Le Midi Libre - Magazine - L’olivier connu pour donner une bonne rĂ©colte une annĂ©e sur deux
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Edition du 6 Janvier 2010



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Fabrication de l’huile d’olive
L’olivier connu pour donner une bonne rĂ©colte une annĂ©e sur deux
6 Janvier 2010

La fabrication de l’huile d’olive commence dès la cueillette des olives mĂ»res (noires) qui se fait pendant les mois d’octobre et fĂ©vrier, voire mars de chaque annĂ©e. L’olivier est connu Ă©galement pour donner une bonne rĂ©colte une annĂ©e sur deux. Le rendement gĂ©nĂ©ralement admis est de 17 Ă  25 litres par quintal d’olives. Les procĂ©dĂ©s modernes font miroiter des rendements de plus de 30 litres par quintal. Enfin, pour obtenir un litre d’huile d’olive, il faut 4 Ă  5 kilogrammes d’olives.

Les diffĂ©rnets procĂ©dĂ©s d’extraction :
La méthode la plus ancienne :
En usage encore dans certaines rĂ©gions d’AlgĂ©rie, elle consiste Ă  creuser une mare amĂ©nagĂ©e oĂą l’on entasse une certaine quantitĂ© d’olives, mĂ©langĂ©es d’eau. Le mĂ©lange est foulĂ© avec les pieds, la pulpe se sĂ©pare des noyaux et l’huile surnage Ă  l’eau de la mare. Apres dĂ©cantation, l’huile surnageant est recueillie naturellement, l’eau, quant Ă  elle, est jetĂ©e.

La méthode introduite par les Romains :
Cela nĂ©cessite un broyeur et un pressoir. Le broyeur comporte un pĂ©trin maçonnĂ©, muni d’un axe en bois en son centre autour duquel tourne une meule dressĂ© sur champ et comportant une barre de brancard, permettant un mouvement circulaire de la meule (le mouvement est obtenu par la force des bras, ou tractĂ© par une bĂŞte de somme).
Les olives sont dĂ©versĂ©es dans le pĂ©trin et l’action de la meule permet une trituration pour obtenir une «pâte» composĂ©e de pulpe d’olives sĂ©parĂ©es de leurs noyaux (qui demeurent entiers en majoritĂ©, en raison du plan inclinĂ© de la meule par rapport Ă  l’axe du pĂ©trin).
La pâte d’olives Ă©crasĂ©es ainsi que les noyaux garnissent les scourtins en jute, en alpha ou en disse et l’empilement de plusieurs scourtins permet de passer Ă  la phase finale dans le pressoir.
Les scourtins s’apparentent Ă  des pneus d’automobiles permettant de les garnir par la fente interne et leur texture permet, par pression, Ă  l’huile de s’Ă©chapper.

