂŻs et de soja revient Ă  3.500 DA, l’orge Ă  2 mille DA, le son Ă  1.600 DA, les dĂ©chets de blĂ© Ă  1.800 DA, alors que la botte de foin est cĂ©dĂ©e Ă  160 DA l’unitĂ©, alors que celle de fourrage Ă  300 DA. Des chiffres qui effrayent de plus en plus les Ă©leveurs et dĂ©stabilisent Ă  plus d’un titre leur comptabilitĂ© si l’on se rĂ©fère Ă  leurs dĂ©clarations. Tout le monde s’accorde Ă  brandir l’argument de la rentabilitĂ© quitte Ă  brader les qualitĂ©s de viande et de lait. En effet, les spĂ©cialistes reconnaissent que les vaches et les moutons nourris Ă  base de pain rĂ©cupĂ©rĂ© ne produisent pas la qualitĂ© reconnue. «Le lait ne prĂ©sente plus sa norme de concentration en terme de matière première, et la viande perd de son goĂ»t et de ses qualitĂ©s vitaminiques», expliquent les Ă©leveurs.
Autant dire que les prix des aliments de bĂ©tail sont jugĂ©s excessivement chers, et en dehors de la pĂ©riode printanière oĂą les pâturages sont assez fournis, les Ă©leveurs ont recours Ă  un procĂ©dĂ© certes dĂ©sapprouvĂ© par les professionnels mais devenu assez rĂ©pandu du fait de la disponibilitĂ© du pain rĂ©cupĂ©rĂ© en quantitĂ© considĂ©rable. Cependant, les tĂ©moignages Ă  ce sujet se font de plus en plus rares, et les langues ne se dĂ©lient pas aisĂ©ment lorsqu’il s’agit de soulever le problème du nouveau mode d’alimentation des bestiaux. En fait, le constat est clair : le sujet de l’usage du pain rĂ©cupĂ©rĂ© est un sujet tabou au sein de la population des fermiers, car chacun d’eux hĂ©site Ă  reconnaĂ®tre son implication dans ce mode d’alimentation de bĂ©tail. A. B.

Par : Abdelhalim Benyelles

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