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Edition du 23 Avril 2009



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Un vĂ©ritable «talon d’Achille» : le genou
23 Avril 2009

Le mĂ©decin est soumis Ă  une pression considĂ©rable pour l’engager Ă  des mesures rĂ©paratrices et reconstructives, qui aujourd’hui (encore) ne donnent pas toujours les rĂ©sultats souhaitĂ©s. En particulier, les lĂ©sions complexes du genou ne cessent de dĂ©montrer les limites de la thĂ©rapeutique.

L’entraineur du club londonien d’Arsenal, Arsène Wenger, a dĂ©clarĂ© que son dĂ©fenseur central, William Gallas, sera indisponible pour blessure. En effet, le joueur s’est blessĂ© Ă  un ligament du genou droit contre Villarreal en ligue des champions.
Depuis un certain temps, et de plus en plus le genou passe pour l’enfant terrible du système locomoteur. Il dĂ©cide, aussi bien de la carrière de nombre de footballeurs, handballeurs et autres sportifs amateurs que, parfois mĂŞme, de leur vie toute entière.
Le mĂ©decin est soumis Ă  une pression considĂ©rable pour l’engager Ă  des mesures rĂ©paratrices et reconstructives, qui aujourd’hui (encore) ne donnent pas toujours les rĂ©sultats souhaitĂ©s. En particulier, les lĂ©sions complexes du genou ne cessent de dĂ©montrer les limites de la thĂ©rapeutique.
Et comme chaque fois que les ressources de la thĂ©rapeutique viennent Ă  ĂŞtre dĂ©passĂ©es, le besoin de mesures prĂ©ventives se fait plus pressant. Mais toute prophylaxie sĂ©lective requiert une connaissance prĂ©cise des causes. A cet Ă©gard, la diversitĂ© des problèmes rencontrĂ©s ne doit pas conduire Ă  les sortir de leur contexte global et Ă  chercher Ă  les rĂ©soudre sĂ©parĂ©ment. Il faut choisir des solutions qui respectent l’unitĂ© fonctionnelle du genou.
Pourquoi cette jointure est-elle Ă  ce point exposĂ©e ? La liste des facteurs intervenants est infinie. Il s’agit de distinguer entre, d’une part, les facteurs qui Ă©chappent Ă  notre action tels que la marche, se tenir debout, la taille qui ne cesse d’augmenter et particulièrement l’allongement des membres infĂ©rieurs, la position du genou entre deux articulations fort stables, la mobilisation par les muscles les plus puissants de l’organisme, les leviers que sont la cuisse et la jambe et la complexitĂ© de l’appareil stabilisateur que forment les surfaces mĂ©niscales, la capsule, les ligaments et les muscles et, d’autre part, les Ă©lĂ©ments sur lesquels nous avons prise et qui sont donc accessibles Ă  la prophylaxie.
ContrĂ´ler son poids, faire une activitĂ© physique minimale nĂ©cessaire Ă  la santĂ© des articulations et maintenir pour elles un rapport favorable entre charge et capacitĂ© d’effort. C’est prĂ©cisĂ©ment la conservation de ce rapport qui nous coĂ»te le plus d’efforts.
De nos jours, on ne sait plus Ă©couter les messages de son corps. En effet, mĂŞme chez l’adolescent en pleine croissance, il est frĂ©quent d’observer des troubles fonctionnels du genou, affectant surtout la fĂ©moro-patellaire et qui surviennent en l’absence de tout excès.
Les lĂ©sions proprement de tout excès. Les lĂ©sions proprement dites sont rares dans ces cas, le principal danger vient du fait qu’on tend Ă  les surtraiter, alors que la clef du succès thĂ©rapeutique serait Ă  chercher chez le patient lui-mĂŞme.
Les erreurs d’apprĂ©ciation que commet le sportif occasionnel sont Ă  l’origine de nombreux traumatismes; il choisit dĂ©libĂ©rĂ©ment un sport pour brĂ»ler autant de calories que possible, avec peu d’entrainement, une technique plutĂ´t maigre mais un superbe engagement physique surtout dans les sports de salle oĂą s’affrontent de valeureux footballeurs (football Ă  six) aux qualifications les plus disparates et oĂą se concentre un grand nombre de risque pour le genou. Chacun sait que l’entrainement est bĂ©nĂ©fique pour le système cardio-vasculaire. Mais il est beaucoup plus difficile d’apprĂ©cier Ă  quel point l’entraĂ®nement renforce les ligaments et les tendons, amĂ©liore la trophicitĂ© du cartilage. Par ailleurs, les effets de l’entrainement vont plus loin et ne peuvent plus ĂŞtre objectivĂ©s, surtout l’action sur le système vĂ©gĂ©tatif et l’acquisition d’une motricitĂ© fine en Ă©troit rapport avec le sport pratiquĂ© et au système complexe de rĂ©flexes qui lui est liĂ© et dont la plupart sont des rĂ©flexes de protection.

