Le colloque international sur l’Imzad de Tamanrasset s’est achevé, hier, par l’organisation, entre autres, de l’élection de « Messas n’imzad», expression qu’il ne faut pas confondre avec «miss de l’imzad» puisqu’elle signifie en langue targuie «La détentrice de l’imzad».
Pour autant, le concours qui a permis de sélectionner la meilleure joueuse de l’instrument de musique ancestral a pris en compte, outre la maîtrise de l’art de jouer, le critère de « la beauté authentique targuie ». Institué pour encourager les jeunes filles à jouer de l’imzad, le concours « Messas n’Imzad » s’adresse à toutes les joueuses d’imzad âgées de moins de 25 ans. L’élue de l’année devait du reste recevoir un prix qualifié d’ « assez conséquent ». Deux autres concours ont figuré au menu de ce colloque : il s’agit du concours du plus beau chameau et de la plus belle tente. Les prix y afférents ont été aussi décernés hier. Le concours de la tente dénommée localement « Ihan Ed’kayatenid » qui signifie « la plus belle tente avec ses atours », s’il revivifie le mythe de Tin Hinan (étymologiquement celle de la tente), a été organisé autour de l’enceinte de Dar Imzad qui, à l’occasion, a reçu le déploiement de tentes de forme et de fabrication différentes suivant les spécificités de chaque tribu. Le prix du chameau « Amisse Ihousine youhakahal» (Le plus beau chameau du jour) a récompensé les trois meilleurs guerriers du Hoggar. La journée a été égayée par la danse de l’épée et le Tindé, chant de femmes sur un roulement de tambour, et l’Isswat, danse des hommes sur des chants de femmes.
Parallèlement à l’élection de la plus belle jeune joueuse d’Imzad et à l’organisation des différents concours, les débats scientifiques se sont poursuivis au niveau de l’Université Hadj Moussa Akhamok de Tamanrasset. Pierre Augier, professeur en ethnomusicologie a traité du thème de « l’imzad à l’épreuve de la modernité ». Cyril Isnart de l’Universida de Evora (Portugal) a abordé la question des « Usages ordinaires du patrimoine culturel ». Quant à Maya Saïdani du CNRPAH (Algérie), elle a présenté une communication sous le titre « Stratégie pour une préservation du patrimoine musical traditionnel algérien et approche pédagogique de son enseignement»
Toutes les œuvres remises à Dar El Imzad ont été confiées au président de l’APC de Tamanrasset qui s’est engagé à les mettre dans une exposition permanente dans le hall de la mairie.
L. G.