Le mot diabète vient du grec dia-baĂŻno, c’est Ă dire, passer au travers. Les mĂ©decins grecs anciens avaient observĂ© ce syndrome : les malades semblaient uriner aussitĂ´t ce qu’ils venaient de boire, comme s’ils Ă©taient "traversĂ©s par l’eau" sans pouvoir la retenir. Puis, ils maigrissaient, malgrĂ© une nourriture abondante, et mouraient en quelques semaines ou mois.
La polyurie - polydipsie (littĂ©ralement : beaucoup uriner et beaucoup boire) est une consĂ©quence de l’hyperglycĂ©mie (augmentation du taux de sucre sanguin). Les reins ne peuvent rĂ©cupĂ©rer tout le glucose filtrĂ©, qui passe dans les urines et par osmose appelle l’eau de l’urine primaire et provoque une perte d’eau importante dans les urines, ce qui entraĂ®ne une dĂ©shydratation et une soif permanentes. Les malades boivent donc parce qu’ils urinent trop et non l’inverse. Explication avec docteur Malika Mokrani, diabĂ©to-endocrinologue.
Le Midi Libre : Qu’est ce que le diabète ?
Docteur Malika Mokrani : Le diabète est l’augmentation du taux du sucre dans le sang, appelĂ©e glycĂ©mie dĂ©passant le 1.25g/l le matin Ă jeun (il faut respecter 12 heures de jeune depuis le repas de la veille pour le prĂ©lèvement du sang). Il existe deux type :Le type 1 et le type deux.
Qu’est-ce qui peut dĂ©clencher cette maladie ?
Il existe dans notre vie au quotidien des facteurs déclenchants environnementaux, comme le stress et les maladies de systèmes et même secondaires à des prises médicamenteuses type corticoïdes; bien sûr ce sont des sujets prédisposés au diabète (hérédité)
Cette maladie peut-elle avoir des complications dégénératives ?
Les complications dĂ©gĂ©nĂ©ratives du diabète sont pour la plupart du temps des complications irrĂ©versibles d’oĂą l’intĂ©rĂŞt de se dĂ©pister le plus prĂ©cocement et de faire traiter.
Les complications sont :
Ophtalmiques type rétinopathie diabétique
- RĂ©nales : la nĂ©phropathie diabĂ©tique qui peut aboutir Ă l’insuffisance rĂ©nale
- Cardiovasculaires : l’infarctus du myocarde; c’est souvent le diagnostic de mort subite
- Neuromusculaires : la neuropathie diabétique (sensation de brûlure des jambes et de la plante des pieds).
A long terme, les consĂ©quences de cette maladie peuvent s’avĂ©rer graves, voire mĂŞme irrĂ©versibles.
Peut-on se protéger de cette maladie ?
Se protéger de la maladie non !!! Du soleil oui, car, attention, en chacun de nous en existe un diabète méconnu. La meilleure protection demeure le dépistage. Aussi, le geste simple à faire est de faire des dépistages. Surtout, si on a un parent au premier degré diabétique ou hypertendu.
Sur quoi repose le diagnostic ?
Le diagnostique repose sur le niveau glycĂ©mique, soit un taux de sucre dans le sang veineux contrĂ´lĂ©s Ă deux reprises supĂ©rieure ou Ă©gale Ă 7 MMOL, soit 1. 26 gramme par litre ou une glycĂ©mie rĂ©alisĂ©e deux heures après un repas, appelĂ©e glycĂ©mie postprandiale. Une prise de sang faite aux doit (sang capillaire) est tout aussi indiquĂ©e. D’oĂą l’intĂ©rĂŞt de se piquer au doigt afin de ne pas se mĂ©connaĂ®tre diabĂ©tique.
Quels sont les signes cliniques de cette maladie qui doivent nous inciter Ă consulter ?
En présence de signes cliniques évocateurs du diabète et une glycémie supérieur à 11 MMOL/L, le patient doit consulter un médecin.
Y a-t-il d’autres symptĂ´mes avant- coureurs ?
Les symptômes sont :
La polyurie : «boire beaucoup d’eau :
La polydipsie «uriner plusieurs fois par jour et une perte de poids en peu de temps.
Quelle hygiène de vie préconisez-vous?
L’hygiène de vie est un mot très vaste, mais ce qu’il faut sans cesse rĂ©pĂ©ter :
- Faire de l’exercice physique quotidiennement. 30 minutes de marche par jour. Je conseille d’aller acheter son pain et son journal dans son quartier. Il faut Ă©viter les grosses sucreries type sodas, pâtisserie et autres. Eviter aussi de manger trop de raisin et trop de dates. En un mot, il s’agir d’appliquer le slogan qui dit "manger moins, bouger plus".
Il est existe deux types de diabète, comment se distinguent-ils ?
Il existe le diabète de type 1 appelé communément diabète insulinodépendant. Il est à symptomologie brutale associant :
Polydipsie, polyphagie, amaigrissement, asthĂ©nie chez le sujet jeune avec prĂ©sence d’acĂ©tone dans les urines. Il y a aussi prĂ©sence d’antĂ©cĂ©dent familial. Il peut ĂŞtre associĂ© Ă d’autres maladies auto-immunes, telles que le vitiligo, maladie de basedow, goitre toxique, thyroĂŻdite, maladie de Biermer. L’insulinothĂ©rapie est le traitement de choix du diabète de type 1, l’insuline est indispensable Ă la vie du patient. Le traitement par injection d’insuline doit aboutir cliniquement Ă la disparition des signes cliniques ; l’amaigrissement engendrĂ© par la carence doit ĂŞtre freinĂ© et l’administration d’insuline permet de rĂ©cupĂ©rer la perte en poids.
A court terme, l’insulinothĂ©rapie devrait retarder au maximum la survenue de complication dĂ©gĂ©nĂ©rative.
Quant au diabète de type 2, il est non insulino dĂ©pendant. De dĂ©couverte fortuite d’une hyperglycĂ©mie chez un sujet adulte de plus de 30 ans avec le plus souvent un excès de poids pondĂ©ral, voire une obĂ©sitĂ©. Le plus souvent, une hĂ©rĂ©ditĂ© familiale est retrouvĂ©e associĂ©e Ă une hypertension artĂ©rielle.
Ce type de patients sont traités par des hypoglycémiants oraux.
Il existe des cas de diabète de type 2 pour lesquelles une insuline peut-être associée (diabète insulino requerrant.)