Laxité du genou – entorses 
Le diagnostic des entorses du genou est basé sur des critères suivants :
Les techniques chirurgicales et les moyens d’Ă©tude du ligament croisĂ© antĂ©rieur ont connu un essor considĂ©rable ces dernières annĂ©es.
Paradoxalement, les rĂ©sultats Ă©valuĂ©s Ă  long terme n’ont pas progressĂ© dans les mĂŞmes proportions et doivent nous inciter Ă  la modestie.
Plus que jamais, nos indications doivent ĂŞtre prĂ©cisĂ©es : entre le traitement fonctionnel systĂ©matique pour certains et le traitement chirurgical de principe pour d’autres, il apparait depuis quelques annĂ©es un consensus pour des indications raisonnĂ©es.
Ces indications thérapeutiques se basent sur un ensemble de critères.

Les critères anatomiques :
C’est le bilan ligamentaire. On distingue schĂ©matiquement trois types de lĂ©sion, le plus souvent rencontrĂ©es : les lĂ©sions du ligament latĂ©ral interne (LLI), les lĂ©sions du ligament croisĂ© postĂ©rieur (LLP) les lĂ©sions du ligament croisĂ© antĂ©rieur (LCA). Elles sont isolĂ©es ou associĂ©es.

Les critères cliniques :
Ce sont les signes cliniques qui peuvent apparaitre dans les semaines suivant l’entorse et qui peuvent faire modifier l’indication opĂ©ratoire prĂ©vue initialement. Ils peuvent constituer de vĂ©ritables contre-indications Ă  un moment donnĂ©. Nous en distinguons trois types.
Les critères fonctionnels :
Pour ne citer que le plus important qui est l’instabilitĂ©. Il faut bien distinguer l’instabilitĂ© et la laxitĂ©.
L’instabilitĂ© est un symptĂ´me subjectif allĂ©guĂ© par le patient. La laxitĂ© correspond au jeu anormal de l’articulation en raison de la rupture du croisĂ©.

Les critères radiologiques :
En prĂ©sence d’une entorse du genou, une radiographie standard avec des clichĂ©s de face et de profil doit ĂŞtre rĂ©alisĂ©e de façon systĂ©matique.
Elle permettra d’Ă©liminer une fracture du massif des Ă©pines tibiales, qui est la forme de lĂ©sion du ligament croisĂ© antĂ©rieur la plus couramment rencontrĂ©e chez le sujet jeune avant la fin de la croissance. Cette lĂ©sion est justiciable de chirurgie en cas de dĂ©placement.

Les critères évolutifs :
L’Ă©volution naturelle d’une rupture du LCA conduit Ă  un risque important de lĂ©sions mĂ©niscales et d’arthrose. Ces constatations peuvent ĂŞtre des arguments opĂ©ratoires, surtout chez un sujet jeune.

Les critères sportifs, socioprofessionnels et de l’âge :
Ces sont des éléments primordiaux à prendre en compte dans la décision thérapeutique.

Les critères de motivation :
C’est simplement la capacitĂ© de s’impliquer dans un programme postopĂ©ratoire et d’assumer les consĂ©quences d’une Ă©ventuelle complication iatrogène. C’est, en un mot, la capacitĂ© de donner un consentement Ă©clairĂ©.

Conclusion :
Après avoir passĂ© en revue ces diffĂ©rents critères, il faut faire une synthèse et dĂ©finir les grandes orientations thĂ©rapeutiques : il existe actuellement un consensus pour dire qu’il n’y a pas d’urgence Ă  intervenir chirurgicalement. Il fĂ»t une Ă©poque ou l’on pensait qu’il fallait opĂ©rer très rapidement les ruptures du ligament croisĂ© antĂ©rieur pour rĂ©aliser les sutures. La pĂ©riode est rĂ©volue et il n’Ă©xiste pas de dĂ©lai minimal pour intervenir.
«La rupture du LCA n’est pas une urgence chirurgicale».

Par : Dr AIT KACI Boussaâd

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