Plus de 540 logements sociaux-locatifs dans la wilaya de Boumerdès sont en attente d’attribution. La plupart ont Ă©tĂ© achevĂ©s depuis des annĂ©es et ne sont toujours pas attribuĂ©s aux familles qui sont dans le besoin, notamment les sinistrĂ©s du sĂ©isme de 2003.
Ces logements censĂ©s amĂ©liorer, un tant soit peu, le cadre de vie des citoyens deviennent, par la force des choses, une source d’angoisse pour des centaines de postulants. «Depuis pratiquement 2003, la wilaya de Boumerdès continue Ă connaĂ®tre un boom dans l’immobilier, et on voit ça et lĂ des bâtisses qui poussent comme des champignons», nous dira un postulant dans la commune de Boumerdès. Et d’ajouter : «Mais cela n’a pas rĂ©solu la crise du logement et des familles entières continuent Ă espĂ©rer un jour bĂ©nĂ©ficier d’un toit.» Un petit tour Ă travers les localitĂ©s de la wilaya nous renseignera de cette situation qui n’a que trop durĂ©. Cela n’a pas Ă©tĂ© sans consĂ©quences sur le cadre de vie des citoyens, car Ă force d’attendre, plusieurs citoyens ont squattĂ© ces logements et ils ne les ont quittĂ©s qu’après l’intervention de la force publique. Mais d’autres logements demeurent Ă nos jours occupĂ©s d’une manière illĂ©gale. En effet, dans la commune de Legata, plus de 70 logements rĂ©alisĂ©s ne sont toujours pas distribuĂ©s, dont 40 logements sont construits Ă proximitĂ© d’un site des chalets Ă Koudiet Lâarayes. Ceux qui habitent ces chalets depuis presque sept ans ne savent plus Ă quel saint se vouer. «J’ai postulĂ© pour un logement depuis près de trois ans et je n’ai reçus aucune suite», nous dira un habitant de ce site. «Et nous n’avons droit qu’Ă des promesses», tempĂŞte un autre habitant. Concernant le retard accumulĂ© dans la livraison de ces logements, un enseignant de la rĂ©gion impute ce retard aux commissions de daĂŻra qui sont censĂ©es d’Ă©tudier et d’attribuer ces bâtisses aux Ă©ventuels bĂ©nĂ©ficiaires. Ces logements sont rĂ©partis Ă travers les communes comme suit : Ă Souk El-Had, 50 logements sont achevĂ©s depuis trois ans et ne sont toujours pas distribuĂ©s en dĂ©pit de la liste des bĂ©nĂ©ficiaires qui a Ă©tĂ© rendue publique par la commission de daĂŻra. Un animateur du mouvement associatif nous dira : «Les travaux de voiries et rĂ©seaux divers ne sont toujours pas achevĂ©s et c’est la seule raison qui justifie la non-livraison de ces logements.» Devant cette situation, des citoyens avaient squattĂ©, en 2007, ces logements et ont Ă©tĂ© dĂ©logĂ©s par la suite par les forces de l’ordre. Ce retard n’a engendrĂ© que dĂ©sagrĂ©ments et colères parmi les citoyens qui ont manifestĂ© leurs indignations Ă plusieurs reprises. Dans la commune de Si Mustapha, l’on enregistre 17 logements en attente d’attribution au moment ou le phĂ©nomène de squat des logements prend de l’ampleur. L’on compte, dans cette localitĂ©, une centaine de logements squattĂ©s. Dans la commune de Khemis El-Khechna, Ă l’ouest de Boumerdès, 31 logements ont Ă©tĂ© achevĂ©s et ne sont toujours pas attribuĂ©s aux Ă©ventuels bĂ©nĂ©ficiaires. Dans la commune de Cap Djenet, une station balnĂ©aire situĂ©e dans l’est de Boumerdès, l’on compte 12 logements inoccupĂ©s. Un programme jugĂ© insuffisant vu le nombre de demandeurs qui ne fait que d’augmenter. Par consĂ©quence, le cadre de vie des citoyens se dĂ©grade et le tissu urbanistique se dĂ©tĂ©riore de plus en plus. En effet, le phĂ©nomène de l’habitat prĂ©caire et illicite ne cesse depuis de prendre des proportions alarmantes. Les services de l’urbanisme avaient recensĂ© neuf sites de constructions illicites et d’habitations prĂ©caires. Et pour venir Ă bout de ce phĂ©nomène, l’APC a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un quota de 300 logements dans le cadre de la rĂ©sorption de l’habitat prĂ©caire (RHP). En dĂ©pit de la rĂ©alisation de 139 logements, une localitĂ© aussi importante que Bordj MĂ©naĂŻel souffre depuis des annĂ©es de crise de logement. A Hammadi, l’on a enregistrĂ© 34 logements achevĂ©s, Ă Boudouaou, 17 logements, Ă BĂ©ni Amrane, 39 logements, Ă Chabet El-Ameur, 40 logements et Ă Lâazib, 20 logements.
T. O.