Le pressoir :
Fait la plupart du temps en bois, il comporte deux piliers verticaux, solidement fixés au sol.
Entre les deux et au niveau du sol se trouve un bassin circulaire, maçonnĂ© ou taillĂ© Ă  mĂŞme la roche, permettant de recueillir l’huile s’Ă©coulant de l’appareillage situĂ© plus haut.
Cet appareillage comporte une poutre coulissante le long des deux piliers verticaux.
Cette poutre est munie en son centre d’une vis taillĂ©e dans le bois, le traversant et dont le mouvement vertical permet de pousser une autre pièce de bois, Ă©paisse et horizontale qui pressera l’empilement des scourtins garnis d’olives Ă©crasĂ©es.
Cette pièce fera Ă©tau avec l’autre pièce de bois servant de base Ă  l’empilement des scourtins.
L’eau se rĂ©trĂ©cit, au fur et Ă  mesure des tours de vis obtenus, grâce Ă  l’application d’un couple de force sur la vis formant mĂ©canisme avec la pièce de bois horizontale.
Le couple de force est exercĂ© par le travail d’une ou deux personnes agissant avec un levier appliquĂ© aux encoches prĂ©vues Ă  cet effet, Ă  la tĂŞte infĂ©rieure de la vis.
Avant mĂŞme d’actionner le couple de force, les scourtins gorgĂ©s d’huile laissent s’Ă©couler naturellement la première huile : «huile d’olive vierge».
La pression exercĂ©e, plus ou moins forte, permet l’extraction de l’huile qui est recueillie dans le bassin prĂ©vu Ă  cet effet.
Pour augmenter le rendement, on a recours Ă  l’addition d’eau chaude, versĂ©e sur les scourtins en fin d’opĂ©ration.
Le mélange eau plus huile, recueilli dans le même bassin, est dirigé vers des bassins secondaires de décantation.
LĂ , avec le temps, le mĂ©lange, eau plus huile, se dĂ©cante, l’huile est recueillie par l’ouverture des bassins, l’eau, quant Ă  elle, est Ă©vacuĂ©e par des ouvertures au fond des bassins.
Ce procĂ©dĂ© permet d’obtenir :
- De l’huile d’olive vierge ;
- De l’huile d’olive de première pression ;
- De l’huile d’olive de deuxième pression (rĂ©sultant de la dĂ©cantation eau-huile).
Les scourtins, quant Ă  eux, livrent, enfin, du cycle, les tourteaux (par rĂ©sidus la pulpe d’olive et des noyaux ou grignons, "Ameghrouche", en kabyle), sont rĂ©cupĂ©rĂ©s auprès des huileries pour ĂŞtre utilisĂ©s comme moyen de chauffage.
- Un dernier traitement des noyaux rĂ©duits en pâte donne une huile de qualitĂ© mĂ©diocre, l’huile de grignons servant surtout dans la fabrication de savon dit de Marseille. La dĂ©cantation de l’huile, s’opĂ©rant par simple gravite, laisse en fin de traitement un mĂ©lange de pulpe d’olives, d’huile et d’eau appelĂ© la margarine.
L’extraction, ainsi dĂ©crite, remonte Ă  l’Ă©poque romaine et certaines unitĂ©s fonctionnent ainsi jusqu’Ă  nos jours.
Il fut un temps où chaque famille possédait son propre pressoir.
Le mode opĂ©ratoire et le faible rendement de l’huile, par rapport Ă  la quantitĂ© d’olives nĂ©cessaires, ont relĂ©guĂ© ces pressoirs antiques au rang de curiositĂ© rĂ©gionale et touristique.

Les procédéés modernes :
Le moteur Ă  explosion et le diesel ont permis la mĂ©canisation de l’industrie de l’huile d’olive.
- La trituration est obtenue par l’action de broyeurs puissants :
- Le pressoir actionne par des presses hydrauliques :
- La mĂ©canisation procède, Ă©galement, Ă  l’obtention d’une pâte plus homogène Ă©crasant l’ensemble, pulpe et noyaux, participant Ă  un meilleur rendement d’huile sous l’effet de la pression mĂ©canique exercĂ©e.

Résultat :
- Meilleurs rendements ;
- Réduction des effets ;
- Gain de temps :
- Capacité de trituration augmentée sensiblement.
Les huileries les plus modernes font appel Ă  des techniques de l’industrie chimique (addition d’eau et de sel, chauffage des mĂ©langes, filtration et raffinage), permettant la sĂ©paration des diffĂ©rents composants de l’huile d’olive qui est un mĂ©lange naturel de plusieurs variĂ©tĂ©s d’acides gras tel que l’olĂ©ine.
Ces procĂ©dĂ©s modernes permettent aussi de luter contre l’aciditĂ© de l’huile qui s’oxyde facilement Ă  l’air libre, surtout si la rĂ©colte d’olives est stockĂ©e longtemps avant d’ĂŞtre triturĂ©e.
O.A.A

Par : Ourida Ait Ali

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