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Rabea Nedjar specialiste de la Cuisine traditionnelle du chenoua
L’art culinaire au bout des doigts
22 Juillet 2009

Nourrie Ă  la pâte de ses ancĂŞtres, pĂ©trie dans le moule de la rĂ©gion chenouie, rivĂ©e Ă  la passion culinaire qu’elle cultive depuis une trentaine d’annĂ©es et sa soif inextinguible de connaĂ®tre tout l’Ă©ventail des plantes de son terroir, Mme RabĂ©a Nedjar ne laisse filer aucune occasion pour faire montre de son doigtĂ© et faire apprĂ©cier les mets de la cuisine chenouie, confectionnĂ©s Ă  base d’herbes. Le Chenoua reprĂ©sente ce brassage de culture et de coutume entre Berbères, Byzantins, Romains, dont l’empreinte rĂ©vèle la richesse de cette rĂ©gion cĂ´tière. «C’est pour sauvegarder l’identitĂ© de ma rĂ©gion qui possède une des plus riches flores depuis l’antiquitĂ© (...). Chaque annĂ©e, au printemps, lorsque la nature se rĂ©veille, je me ressource grâce Ă  ses fragrances, je cueille les plantes pour renouveler les gestes du passĂ© en prĂ©parant les plats authentiques de mes aĂŻeules. Je marie les herbes de la montagne avec les fruits de la mer», tient Ă  souligner le cordon bleu, en quĂŞte perpĂ©tuelle d’une cuisine savoureuse qu’elle dĂ©cline pour les fins gourmets. Une femme Ă©colo qui milite, Ă  sa manière, Ă  la prĂ©servation de ce patrimoine vĂ©gĂ©tal. Focus.

Le midi Libre : Madame Rabea Nedjar, présentez-vous à nos lecteurs ?
Rabea Nedjar : Je suis native de Tipasa, d’origine chenouie. Je travaille dans une institution de l’Etat, mais j’exerce aussi ma passion qui rentre dans le cadre de la prĂ©servation du patrimoine culinaire chenoui. Je le fais par passion et pour l’amour de cette rĂ©gion que j’aime beaucoup et dont je ne peux pas m’en passer.
Depuis mon enfance et surtout dans le milieu oĂą j’Ă©tais Ă©levĂ©e, j’ai gardĂ© beaucoup de souvenirs qui m’ont marquĂ©e et c’est pour cette raison que je militerai Ă  ma façon pour faire sortir cette rĂ©gion de l’anonymat, en m’exprimant Ă  travers l’art culinaire et le patrimoine floristique et marin dont recèle la rĂ©gion et que beaucoup de gens mĂ©connaissent. C’est une manière aussi de rendre un grand hommage Ă  toutes ces vieilles femmes chenouies qui oeuvrent Ă  perpĂ©tuer l’hĂ©ritage culinaire de la rĂ©gion.
Quelle est la spécificité de cette région en art culinaire ?
Le secret rĂ©side dans le fait de conjuguer les herbes de la montagne aux fruits de la mer. C’est une rĂ©gion oĂą les gens consomment beaucoup de poissons surtout la sardine qui est bien intĂ©grĂ©e dans les maisons chenouies. Dans le temps, la sardine Ă©tait Ă  la portĂ©e de tout le monde, elle remplaçait le petit dĂ©jeuner des temps modernes. Dans tout le dĂ©dale de la citĂ©, nos narines Ă©taient titillĂ©es par le fumet de la sardine frite ou grillĂ©e, offerte au niveau du port aux gens. Il y a aussi l’anĂ©mone de mer, un produit très prisĂ© par les vrais Tipasiens, mais qui est en voie de disparition Ă  cause de la pollution marine. Chenoua est aussi connue pour le fameux couscous au poisson et aux herbes. Pour sauvegarder l’identitĂ© de la rĂ©gion, je me suis donc investie en m’initiant aux anciennes recettes et ce, grâce Ă  ma mère et ma tante.
Qu’est-ce qui vous a inspirĂ© Ă  vous investir dans la quĂŞte de la cuisine Ă  base d’herbes ?
Depuis mon jeune âge, j’Ă©tais inspirĂ© de cette cuisine que je voyais Ă  l’Ă©poque. Une cuisine très naturelle avec beaucoup d’herbes et plantes que ma tante cueillait dans son jardin chaque matin. D’ailleurs, c’est comme cela que j’ai appris Ă  connaitre tous les noms des plantes en berbère. Je notais tout ce qu’elle faisait dans le domaine de l’art culinaire chenoui, Ă  base d’herbes et de poissons. Il a y a lieu de vous prĂ©ciser que le Chenoua recèle une des plus riches flores. En plus, nos vieilles connaissent la variĂ©tĂ© de plantes.
Vous êtes déterminée à assurer la pérennité du legs qui vous est transmis par vos aïeules.
Oui, je suis jalouse de cette richesse qui fait partie du patrimoine immatĂ©riel de la rĂ©gion. Ce qui me pousse, d’ailleurs Ă  participer aux diffĂ©rents concours de l’art culinaire et ce, depuis 1987.

