Après le Ramadhan, caractĂ©risĂ© par ses menus exorbitants, l’Aid-El-Fitr avec son cortège de frais, la rentrĂ©e scolaire qui met Ă genoux les parents, voilĂ l’ Aid-El-Adha qui pointe Ă l’horizon!
La mercuriale est en folie au grand dam de la mĂ©nagère qui se dĂ©mène pour faire bouillir la marmite de la maisonnĂ©e en achetant le strict minimum. Les viandes rouges ne sont plus Ă la portĂ©e des familles de condition moyenne puisque le veau et l’agneau caracolent respectivement Ă 740 et 800 dinars le kg et le poulet est logĂ© Ă la mĂŞme enseigne car il est cĂ©dĂ© Ă raison de 350 dinars le kg.
Ces tarifs ne prĂ©sagent rien de bon car d’aucuns affirment que le mouton de l’ Aid est devenu inabordable pour des raisons multiples d’ailleurs peu convaincantes. Ceux qui ont explorĂ© les marchĂ©s soutiennent qu’un mouton moyen se nĂ©gocie entre 20.000 et 25.000 dinars et les beaux bĂ©liers Ă partir de 30.000 dinars. Les brebis dont la viande est de moindre qualitĂ© n’Ă©chappent pas Ă cette flambĂ©e galopante car il faut dĂ©bourser presque deux fois le SNMG ! Les pères de familles sont totalement dĂ©sarmĂ©s pour faire face Ă ces dĂ©penses jugĂ©es impossibles. AbordĂ©s, des chefs de familles avouent qu’ils doivent recourir Ă des prĂŞts auprès de certains proches aisĂ©s, d’amis ou voisins pour pouvoir acheter un agnelet afin de satisfaire leurs enfants qui rĂ©clament Ă corps et Ă cris un mouton avec de grandes cornes. Slimane, ouvrier dans une entreprise privĂ©e et père de quatre enfants scolarisĂ©s, nous confie : " Mon Ă©pouse qui est consciente de la prĂ©caritĂ© de ma situation financière, est disposĂ©e Ă brader sa paire de boucle d’oreilles pour rĂ©unir la somme nĂ©cessaire Ă l’achat d’un ovin quelconque. En effet, mon maigre salaire nous permet de vivre chichement et aucune Ă©conomie n’est possible". Ali, quinquagĂ©naire, artisan peintre et père de trois enfants, nous apprend qu’il n’achètera pas cette annĂ©e le fameux mouton, faute de moyens financiers. il a convenu d’acquĂ©rir quelques kilogrammes de viande pour enrichir le plat traditionnel de couscous et quelques mets, une fressure pour ne pas dĂ©roger Ă la grillade et une tĂŞte de mouton pour la prĂ©paration du " bouzelouf ".
D’autre part, une autre formule est privilĂ©giĂ©e ces dernières annĂ©es par des familles qui cotisent pour s’offrir le mouton qui sera partagĂ© en quartiers pour leur permettre de cĂ©lĂ©brer dans une ambiance conviviale cette grande fète religieuse. La solidaritĂ© et l’entraide sont toujours de rigueur car des commerçants, industriels, entrepreneurs de travaux publics, personnes aisĂ©es n’hĂ©sitent pas Ă offrir des moutons aux familles dĂ©munies. Des associations caritatives recensent dans la discrĂ©tion totale des familles nĂ©cessiteuses qui seront destinataires Ă dĂ©faut d’un ovin, de quelques kilogrammes de viande et de produits alimentaires. De toute Ă©vidence, l’Aid-el-adha est dĂ©sormais apprĂ©hendĂ© par de nombreuses couches de notre sociĂ©tĂ©, faute de moyens financiers consĂ©quents. Chacun s’ingĂ©nie Ă trouver une solution idoine pour satisfaire les enfants.
H. B.