Pour des centaines de familles, les jours se suivent et se ressemblent durant toute l’année. Les vacances ne changent rien à leur morne quotidien et souvent ils ne connaissent d’autre horizon que le décor jamais renouvellé de leur quartier et leurs seules sorties s’effectuent en direction de la place publique qui accueille tous les désœuvrés.
Réghaïa a vu le jour durant la période coloniale, plus exactement en 1854, depuis cette date le tissu urbain de ladite localité n’a cessé de s’agrandir sous l’autorité française d’abord et après l’Indépendance ensuite. Réghaïa est aujourd’hui une grande commune, avec d’innombrables construction urbaines, elle jouit également d’une zone industrielle qui accueille, quotidiennement, des centaines de travailleurs. La population de cette commune dépasse les 27.000 habitants. C’est l’été et à Réghaïa, c’est également les vacances pour les enfants et pour de nombreux travailleurs. Les vacances s’accompagnent en général de distractions ou encore de sorties plages… mais pas pour tout le monde et pourtant Réghaïa ne manque pas de lieux pour accueillir les amateurs de bronzette et des baignades. Chacun sait que Réghaïa est dotée d’un couloir côtier intéressant, et surtout de la zone humide la plus grande à Alger : le fameux lac de Réghaïa. Il faut néanmoins préciser que nombre de personnes, pour seul loisir, se contentent d’un regroupement entre amis ou voisins sur la place publique de la commune située au centre-ville. Il est vrai que ladite place est bien aménagée et suffisamment vaste pour accueillir tous ceux qui n’ont pas les moyens de se payer d’autres vacances. Ainsi matin et soir vieux, jeunes, enfants squattent cette grande place transformée, durant l’été, en aire ouverte à tous et sur laquelle le soleil et la fraîcheur ne sont pas monayés. Déguster une glace ou simplement s’installer sur l’un des bancs à révasser ou discuter avec les amis suffit au bonheur des familles riveraines. "Nous n’avons pas les moyens de nous payer des sorties vers d’autres lieux, même une simple sortie-plage revient trop cher pour notre maigre budjet. On se retrouve donc ici chaque jour en attendant la fin de l’été. Cela nous permet ainsi d’envisager la prochaine rentrée scolaire sans trop de stress", nous expliquera un père de famille. Des sexagénaires, qui n’ont peut-être jamais connu le plaisir du dépaysement ou de vacances en dehors de leur commune, forment des cercles aux quatre coins de la placette disputant des parties de dominos interminables. Toutes les personnes présentes sur cette place ont l’air d’être parfaitement heureuses - l’on ne regrette pas ce que l’on ne connait pas - le bonheur ne nécessite donc pas une bourse bien remplie, du moins c’est le message de ceux qui passent leurs vacances sur cette place publique et qui ont l’air d’être parfaitement satisfaits de leur sort. Ces familles ont surtout appris à apprécier le moindre instant, même fugace, de bonheur et à se contenter de ce qu’elles ont sans lorgner du côté de ceux mieux nantis.