Vous avez pris part Ă  des salons, expositions, etc.
J’ai participĂ© Ă  nombre de concours culinaires Ă  l’Ă©chelle nationale et internationale oĂą j’ai Ă©tĂ© primĂ©e.
Vous avez cette propension à développer un art culinaire qui allie le patrimoine floral de la montagne avec les produits marins...
Parce que tout simplement, la gĂ©ographie de la rĂ©gion a cet avantage qui se trouve Ă  cheval entre deux climats. J’adore ce mariage de la montagne et de la mer. La montagne du Chenoua regorge d’une variĂ©tĂ© d’espèces florales dont une partie est soit menacĂ©e, sinon non exploitĂ©e ou mĂ©connue.

Avez-vous des difficultés à dénicher toutes ces plantes ?
Oui. Je dois faire parfois le parcours du combattant pour cueillir ce dont j’ai besoin. Les gens qui habitent la montagne nous ramènent les plantes qu’on utilise dans la cuisine, durant toutes les saisons. Autrefois, les champs Ă©taient embellis de diverses espèces de plantes comestibles. HĂ©las, aujourd’hui, la nature est devenue chiche... Le dĂ©cor verdoyant et luxuriant d’autrefois a laissĂ©, au fil des ans, place au bĂ©ton qui rogne monts et vaux. Il y a aussi, dois-je vous signaler, la pollution, gĂ©nĂ©rĂ©e par le taux de concentration d’engrais chimiques, l’usage abusif des herbicides, pesticides ...

