Titulaires de marchés et de projets, ces promoteurs dépourvus d’expérience et surtout de ressources financières étaient dans l’obligation de recourir à des prêts afin d’acheter les matériaux de construction. Certains, acculés par les dettes, recourent aux prêts auprès d’usuriers qui s’entourent d’une panoplie de garanties.
Ces dernières années, le pays est devenu un chantier à ciel ouvert grâce aux programmes, toutes formules confondues, initiés par le président de la République dans les secteurs de l’habitat, des travaux publics, de l’hydraulique, de l’enseignement supérieur, de l’éducation, de la santé et autres. Cette opportunité a permis l’éclosion et la prolifération d’entreprises privées de travaux et du bâtiment chargées de la réalisation de ces projets d’intérêt général. D’aucuns se sont lancés dans ce créneau créateur de richesses et de postes de travail et ce, sans disposer suffisamment de moyens financiers et matériels. Titulaires de marchés et de projets, ces promoteurs, dépourvus d’expérience et surtout de ressources financières, étaient dans l’obligation de recourir à des prêts afin d’acheter les matériaux de construction, de payer la masse salariale, les charges fiscales et parafiscales. Essuyant un refus catégorique auprès des banques, certains, acculés par les dettes, les délais de réalisation et les retards accusés dans le versement des tranches des crédits par l’administration, recourent aux prêts auprès d’usuriers qui s’entourent d’une panoplie de garanties.
Pris au piège, ces entrepreneurs, essentiellement de jeunes novices, se plient aux conditioins draconniennes imposées par leurs bailleurs de fonds qui exigent des reconnaissances de dettes dûment notariées, des chèques bancaires non datés, signés à blanc, des hypothèques sur les biens immobiliers, etc. Le plus aberrant est le taux d’intérêt conclu entre les deux parties à savoir 10 % par mois ! A titre illustratif, il faut rembourser un intérêt annuel de 240 millions de centimes pour un prêt de 200 millions ! De nombreux emprunteurs n’ont pu honorer leurs engagements pour des raisons évidentes et ils ont été pousuivis en justice par leurs créanciers qui obtiennent gain de cause grâce aux documents en leur possesion et aux plaidoiries de leurs avocats. Ce phénomène a engendré des drames chez certains emprunteurs ruinés et incapables de rembourser leurs dettes pharaoniques, voire des suicides, des divorces, des années de prison, des crimes, des cas de démence, des exils à l’étranger, des saisies de biens mobiliers et immobiliers par voie d’huissier de justice, des amendes astronomiques etc.
Les pouvoirs publics gagneraient à se pencher sur ce problème douloureux car les usuriers, en fins stratèges, dissimulent habilement leurs magouilles en présentant à la justice des documents imparables et font fi de la détresse de leurs victimes.