Un reportage de l’APS met au jour les dessous d’un marché plus que florissant dans la capitale, en l’occurence celui de la contrefaçon. Si les produits de la contrefaçon se retrouvent sur pratiquement tous les étals informels et souvent même dans les boutiques avec pignon sur rue, il n’en demeure pas moins, selon ce reportage, que le marché d’El-Harrach remporte, sans conteste, la palme en la matière. En effet le marché d’El-Harrach accueille quotidiennement des milliers de visiteurs qui y viennent à la recherche de l’inévitable bonne affaire. Selon le reportage de l’APS, les nouveaux maillots de l’équipe nationale, frappés du logo du nouvel équipementier allemand sont déjà cédés sur ce marché à... 500 DA, alors que leur prix réel devrait être pour pas moins de 4.900 DA. Sur les étals du marché d’El-Harrach l’habillement n’est pas le seul produit proposé à la convoitise des milliers de visiteurs puisque l’on peut y retrouver, cite l’APS : "Des voitures, cosmétiques, pièces détachées, brocante, friperies, électroménager, vaisselle, articles de cuisine, produits de grandes marques commerciales mondialement connues de l’habillement, l’horlogerie, l’électronique grand public, les prestigieuses maisons de lingerie féminine, d’articles ménagers et d’équipements sportifs..." Ces articles sont proposés sur des étals de fortune ou à même le sol et sont cédés à des prix défiant toute concurrence.
Les rebouteux et les guérisseurs ont également leurs espaces sur ce marché et font la réclame de toutes sortes de préparations -made in Extrême-Orient - censées répondre à tous les petits maux du quotidien. L’Union générale des commerçants algériens et les services de la repression des fraudes ont engagé une lutte sans merci contre ce phénomène. Mais ce dernier ne s’atténue pas et prend, bien au contraire, de plus en plus d’ampleur. Cette situation ne manque pas de plomber de façon dramatique le commerce "régulier" et par ricochet cause des préjudices incommensurables aux marques contrefaites sans vergogne et en toute impunité. Régulièrement d’importantes saisies sont effectuées, mais en parallèle, mystérieusement des quantités astronomiques attérissent sur les étals de la capitale, ce qui laisse présager que la contrefaçon a encore de beaux jours devant elle. En fait tant que les clients ne seront pas trop regardants sur la provenance ou même la qualité , leur unique souci demeurant les prix plus qu’abordables, ce phénomène ne risque pas d’être éradiqué facilement et l’on continuera à pouvoir s’offrir, à des prix ridicules, des articles "griffés" proposés sur des morceaux de carton ou de vieilles planches pourries.
R. A.