La nature en prend un sacré coup ...
Malheureusement, oui. Notre comportement est devenu de plus en plus agressif vis-Ă -vis de la nature. On se doit de rĂ©agir intelligemment et concilier l’homme avec Dame nature, sinon tout un Ă©cosystème en pâtirait. La consommation des plantes sauvages comestibles n’est donc pas incompatible avec la protection de la nature. Il s’agit de l’inventorier ce patrimoine vĂ©gĂ©tal et le dĂ©velopper, que cela soit pour l’usage de la pharmacopĂ©e ou les saveurs culinaires.
’’L’homme ne peut protĂ©ger ce qu’il ignore et ne peut aimer ce qu’il ne connait pas’’.
La cuisine du Chenoua a des similitudes avec celle de la région de Kabylie, non ?
Oui, en effet, parce que les deux cuisines sont d’essence berbère, avec les astuces de grands-mères qui diffèrent, bien sĂ»r. On retrouve en effet, presque les mĂŞmes plantes, sauf que les gens de la rĂ©gion du Chenoua consomment beaucoup de poissons et de plantes des aires montagneuses, mĂ©langĂ©es Ă  la flore de la zone maritime.
Que ‘’cache’’ le mot bio dans vos recettes ?
L’art culinaire aux herbes Bio, n’est pas encore assez apprĂ©ciĂ© en AlgĂ©rie malgrĂ© qu’il ait atteint un stade bien avancĂ© en Europe oĂą il y a une prise de conscience alimentaire. Je ne reproche Ă  personne, au contraire, j’essaie de faire passer mon message pour que les gens, un jour, arrivent Ă  aimer cette cuisine aux herbes. Sur la base de mon expĂ©rience de 30 ans, Ă  travers toutes ces expositions que j’ai fait sur les territoires national et Ă  l’Ă©tĂ© International, je ne le cache pas, je suis très contente de la curiositĂ©, des gens, que j’ai rencontrĂ© dans ces manifestations, en me posant beaucoup de questions, les gens retournent Ă  nos traditions et Ă  cette cuisine du terroir et de nos ancĂŞtres, c’est un très grand plaisir pour moi.
Bien que je n’aie pas fait la grande Ă©cole de la gastronomie, cela ne m’empĂŞche pas de reprĂ©senter avec fiertĂ© ma rĂ©gion et ce, dans le souci de prĂ©server et de faire connaitre ce patrimoine culinaire de la rĂ©gion du Chenoua.
Le bio serait-il un phénomène de mode alimentaire, selon vous ?
Je ne pense pas. Quand je reprĂ©sente l’AlgĂ©rie Ă  l’Ă©tranger, je ne me sens pas dĂ©paysĂ©, par contre chez nous, on est très en retard dans ce domaine parce que des gens, quand on leur parle de cuisine Bio aux herbes, ils ne saisissent pas la portĂ©e. Je trouve que c’est une cuisine d’avenir pour ses bienfaits qui sont diĂ©tĂ©tiques et sains. Cela dit, il faut accorder une grande importance Ă  ce que nous mangeons, en suivant le rythme des saisons, aussi.
Vous mettez l’accent sur le patrimoine floral de la rĂ©gion et son usage dans la cuisine. ProcĂ©dez-vous Ă  une sĂ©lection de ces herbes, car si certaines sont comestibles, d’autres, en revanche, demeurent vĂ©nĂ©neuses ?
Oui, bien sĂ»r, on ne doit cueillir que celles propres Ă  un usage culinaire. La rĂ©gion du Chenoua est rĂ©putĂ©e pour sa richesse gastronomique grâce Ă  une panoplie d’herbes du terroir dont nos ancĂŞtres faisaient un usage rĂ©gulier aussi bien en cuisine qu’en mĂ©decine. Aussi, les plantes sauvages sont les aliments les plus anciens de l’homme, ce sont des vĂ©gĂ©taux forts parce qu’ils poussent spontanĂ©ment dans les endroits qui leur conviennent le mieux, très riches en nutriments, fer, sels minĂ©raux, en potassium, etc. La cuisine chenouie est donc un peu spĂ©ciale et diffĂ©rente de celle des autres rĂ©gions d’AlgĂ©rie. Tous les plats chenouis sont Ă  base d’herbes, selon ce qui pousse pendant les quatre saisons, ce qui fait que toute l’annĂ©e, on consomme les herbes. Aussi, la cuisine chenouie fait appel aux produits marins. Tout se mange sainement et naturellement et tout ce qui pousse Ă  l’Ă©tat naturel (champignons de forĂŞt, asperges sauvages, escargots des champs, fruits des bois). Il y a mĂŞme des plantes qui poussent sur la cĂ´te rocheuse de la mer comme la criste marine ou fenouil de mer, qu’on cueille sur les rochers.
Quel regard portez-vous sur ce patrimoine vĂ©gĂ©tal qu’il s’agit de respecter et protĂ©ger.
En effet, chaque plante a son propre langage. Il s’agit respecter tous les Ă©lĂ©ments qui composent la plante qui pousse dans la nature (tige, feuille, fleur, fruit, graine, le bouton floral).Il me semble, donc important de rĂ©pertorier ce patrimoine qui se perd au fil des annĂ©es, car chaque vieille qui disparait sans que ses enfants soient intĂ©ressĂ©s Ă  ce patrimoine, c’est toute une bibliothèque de connaissances et de savoir qui disparaĂ®t. Je m’attelle, de ma part, Ă  prĂ©server ce legs ancestral depuis une trentaine d’annĂ©es. Toutes ces annĂ©es lĂ , je me suis consacrĂ© dans la cuisine Ă  base d’herbes comestibles et je ne m’arrĂŞterai jamais pour consigner, au fil de mon humble recherche, tous les noms des plantes. La panoplie des goĂ»ts de plantes sauvages offre un changement fascinant par rapport aux lĂ©gumes et fruits que nous cultivons couramment. Et, au risque de me rĂ©pĂ©ter, grâce Ă  toutes ces vieilles dames de ma rĂ©gion chenouies, que j’ai Ă©tĂ© initiĂ©e depuis ma prime enfance Ă  cette passion des herbes. Cela dit, l’art culinaire chenoui n’est pas seulement un hĂ©ritage du passĂ©, mais un des aspects de l’identitĂ© de la rĂ©gion que les gĂ©nĂ©rations futures doivent connaĂ®tre et faire perpĂ©tuer.
Pouvez-vous nous citer quelques plats traditionnels Ă  base d’herbe.
La cuisine Ă  base d’herbes occupe une place prĂ©pondĂ©rante dans la nourriture du chenoui, l’hiver et le printemps sont les saisons les plus indiquĂ©es pour cette consommation
Tikourine (boulettes d’herbes cuites Ă  la vapeur) est composĂ© de pas moins de treize espèces de plantes (Fliou, Izaathrine, Minstha, El kasvar, Bibras, Mouther, Izlith, Averghenis, Sounadjam...) auxquelles sont additionnĂ©s la semoule, le piment fort, l’ail...
Les boulettes obtenues seront consommĂ©es chaude, accompagnĂ©es d’une soupe imprĂ©gnĂ©e d’huile d’olive.
Ce repas pris, gĂ©nĂ©ralement le soir, les chenouis ont toujours pour coutume de s’interdire la consommation d’eau au moins pendant la durĂ©e de la digestion.
Et pourquoi il ne faut pas boire juste après avoir consommé ces plats ?
Cette pratique, on le sait aujourd’hui, a une explication simple. L’eau favorise Ă©normĂ©ment l’Ă©limination des vitamines contenues dans les plantes consommĂ©es.
Cette mĂŞme attitude est observĂ©e après la prise d’autres plats dont la composition est voisine de la prĂ©cĂ©dente comme Sthridh n’akvouchth achrourth, Aghroum l’khlyi… Devant un tel comportement alimentaire, on conclura sans risque de nous tromper que la connaissance des règles diĂ©tĂ©tiques Ă©tait maĂ®trisĂ©e et observĂ©e depuis bien longtemps dans cette rĂ©gion. Certains plats spĂ©ciaux sont prĂ©parĂ©s et prĂ©sentĂ©s dans certaines ocacsions.
Pouvez-vous nous citer quelques plats particuliers ?
Par exemple, Ajlilith, ce plat très rapide Ă  prĂ©parer, riche en calories, il est offert Ă  des invitĂ©s arrivĂ©s par surprise après une longue marche ou Ă  l’occasion d’une touiza.
De nombreux autres plats Ă  base d’herbes figurent sur la liste des mets consommĂ©s par le chenoui tels Arwayth, Avissarth, Guernina, Merdjila, Medjir, Avidhasth… Ces plats prĂ©sentent Ă  la fois l’intĂ©rĂŞt de fournir des qualitĂ©s nutritives certaines et d’ĂŞtre Ă  la portĂ©e des bourses les plus dĂ©munies. La galette d’orge aux herbes et le couscous d’orge ou Ă  base de glands entrent Ă©galement dans la tradition. Pour agrĂ©menter ces mets, la nature est appelĂ©e Ă  contribution. Ainsi l’hiver et le printemps donnaient Aguernina, l’Ă©tĂ© et l’automne Merdjila (pourpier sauvage), des plantes riches en vitamines.
Des exemples de plats Ă  base de produits marins.
Le chenoui habitant les versants est et sud du mont Chenoua, familiarisé avec la mer y puisera ses besoins en iode, phosphore, vitamines A et autres...
La sardine, le poulpe, la sĂ©pia, l’oursin, la moule, prĂ©sentĂ©s sous diffĂ©rentes prĂ©parations.

