La 2e édition du Festival culturel national de la chanson amazighe a créé l’événement dans la capitale du Hoggar, dans l’extrême sud de l’Algérie. Mais le festival de six jours, s’il a drainé du monde, ne s’en achève pas moins aujourd’hui. Quant au festival d’Ahellil dont les péripéties se déroulent à Timimoun, ville située un peu plus au nord, il s’achèvera, lui, demain.
A Tamanrasset, en marge des spectacles, on a décortiqué la musique amazighe sous le rapport «de la réalité et de ses perspectives». L’APS a rapporté les propos du professeur de musique Bouzid Ammour qui, au cours d’une conférence de presse, a soutenu que malgré les différentes invasions qu’avait connues l’Afrique du Nord, celles-ci ne sont jamais parvenues à modifier le fond musical berbère. Le chant «Soubeïba», à caractère collectif, déclamé de nos jours à Djanet, remonterait à 13 siècles avant l’ère chrétienne. Pour autant aujourd’hui on s’en sert pour célébrer la fête musulmane de l’Achoura. Preuve s’il en est que les traditions païennes n’ont jamais disparu à l’image de Yennayer, le nouvel an amazigh, qui continue d’être célébré dans les quatre coins du pays. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, selon le spécialiste, sur le plan musical, les Romains, les Vandales ou les Byzantins n’y ont ramené aucun apport. Toujours est-il que la chanson dans les temps modernes a joué un rôle décisif dans la revendication de la culture amazighe, c’est ce qu’a mis en exergue l’anthropologue, Mme Farida Aït Faroukh, qui a traité de la chanson kabyle. Et de citer «A Vava Inouva» d’Idir, un texte tiré d’un conte du terroir. La promotion de l’amazighité, notamment dans son volet comprenant la musique et la chanson, s’accorde-t-on à dire, ne peut se passer des moyens audio-visuels. La même problématique, cette fois-ci intéressant l’Ahellil, a été abordée mardi à Timimoun. Il a été question du patrimoine immatériel oral. L’Ahellil, chant religieux d’essence mystique d’après le chercheur Benzeyd Mohamed Salem, découle de six écoles dédiées à ce genre artistique, implantées dans la wilaya d’Adrar, à savoir Charouine, Timimoun, Kali, Ouled Said, Ougrout, et Talmine. L’UNESCO a classé ce genre musical qui évoque la vie socio-économique du Gourara comme patrimoine oral universel. Des tableaux d’arts plastiques faisant la part belle à la vie de cette région du pays ont été exposés en marge des spectacles qui, il faut le dire, ont drainé, comme à Tam, beaucoup de monde.