Le Midi Libre - Culture - Quand le Djurdjura inspire ses enfants
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Edition du 5 Septembre 2009



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Randonnées avec le chanteur Lounis Ait Menguellet
Quand le Djurdjura inspire ses enfants
5 Septembre 2009

L’environnement aussi bien naturel que social n’est pas uniquement la mère qui enfante, mais surtout celui qui sert de cadre à l’évolution de son enfant. Le gigantesque Djurdjura était pour Lounis Ait Menguellet une source d’inspiration et de sagesse

Chabane Ouahioune, auteur qui a signé plusieurs ouvrages littéraires nous partage dans son récit intitulé «randonnées avec Ait Menguellet» la découverte de sa poésie tissée comme par les doigts scrupuleux d’une vieille femme.
Notre auteur, tout au long du récit, s’évadait dans les sentiers de la montagne, s’adonnait à l’investigation des roches, des grottes, des gouffres, des sources, des ruisseaux, de la faune, de la flore et de l’homme.
Lounis n’est as perçu comme un poète agissant uniquement par la manœuvre du don et du sensationnel, mais plutôt comme un véritable penseur et éducateur. Il raconte les peines et les regrets, les défaites et les blessures, et ne laisse pas ses vers propager le désespoir. Il tient le coup des jours durs et d’autres plus durs et les traduit en prose berçante. Comme tout être humain, il est sans cesse interpellé par les faits de la vie, comme tout être humain il apporte des réactions systématiques mais il n’est pas comme tous car les échos que lui renvoie sont uniques. Le récit tourne entre deux pôles, dans un bout la poésie du chantre à l’hommage, dans l’autre la fabuleuse montagne du Djurdjura. L’auteur vraisemblablement amoureux et de l’un et de l’autre n’a cessé d’en tisser le lien. Il a convié ainsi à maintes reprises son magnétophone de lui diffusé des mélodies d’Ait Menguellet. Une manière pour lui de comprendre montagne tout en savourant le chanteur.
Pour Chabane Ouahioune la rude montagne qui a donné naissance et formation à Ait Menguellet lui a fait puiser de sa rudesse. Elle lui a appris à lutter contre vent et tempête, à rechercher l’espérance en dépit du mal accumulé. La roche montagneuse que Lounis a toujours perçue perchée devant lui, lui a appris à se méfier de l’eau qui dort. La méfiance en est une des caractéristiques que l’auteur a relevées sur ses textes chantés. Le Djurdjura aurait appris à son enfant que les beaux temps ne durent pas, que l’orage peut surgir d’un instant à l’autre.
Peut être est-ce cette méfiance qui a fait de lui un solitaire. S’isoler et se maintenir à l’écart du brouhaha sous toutes ses formes lui est en effet un vrai délice, un moment de quiétude et de méditation. Il médite la vie, la souffrance de la mère qui attend inlassablement le retour de son fils monté au maquis ou immigré sur une terre étrangère. Il médite la fraternité qui se trahit, l’amour interdit et éphémère. Il réfléchit la rudesse des temps et la complexité de la société kabyle avec ses tabous et ses compositions, jusqu’à être classé par l’auteur parmi les premiers chanteurs à se soulever contre la hiérarchie et la gestion des relations sociales. Chabane Ouahioune a pris la peine de découvrir Lounis Ait Menguellet sous plusieurs lumières et nous invite à goûter à son fruit.

Par : MINA ADEL

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