Parmi les plats que vous nous avez cités, on les consomme avec du pain, faites-vous aussi des pains traditionnels ?
Effectivement, il n’y a pas uniquement les plats, il y a aussi les pains "maison aux herbes" depuis quelques 2 ans, j’ai dĂ©couvert une autre spĂ©cialitĂ© de pains, qui sont les pains spĂ©ciaux. C’est un autre crĂ©neau qui n’a rien avoir avec la cuisine chenouie, Ă  part le pain de base aux herbes. Je me suis mise dans ce crĂ©neau grâce Ă  un spĂ©cialiste et expert en farines complètes, M. Benbernou Majdoub de Mostaganem, qui m’a aidĂ©e et encouragĂ©e. Aussi, Ă  partir de lĂ , est nĂ©e l’idĂ©e d’intĂ©grer les herbes mĂ©dicinales de la rĂ©gion du Chenoua dans le pain complet ou le pain artisanal aux herbes et Ă  base de farine : son, orge, seigle, farine complète, farine de campagne, etc. J’ai suivi mĂŞme une formation et ce, suite au concours de l’agro-alimentaire en fĂ©vrier 2008 qui a eu lieu au Palais des expositions Ă  Oran oĂą j’Ă©tais invitĂ©e par l’expert des farines spĂ©ciales Ă  reprĂ©senter le pain aux herbes du Chenoua. Je suis Ă©galement des cours par correspondance dispensĂ©s par MM. Serge Lebau et Jean Yves Ouvrard, spĂ©cialisĂ©s en pains spĂ©ciaux. Pour vous dire le monde des pains est extraordinaire.

Pour tous ces plats traditionnels, quels ustensiles utilisez-vous ?
Pour les ustensiles de cuisine, seule la poterie utilitaire est conseillée ; on fabrique aussi des cuillères, des louches avec du bois de bruyère. Aussi, le granite taillé offrira à la ménagère sa meule (assirth..)
Pour conclure, avez-vous un message Ă  transmettre ?
J’aimerais bien ouvrir un restaurant Ă  Tipasa pour faire une cuisine du terroir et qui sera de spĂ©cicificitĂ© chenouie et, Ă©ventuellement Ă©crire un livre qui sera d’un apport. incontestable aux amateurs de la cuisine de nos encĂŞtres.Cela dit, j’exhorte les jeunes Ă  s’intĂ©resser Ă  ce legs culinaire, une manière de le perpĂ©tuer et le faire connaitre aux gens, notamment les touristes de passage qui sont toujours curieux de dĂ©couvrir notre patrimoine immatĂ©riel. Je remercie, Ă  l’occasion, le wali de Tipasa qui m’a toujours poussĂ©e de l’avant, comme je remercie Ă©galement votre quotidien de m’avoir ouvert ses colonnes.
O. A. A.


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